Dimanche des Rameaux
et
de la Passion
« Un jeune homme suivait Jésus ; il n’avait pour tout vêtement qu’un drap.
On essaya de l’arrêter. Mais lui, lâchant le drap, s’enfuit tout nu. »
« Le Seigneur Dieu appela Adam et lui dit : « Où es-tu donc ? » Il
répondit : ‘J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je
suis nu, et je me suis caché.’ »
Tous les deux sont nus ; tous les deux ont peur.
Le premier devient nu par la peur ;
le second cache sa nudité par peur.
Le premier a peur de ne plus être aimé de Dieu parce qu’il a mangé le fruit
; parce qu’il a voulu devenir semblable à Dieu, comme lui avait promis le
serpent.
Marc - il semble que l’évangéliste parle de lui - a peur suivre Jésus
jusqu’au bout, jusque dans sa Passion, sa passion amoureuse pour l’humanité ;
il a peur de devenir dieu avec Dieu, fou d’amour avec celui qui est immensément
fou d’amour.
Voilà les deux attitudes que nous ne devons surtout pas imiter en
commençant cette Semaine Sainte.
N’ayons pas peur d’être nus devant Dieu, d’être comme nous sommes avec
notre péché, avec notre secret désir parfois de devenir des petits dieux à la
place de Dieu. Car, juste après cela, la Genèse nous dit que « Le Seigneur Dieu
fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en revêtit. » Alors qu’ils ne mangent pas de viande, signe
de la vie ; voilà que Dieu leur donne un vêtement signe de vie. Dieu ne veut pas que j’aie peur ; quand je
suis nu, mort, il me couvre d’un vêtement de vie. Je suis fait pour la vie ; alors, peu importe
mon péché, durant cette Semaine, je te laisse, Seigneur, me couvrir du vêtement
de la vie.
À l’opposé de Marc, cette Semaine nous invite à oser être comme des dieux,
mais non pas à sa place, mais à son image ; osons devenir des fous d’amour,
comme le Seigneur lui-même. Cet amour
fou conduit Jésus à la mort ; on lui enlèvera la tunique qu’il portait ; il
mourra nu. Mais au jour de la
Résurrection, le linceul, le vêtement qui cachait sa nudité, qui cachait sa
mort, sera laissé dans le tombeau et il apparaîtra dans un vêtement blanc.
L’humanité doit aussi quitter son vêtement de peur ; nous vivrons aussi
toutes sortes de mort si nous suivons Jésus, mais plongés nus dans l’eau du
baptême, nous en ressortirons bien vivants et nous pourrons revêtir le vêtement
blanc du baptisé, le vêtement de l’amour.
« Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous supportons
l’épreuve, avec lui nous régnerons », dira Paul à son ami Timothée. N’aie pas peur d’être nu : il t’aime … Ose quitter ton vêtement de mort : il veut
pour toi la vie. Amen.
Pour tous ceux qui, dans le monde, sont victimes de
violence extrême à cause de leur foi et de leurs engagements pour le service
d’un monde plus fraternel et plus humain.
Pour tous ceux qui, au milieu des tourments de ce
temps, continuent de proclamer leur foi et leur espérance en Christ, comme ceux
qui l’acclamaient lors de son entrée dans Jérusalem.
Pour toutes les personnes qui ont vécu un deuil ces
derniers temps et qui iront peut-être déposer sur la tombe familiale un rameau
bénit, signe de foi en la vie plus forte que la mort.
Pour toute l’humanité, afin qu’elle puisse toujours
mieux découvrir et apprécier la joie de la résurrection, la victoire de Jésus
sur la mort au matin de Pâques.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce
monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre
Père …
Et que Marie, la Vierge des
Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de
compassion : Je vous salue
Marie …

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