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Vendredi de la 1ère semaine de Carême

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
 
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

Qu’est-ce qui nous conduit à Dieu ? Pour les hommes de la Loi, le culte était prioritaire : à la synagogue, une fois par an au moins au Temple, le « culte » du sabbat à la maison.  Et voilà que Jésus lance une bombe, non pas qu’il dit que cela n’est rien, non, mais que cela n’a de sens que si le culte est intrinsèquement lié à la fraternité.  Et vous l’avez entendu : d’une façon absolue : rien qu’injurier son frère est déjà terriblement mauvais !!!  Glurps !!! C’est par la fraternité d’abord que je m’unis à Dieu, que je vis le ciel sur terre, que je suis déjà en paradis !  Un psaume dit « Qu’il est bon, qu’il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis »

Deux.  Jésus élargit la notion de crime.  J’ai déjà entendu des chrétiens me dire « pas besoin de me confesser, je n’ai tué personne ».  Je ne répondais rien évidemment, mais je n’en pensais pas moins.  Oui, on peut tuer avec une kalachnikov, mais on peut tuer aussi par des paroles blessantes, par des rumeurs, des jugements trop rapides, … j’en passe et des meilleures …  « Je n’ai tué personne ».  Pas si sûr.  A Souriya, je rencontre des enfants blessés à vie par des paroles, de le maltraitance ou tout simplement parce qu’on leur a dit qu’ils ne valaient rien, étant des intouchables.  La différence entre la mort physique à la kalachnikov et les autres « morts », c’est que la première est irréversible, les autres peuvent redevenir vie, résurrection.

Et trois logiquement : le carême conduit à la résurrection et à toutes les résurrections.  De la même manière qu’il existe deux sortes de morts, il existe deux types de résurrection.  Durant ces jours, pensons aux résurrections que nous pouvons faire ; je le vois ici avec ces jeunes qui pourraient être au ski, mais qui décident de vivre en se donnant aux autres : ils contribuent à la résurrection de ces enfants.  Mais il est aussi une dernière mort et une dernière résurrection : la nôtre : nous nous tuons parfois nous-mêmes tellement nous sommes impitoyables à notre égard.  Ce temps de carême peut nous permettre de nous ressusciter, de nous rappeler que nous avons du prix aux yeux de Dieu et que, dès lors, il est important que nous ayons du prix à nos propres yeux.  Parfois, il y a du boulot !  Amen.

 Levons les yeux vers le Fils de Dieu, mort sur la croix, vivant pour les siècles :

R/ Par ta souffrance et par ta croix, sauve-nous.

Tu as lutté contre Satan.

Tu as connu la soif et la faim.

Tu as enduré la fatigue du chemin.

Tu n’avais pas d’endroit où reposer ta tête.

Tu as été rejeté par ton peuple.

Tu as été abandonné par les tiens.

Tu as fait la volonté du Père.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …
 Avec qui puis-je tenter de me réconcilier ? Avec moi-même, avec les autres, avec Dieu ?









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