Jeudi de la 16ème
semaine
du Temps de l'Église
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
En ce temps-là, les disciples
s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles
? » Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du
royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là. À celui qui a, on
donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce
qu’il a. Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans
regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre. Ainsi s’accomplit pour
eux la prophétie d’Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas.
Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s’est
alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur
que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne
comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai. Mais vous,
heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent !
Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce
que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont
pas entendu. »
Hier, on
nous racontait la parabole du semeur ; ce semeur qui ne regarde pas à la
dépense, qui sème partout et toujours.
Mais, la semence ne pousse pas partout.
La faute n’est donc pas au semeur, mais bien au
« récepteur ». Aujourd’hui,
Jésus se plaint, critiquent ceux qui ne veulent ni voir ni entendre. Ils opnt la capacité de voir et d’entendre,
mais ils la refusent. Propre à l’époque
de Jésus ? En fait, rien de vraiment neuf, puisqu’il cite le prophète
Isaïe, qui faisait la même constatation des siècles avant lui. Et l’on pourrait citer des prophètes
d’aujourd’hui : rien de vraiment neuf sous le soleil ! La sagesse
populaire le dit : « Il n’est de pire sourd que celui qui ne veut pas
entendre. »
Mais
pourquoi n’écoutent-ils pas et ne voient-ils pas ? Le verbe employé est étonnant : ils ont
peur. De quoi ont-ils peur ? Que ce qu’ils voient et entendent ne les
conduisent à la conversion. Car là est
bien l’originalité de l’Évangile. Je ne
peux pas rester comme je suis si j’entends le Seigneur. Humainement, je peux m’habituer au mal en moi
et dans le monde, je peux arrêter de regarder les informations pour dire que je
ne savais pas … Comme chrétien, je suis
obligé de regarder les informations, je suis obligé de voir ce qui se passe dans
ma commune, dans ma paroisse, dans mon milieu de travail … Je suis obligé, en
conséquence, de me convertir. Alors, on
comprend qu’il soit plus simple de se boucher les oreilles.
C’est
ce que n’a pas fait le saint du jour : se boucher les oreilles. Il est fort peu connu ; il s’appelle Pantaléon. Il habitait dans la Turquie actuelle, à Nicomédie
- aujourd’hui Izmit -. Il était médecin
au 4ème siècle. Il était ce
qu’on appelle d’un nom barbare, un médecin anargyre, c’est-à-dire qui soignait
gratuitement. Il aurait pu se contenter
de sa patientèle … mais comme chrétien, il ne le pouvait pas. Dénoncé comme chrétien, il est mort décapité
car, oui, le laisser en vie aurait entraîné ses confrères à la conversion !
Amen.
Prions avec foi le Père
tout-puissant, prions Jésus, le Fils unique,
prions le Saint Esprit de
Dieu.
R/ Ô Seigneur, écoute et prends
pitié !
Pour l’Église immaculée du
Dieu vivant,
répandue par tout l’univers,
invoquons la richesse des
grâces divines.
Pour les ministres consacrés
au Seigneur,
pour le peuple qui adore Dieu
en vérité,
supplions le Christ, notre
Seigneur.
Pour ceux qui dispensent
fidèlement la parole,
demandons la sagesse infinie
du Verbe de Dieu.
Pour les vierges d’esprit et
de corps à cause du règne de Dieu,
pour ceux qui peinent sur le
chemin de la vie parfaite,
prions celui qui donne
l’Esprit.
Pour ceux qui gouvernent les
peuples,
pour que règnent la justice et
le droit,
demandons la force de Dieu.
Pour l’alternance heureuse des
saisons,
pour les bienfaits de la pluie
et des vents,
invoquons le Seigneur qui
gouverne le monde.
Tournons nos regards vers le
Père qui a créé ce monde ;
monde que nous déréglons si souvent en ne le
respectant pas :
Notre Père …
Et que Marie, la Vierge
des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés,
soit aujourd’hui encore source de
compassion :
Je vous salue Marie …
«
Ils écoutent sans écouter », dit Jésus à ses disciples.
Je pourrais essayer
d’écouter vraiment …
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