Retraite
à la Flatière
Mercredi
de la 29ème semaine
du
Temps de l’Eglise
Au-delà
des apparences, c’est un très bel évangile que nous venons d’entendre ;
mais j’avoue qu’il faut dépasser une première lecture. Et tout d’abord, lorsque Luc écrit son
évangile, les premiers chrétiens s’attendaient à un retour très proche de Jésus ;
et voilà qu’il tarde. Les premiers
chrétiens convertis sont déjà morts et toujours pas de Jésus. Alors, quoi ? Il y a de quoi se décourager face au
non-retour de quelqu’un qui a dit qu’il allait revenir bientôt, mais le temps
de Dieu n’est pas le temps des hommes. L’évangile
étant Bonne Nouvelle, quelle est celle-ci pour nous aujourd’hui et pour avancer
dans la sainteté.
Première
Bonne Nouvelle. Vous ne me voyez pas ;
mais je viens à tout instant. Vous
croyez que je viens uniquement lors de mon retour glorieux, mais rappelez-vous
que je vous ai dit que je serais avec vous tous les jours jusqu’à la fin des
temps. Les Apôtres doivent donc
découvrir le Seigneur présent au milieu d’eux, au moment où ils ne s’y
attendent pas. Si le Seigneur a dit qu’il serait toujours là, … c’est qu’il est
toujours là. Le travail du chrétien est
de découvrir où. Thérèse d’Avila qui
vivait à une époque où l’on parlait beaucoup du péché, de la contrition, de l’examen
de conscience … demandait à ses sœurs de ne jamais terminer une journée sans se
demander où elles avaient rencontré le Seigneur. Si être saint, c’est être dans l’icone de la
Trinité, c’est être attaché au Seigneur, il s’agit donc de le voir dans nos journées,
sinon, nous ne serons plus dans l’icône ; nous ne serons plus attachés à
lui. Le Seigneur nous invite à faire ce
travail. Evidemment, il est ici à l’eucharistie,
il est aussi dans sa Parole, lorsque je prie … mais il est aussi dans celui qui
a faim, qui a soif, dans l’étranger, celui en prison, sur son lit d’hôpital ;
il est aussi dans la parole que quelqu’un nous adresse ; il est dans la
nature … Il y a tellement d’adresses du
Seigneur. A nous donc de les découvrir
pour être branché sur lui toute la journée.
Deuxième
Bonne Nouvelle : nous sommes appelés, nous sommes capables de donner à
manger, distribuer la ration de nourriture en temps voulu. Nous avons parlé hier de tous les pains que
nous demandons au Seigneur et que lui et nous, indissociablement, pouvons
donner. Mais souvent, nous oublions qu’avec
nos cinq pains, le Seigneur pourra nourrir 5.000 hommes, mais c’est à nous qu’il
demande de les donner. La ration de
nourriture que les serviteurs vont donner ; elle ne vient pas d’eux, mais
bien du domaine du Maître ; mais charge à eux de le distribuer. C’est la collaboration entre le Maître et les
serviteurs. Ce qu’il nous faut, c’est la
confiance dans le travail du Seigneur et l’acceptation de travailler avec
eux. Les deux ensemble.
Troisième
Bonne Nouvelle : Nous avons une responsabilité énorme – on comprend l’image
des coups de bâton … image – mais on découvre surtout la miséricorde infinie du
Seigneur pour ceux qui ne savaient pas.
Il est le premier à toujours trouver des circonstances atténuantes à l’humanité. Nous jugeons et il sauve ; nous condamnons
et il pardonne. Mais nous, nous avons
des trésors – celui de l’amour dont nous sommes aimés – et ces trésors, nous n’avons
pas le droit de les garder pour nous. Je
vous ai dit hier que la sainteté des chrétiens était pour le monde entier. A quoi sert une lumière si elle n’a rien à
éclairer ; à quoi sert le sel s’il n’y a pas de pâte ; à quoi sert l’amour,
si le monde entier n’est pas aimé. L’amour,
par essence n’a pas de limite ; l’amour engendre toujours la vie, jusque
physiquement ; l’amour déborde toujours sinon cela signifie que nous ne
réalisons pas à quel point nous sommes aimés.
Amen.
R/ Jésus,
Fils de Dieu, sanctifie tes frères !
Tout
au long de ce jour, garde-nous en ta présence,
et
rends-nous forts contre le mal.
Que
ta sagesse nous tienne dans la vérité,
qu’elle
éclaire nos projets et nos actes.
Ouvre
nos yeux : qu’ils voient le pauvre et le malheureux,
que
nous puissions te reconnaître en eux.
Accorde-nous
la grâce
de
ne faire à personne ce que nous redoutons pour nous.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce
monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre
Père …
Et que Marie, la Vierge des
Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de
compassion : Je vous salue
Marie …

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