Samedi de la 2ème semaine de Pâques
Rappelez-vous la fin de l’évangile d’hier. Après la multiplication des pains et des poissons, Jésus se rend compte que la foule veut faire de lui un roi et il s’en va dans la montagne. chez Matthieu et Marc, c’est Jésus qui invite les disciples à prendre la barque, c’est-à-dire à « faire l’Église » ; ici, ce sont eux qui décident tout seul de « faire Église » et de se rendre, en plus, en territoite païen : Capharnaüm. Et, comme toujours, petit symbole chez Jean : c’était déjà les ténèbres. Quand je veux bâtir l’Église sans Jésus, même avec les meilleures intentions, cela va être la tempête. Ils répondent à l’appel du Pape d’aller aux périphéries, mais ils y vont sans Jésus. Ils n’ont donc rien compris de la multiplication des pains où seul Jésus pouvait nourrir la foule avec le peu qu’ils avaient. Leur cœur et notre cœur est lent comprendre. Le Seigneur ne veut rien faire sans nous et nous, nous passons notre temps à vouloir tout faire sans lui !
Il nous faut souvent vivre la tempête pour entendre ou réentendre la parole de Jésus : « C’est moi ! ». On a traduit de façon littéraire, mais on devrait traduire : « Je suis ! ». « Je suis », le nom de Dieu qu’il avait révélé à Moïse. Et nous avons ici toute une théologie sur Dieu. Tout d’abord, il ne supprime pas la mer et Jean ne nous dit pas qu’il supprime la tempête, à l’opposé des autres évangélistes. Il ne supprime pas, mais il marche dessus. C’est un grand mystère : notre Dieu ne supprime pas le Mal, mais il marche dessus, il l’écrase, comme la femme de l’Apocalypse qui écrase le serpent. Et de fait, Jésus n’a pas supprimé sa passion et sa mort, mais il en est sorti vivant. Nous rêvons tous d’un dimanche de Pâques sans Vendredi-Saint ; d’une tempête qui n’existe pas dans notre vie, car Dieu est Dieu.
Deuxième point de la théologie : il s’approche de la barque. Littéralement, il se rend proche de la barque. Nous avons déjà rencontré ce verbe dans la parabole du Bon Samaritain. Le Seigneur n’est jamais loin de nos souffrances, il n’est jamais loin de notre monde mouvementé. Il se fait proche. C’est son nom depuis Noël : Emmanuel Dieu-avec-nous. Et cela va même plus loin : « il s’est fait semblable à nous en toutes choses, excepté le péché ». Puisqu’il est Dieu, il pourrait s’approcher par les airs ; mais non, il s’approche en marchant sur les eaux, en étant balotté par le monde, comme nous. Il sait, dans son corps, ce que c’est que la tempête. Il l’expérimentera de façon concrète le Vendredi-Saint. Si nous n’avons pas d’explication à la souffrance, nous savons en tout cas, que la Trinité sait en elle-même ce que c’est que la tempête, que la souffrance, que la mort, depuis que Jésus les a rencontrés.
Et l’on nous dit qu’ils ont peur. Encore une différence par rapport aux autres évangélistes. Ici, on ne nous dit pas qu’ils le prennent pour un fantôme. Ils voient Jésus marcher sur la mer et ils ont peur. Peur de quoi alors ? Peut-être tout simplement que Jésus lui-même soit emporté par les flots ; que la mort soit plus forte que la vie ; que le Mal l’emporte sur le Bien. Il faut que Jésus les rassure : « N’ayez pas peur ! » Dix chapitres plus loin, Jésus dira : « Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix – vous n’ayez pas peur -. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. » Ma victoire sur le Mal est désormais aussi votre victoire sur le Mal, puisque vous et moi, nous sommes enfants d’un même Père. Ils essaient de le faire monter dans la barque, mais ce n’est pas nécessaire, dit Jean. Puisque qu’ils essaient de le prendre avec lui – enfin – ils arrivent aussitôt sur la terre ferme. Il iront à Capahrnaüm, mais désormais, ils iront avec Jésus. Car, Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Amen ! Allléluia !
R/ Pasteur
éternel, sauve-nous !
Seigneur Jésus, ton
peuple s’éveille à un jour nouveau :
nourris-le de ta parole
et de ton pain.
Ne permets pas que nous
soyons victimes du loup qui dévore ni du mercenaire qui s’enfuit :
apprends-nous à
reconnaître ta voix.
Fais-nous rejeter la
tristesse du péché :
sois toi-même la joie
que nul ne pourra nous ravir.
Rends-nous attentifs
aux appels de nos frères,
et donne ta paix à ceux
que nulle présence ne console.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la
Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de
compassion : Je vous salue Marie …

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