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Vendredi de la 2ème semaine de Pâques

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
 En ce temps-là, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade. Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades. Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples. Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche. Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire. Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. » Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. » Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture. À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul. 

La multiplication des pains est le seul miracle que l’on trouve dans les 4 évangiles ; c’est donc dire toute son importance.  Mais comme d’habitude, chez saint Jean, le récit est un peu différent.  Jean aime les symboles et il y en a beaucoup ici.  

Le premier, c’est que Jésus agit en premier.  Contrairement aux autres récits, ce ne sont pas les disciples qui se rendent compte de la faim des hommes et des femmes, mais Jésus lui-même qui interroge ses apôtres, qui nous interroge.  Le pain, c’est l’amour du Seigneur, c’est Jésus lui-même.  Où pouvons-nous trouver Jésus lui-même pour combler la faim profonde d’amour de nos contemporains ? Nous voyons la confiance infinie du Seigneur en chacun de nous.  Depuis le sixième jour de la création, il nous a donné, il nous a confié la terre et ses habitants pour que nous continuions l’œuvre de la création, que nous y mettions de plus en plus d’amour, de plus en plus de Jésus.  Où allons-nous trouver aujourd’hui, dans nos communautés et nos paroisses de quoi nourrir l’humanité ? Philippe dit, c’est impossible et André va un tout petit peu – si peu – plus loin en constatant le peu de forces vives. 

D’où vient la première partie de la solution ?  Un jeune garçon et des pains d’orge, c’est-à-dire le pain des pauvres, et même pas une boite de sardines …  Si tu veux travailler pour le Seigneur, travaille avec le Seigneur.  Autrement dit, ne compte pas sur tes forces.  Et surtout, ne sois pas Philippe – qui dit que ce n’est pas possible -, sois André - qui dit que l’on a vraiment trop peu de choses -.  Ce sont deux attitudes que l’on trouve dans notre Église aujourd’hui.  Mais, cela commence par nous-mêmes : Cela m’est impossible d’être un saint ou bien, je suis si pauvre pour être un saint.  Reprenons donc la question : Où puis-je trouver du pain pour me nourrir, pour devenir semblable à toi, pour être un saint ?  Dans tes pauvretés, dans ta faiblesse.  Vous connaissez cette phrase de Paul aux chrétiens de Corinthe – petite communauté bien pauvre - : « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » 

Pourquoi Jésus fait-il asseoir ceux qui l’ont suivi sur de l’herbe bien verte ?  Un nouveau symbole chez Jean : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien, sur des prés d’herbe fraîche – donc verte -, il me fait reposer ».  Peu importe ma pauvreté, le Seigneur est mon berger.  C’est encore Paul qui dit, aux chrétiens de Rome, cette fois : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? »  Puis il cite une quantité de choses négatives et il conclut : « rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ ».  Voilà qui est très rassurant et pour chacune de nos vies et pour celle de l’Église.  Croyons-ous assez à la puissance du Seigneru face à nos pauvretés.  Vous connaissez le refrain désormais : Est-ce que je vais essayer par mes propres forces ou est-ce que je vais le laisser agir à travers mes faiblesses ?  C’est lui, Dieu, ou c’est moi ? 

Et enfin, même après avoir mangé autant qu’ils le voulaient, voilà qu’il en reste plus encore qu’au point de départ.   L’amour s’use si on on n’en use pas, mais plus on en use, moins il s’use ; au contraire, il se multiplie.  Tout d’abord, plus nous goûterons l’amour du Seigneur, plus nous nos apercevrons qu’il nous en donne encore bien davantage.  Plus je m’approche du Seigneur, plus je le reconnais comme bon berger, plus je lui ouvre la porte, plus il pourra venir en moi.  Mais si la porte est juste entrouverte, il ne peut pas la forcer.  Et ensuite, plus je transmettrai l’amour du Seigneur autour de moi, plus j’en recevrai de lui.  Car plus nous viderons notre bouteille de l’amour que nous avons reçu, plus il pourra mettre à nouveau du vin dans bouteille qui est vide.  Car si Dieu a horreur de l’obscurité, il a aussi horreur du vide. Car, Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité.  Amen ! Allléluia !

 Contemplons l’Agneau vainqueur, immolé, toujours vivant :

 

Toi, le Ressuscité, sauve-nous de la mort.

Sauve-nous de la mort !

 

Toi, le Vivant, fais-nous revivre.

Fais-nous revivre !

 

Toi, le Vainqueur, triomphe en nous du mal.

Triomphe en nous du mal !

 

Toi, le Saint, consacre-nous dans la vérité.

Consacre-nous dans la vérité !

 

Toi, le Seigneur, exalté dans la gloire,

prends-nous auprès de toi.

 

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père … 

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Aujourd’hui particulièrement, après avoir lu l’évangile, je pourrais faire du pain – ou en acheter – pour le distribuer autour de moi.

 










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