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Retraite à la Flatière

Mercredi de la 29ème semaine

du Temps de l’Eglise

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? » Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »

 

Au-delà des apparences, c’est un très bel évangile que nous venons d’entendre ; mais j’avoue qu’il faut dépasser une première lecture.  Et tout d’abord, lorsque Luc écrit son évangile, les premiers chrétiens s’attendaient à un retour très proche de Jésus ; et voilà qu’il tarde.  Les premiers chrétiens convertis sont déjà morts et toujours pas de Jésus.  Alors, quoi ?  Il y a de quoi se décourager face au non-retour de quelqu’un qui a dit qu’il allait revenir bientôt, mais le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes.  L’évangile étant Bonne Nouvelle, quelle est celle-ci pour nous aujourd’hui et pour avancer dans la sainteté.

 

Première Bonne Nouvelle.  Vous ne me voyez pas ; mais je viens à tout instant.  Vous croyez que je viens uniquement lors de mon retour glorieux, mais rappelez-vous que je vous ai dit que je serais avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps.  Les Apôtres doivent donc découvrir le Seigneur présent au milieu d’eux, au moment où ils ne s’y attendent pas. Si le Seigneur a dit qu’il serait toujours là, … c’est qu’il est toujours là.  Le travail du chrétien est de découvrir où.  Thérèse d’Avila qui vivait à une époque où l’on parlait beaucoup du péché, de la contrition, de l’examen de conscience … demandait à ses sœurs de ne jamais terminer une journée sans se demander où elles avaient rencontré le Seigneur.  Si être saint, c’est être dans l’icone de la Trinité, c’est être attaché au Seigneur, il s’agit donc de le voir dans nos journées, sinon, nous ne serons plus dans l’icône ; nous ne serons plus attachés à lui.  Le Seigneur nous invite à faire ce travail.  Evidemment, il est ici à l’eucharistie, il est aussi dans sa Parole, lorsque je prie … mais il est aussi dans celui qui a faim, qui a soif, dans l’étranger, celui en prison, sur son lit d’hôpital ; il est aussi dans la parole que quelqu’un nous adresse ; il est dans la nature …  Il y a tellement d’adresses du Seigneur.  A nous donc de les découvrir pour être branché sur lui toute la journée.

 

Deuxième Bonne Nouvelle : nous sommes appelés, nous sommes capables de donner à manger, distribuer la ration de nourriture en temps voulu.  Nous avons parlé hier de tous les pains que nous demandons au Seigneur et que lui et nous, indissociablement, pouvons donner.  Mais souvent, nous oublions qu’avec nos cinq pains, le Seigneur pourra nourrir 5.000 hommes, mais c’est à nous qu’il demande de les donner.  La ration de nourriture que les serviteurs vont donner ; elle ne vient pas d’eux, mais bien du domaine du Maître ; mais charge à eux de le distribuer.  C’est la collaboration entre le Maître et les serviteurs.  Ce qu’il nous faut, c’est la confiance dans le travail du Seigneur et l’acceptation de travailler avec eux.  Les deux ensemble.

 

Troisième Bonne Nouvelle : Nous avons une responsabilité énorme – on comprend l’image des coups de bâton … image – mais on découvre surtout la miséricorde infinie du Seigneur pour ceux qui ne savaient pas.  Il est le premier à toujours trouver des circonstances atténuantes à l’humanité.  Nous jugeons et il sauve ; nous condamnons et il pardonne.  Mais nous, nous avons des trésors – celui de l’amour dont nous sommes aimés – et ces trésors, nous n’avons pas le droit de les garder pour nous.  Je vous ai dit hier que la sainteté des chrétiens était pour le monde entier.  A quoi sert une lumière si elle n’a rien à éclairer ; à quoi sert le sel s’il n’y a pas de pâte ; à quoi sert l’amour, si le monde entier n’est pas aimé.  L’amour, par essence n’a pas de limite ; l’amour engendre toujours la vie, jusque physiquement ; l’amour déborde toujours sinon cela signifie que nous ne réalisons pas à quel point nous sommes aimés.  Amen.    

 Rendons grâce au Christ, premier-né avant toute créature. Bénissons-le et demandons-lui :

 

R/ Jésus, Fils de Dieu, sanctifie tes frères !

 

Tout au long de ce jour, garde-nous en ta présence,

et rends-nous forts contre le mal.

 

Que ta sagesse nous tienne dans la vérité,

qu’elle éclaire nos projets et nos actes.

 

Ouvre nos yeux : qu’ils voient le pauvre et le malheureux,

que nous puissions te reconnaître en eux.

 

Accorde-nous la grâce

de ne faire à personne ce que nous redoutons pour nous.

 

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

              

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

 Où étais-tu dans ma journée d’hier, Seigneur ?










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