Vendredi de la 2ème semaine de Pâques
La multiplication des pains est le seul miracle que l’on trouve dans les 4 évangiles ; c’est donc dire toute son importance. Mais comme d’habitude, chez saint Jean, le récit est un peu différent. Jean aime les symboles et il y en a beaucoup ici.
Le premier, c’est que Jésus agit en premier. Contrairement aux autres récits, ce ne sont pas les disciples qui se rendent compte de la faim des hommes et des femmes, mais Jésus lui-même qui interroge ses apôtres, qui nous interroge. Le pain, c’est l’amour du Seigneur, c’est Jésus lui-même. Où pouvons-nous trouver Jésus lui-même pour combler la faim profonde d’amour de nos contemporains ? Nous voyons la confiance infinie du Seigneur en chacun de nous. Depuis le sixième jour de la création, il nous a donné, il nous a confié la terre et ses habitants pour que nous continuions l’œuvre de la création, que nous y mettions de plus en plus d’amour, de plus en plus de Jésus. Où allons-nous trouver aujourd’hui, dans nos communautés et nos paroisses de quoi nourrir l’humanité ? Philippe dit, c’est impossible et André va un tout petit peu – si peu – plus loin en constatant le peu de forces vives.
D’où vient la première partie de la solution ? Un jeune garçon et des pains d’orge, c’est-à-dire le pain des pauvres, et même pas une boite de sardines … Si tu veux travailler pour le Seigneur, travaille avec le Seigneur. Autrement dit, ne compte pas sur tes forces. Et surtout, ne sois pas Philippe – qui dit que ce n’est pas possible -, sois André - qui dit que l’on a vraiment trop peu de choses -. Ce sont deux attitudes que l’on trouve dans notre Église aujourd’hui. Mais, cela commence par nous-mêmes : Cela m’est impossible d’être un saint ou bien, je suis si pauvre pour être un saint. Reprenons donc la question : Où puis-je trouver du pain pour me nourrir, pour devenir semblable à toi, pour être un saint ? Dans tes pauvretés, dans ta faiblesse. Vous connaissez cette phrase de Paul aux chrétiens de Corinthe – petite communauté bien pauvre - : « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort »
Pourquoi Jésus fait-il asseoir ceux qui l’ont suivi sur de l’herbe bien verte ? Un nouveau symbole chez Jean : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien, sur des prés d’herbe fraîche – donc verte -, il me fait reposer ». Peu importe ma pauvreté, le Seigneur est mon berger. C’est encore Paul qui dit, aux chrétiens de Rome, cette fois : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » Puis il cite une quantité de choses négatives et il conclut : « rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ ». Voilà qui est très rassurant et pour chacune de nos vies et pour celle de l’Église. Croyons-ous assez à la puissance du Seigneru face à nos pauvretés. Vous connaissez le refrain désormais : Est-ce que je vais essayer par mes propres forces ou est-ce que je vais le laisser agir à travers mes faiblesses ? C’est lui, Dieu, ou c’est moi ?
Et enfin, même après
avoir mangé autant qu’ils le voulaient, voilà qu’il en reste plus encore qu’au
point de départ. L’amour s’use si on on
n’en use pas, mais plus on en use, moins il s’use ; au contraire, il se
multiplie. Tout d’abord, plus nous
goûterons l’amour du Seigneur, plus nous nos apercevrons qu’il nous en donne
encore bien davantage. Plus je m’approche
du Seigneur, plus je le reconnais comme bon berger, plus je lui ouvre la porte,
plus il pourra venir en moi. Mais si la
porte est juste entrouverte, il ne peut pas la forcer. Et ensuite, plus je transmettrai l’amour du
Seigneur autour de moi, plus j’en recevrai de lui. Car plus nous viderons notre bouteille de l’amour
que nous avons reçu, plus il pourra mettre à nouveau du vin dans bouteille qui
est vide. Car si Dieu a horreur de l’obscurité,
il a aussi horreur du vide. Car, Christ est ressuscité, il est vraiment
ressuscité. Amen ! Allléluia !
Toi, le Ressuscité, sauve-nous
de la mort.
Sauve-nous de la mort !
Toi, le Vivant,
fais-nous revivre.
Fais-nous revivre !
Toi, le Vainqueur,
triomphe en nous du mal.
Triomphe en nous du mal
!
Toi, le Saint,
consacre-nous dans la vérité.
Consacre-nous dans la
vérité !
Toi, le Seigneur,
exalté dans la gloire,
prends-nous auprès de
toi.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la
Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de
compassion : Je vous salue Marie …

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