21 décembre
Cela aurait pu être très différent et
même normal en quelque sorte : Marie vient d’apprendre qu’elle allait
devenir la mère du Messie. C’est pas
rien quand même ! Il serait normal
qu’elle prenne toutes les mesures pour que la grossesse se passe bien ;
tout en restant humble, qu’elle « n’en fasse pas trop », « qu’elle
se fasse aider ». Lui reprocherait-on
d’avoir demandé une aide-ménagère ?
En fait, Marie vit déjà ce que son Fils dira et vivra : « Je
ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir ». Impossible d’être la mère de Jésus sans dire
et vivre ce qu’il vit et impossible d’être l’Église du Seigneur sans entrer
dans les mêmes sentiments.
Elle va rapidement et dans la région
montagneuse … au lieu de se promener lentement sur un chemin plat. La sainteté est toujours remplie d’excès. Il n’y a pas moyen d’être un
gentil-petit-chrétien-qui-ne-fait-rien-de-mal.
Je vous ai déjà cité cette parole de Vincent de Paul sur son lit de mort :
alors qu’on demandait à ce travailleur infatigable de l’Évangile ce qu’il
aurait pu faire de plus, il a répondu simplement : « davantage ». La position du ressuscité est debout, et non
pas assis et François n’arrête pas de nous dire qu’un chrétien n’est pas
chaussé de pantoufles. Ayons de grands
désirs … et de grandes réalisations. N’ayons
pas peur du trop, mais bien du trop peu.
Et enfin. Que fait Marie sur place ? L’évangile nous dit simplement qu’elle salue
Élisabeth, qu’elle lui dit « bonjour » « Shalom ». Dire bonjour à quelqu’un, c’est reconnaître
qu’il existe. Depuis que j’habite en
ville, je me rends compte à quel point on se salue peu en ville. Un jour où je disais bonjour à quelqu’un que
je croisais, il m’a dit : « Excusez-moi, je ne vous reconnais pas … ». Comme s’il fallait connaître quelqu’un pour
le saluer, ou plutôt, c’est en saluant quelqu’un qu’il devient quelqu’un pour
moi. En saluant sa cousine, Marie se
décentre ; pas question pour elle de mettre en valeur sa grossesse
messianique - c’est Élisabeth qui le fera - mais simplement lui souhaiter un
bon jour en français, la paix en hébreu, la joie en grec. Voilà un triple souhait que nous pouvons
faire en ce temps de vœux. Amen.
R/ Viens, Seigneur Jésus ! Viens, tendresse de Dieu !
Tu es sorti du sein du Père
pour revêtir notre humanité ;
libère notre vie du péché et
de la seconde mort.
Tu viendras manifester ta
gloire parmi tes élus ;
fais entendre aujourd’hui ton
appel à ceux qui sont loin de toi.
Nous nous glorifions dans ta
louange ;
dès maintenant, visite-nous
par ton salut.
Tu nous as conduits, par la
foi, vers la lumière :
fais-nous vivre, par ta
justice, de manière à te plaire.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce
monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre
Père …
Et que Marie, la Vierge des
Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de
compassion : Je vous salue
Marie …

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