Lundi-Saint
Chaque Lundi-Saint, il nous est donné de méditer ce que l’on appelle l’onction
de Béthanie. Si hier, nous étions déjà à
Jérusalem, aujourd’hui, la liturgie nous fait faire marche arrière et nous
arrivons à Béthanie, avant l’entrée à Jérusalem, mais on sent bien que c’est
tout un : comme lors de l’entrée triomphale que nous célébrions hier, nous
voyons l’admiration, l’amitié envers Jésus.
Comme nous l’entendions également hier lors de la Passion, il y a des sentiments
d’hostilité et de trahison. Toute cette
semaine, nous allons vivre ces deux attitudes, avec tantôt une insistance sur un
aspect ou l’autre, mais toujours avec les deux attitudes. Une manière pour la liturgie de nous dire que
les deux cohabitent toujours en nous ; parfois plutôt l’un, parfois plutôt
l’autre, mais toujours les deux. Nous
sommes et Marthe, Marie, Lazare et d’autre part Judas et les Grands-prêtres.
Mais, en même temps et en quelques mots, la liturgie nous dit ce qu’est un
croyant à travers les trois personnages de la maison de Béthanie. Un croyant, c’est une Marthe ; quelqu’un
qui se met au service du Seigneur ; quelqu’un qui, comme Jésus, n’est pas
venu pour être servi mais pour servir.
Un croyant, c’est un Lazare ; quelqu’un qui est aux côtés de Jésus et
qui l’écoute ; quelqu’un qui écoute la Parole de Dieu et qui la médite.
Un croyant, c’est une Marie ; quelqu’un qui est dans la gratuité au
plus haut point. Si le parfum emplit
toute la maison, c’est qu’il y en avait une grande quantité. Nous ne pourrons jamais rendre au Seigneur la
mesure qu’il utilise pour nous. Marie
essaie de s’en approcher autant qu’elle le peut. Elle apprend à aimer gratuitement, comme
Jésus : « Dieu aime qui donne gratuitement ». Cela, Judas, ne peut l’admettre.
Et enfin, évidemment, nous sommes déjà le matin du Samedi-Saint, lorsqu’on
viendra pour parfumer le corps de Jésus. Parfum qui embaume dans tous les sens
du terme : il répand une bonne odeur, il rend les derniers hommages, il le
conserve : « Jésus lui dit : ‘Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui
cherches-tu ?’ Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : ‘Si c’est
toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre’ », dira
Marie-Madeleine. Nous ne voulons pas
perdre le Seigneur, nous voulons le conserver tout près de nous. C’est aussi ce que nous vivrons durant cette
semaine : nous voulons que tu restes auprès de nous et pour toujours
Seigneur. Et jeudi, il nous répondra en
nous offrant son Corps et son Sang.
Amen.
R/ Sauve-nous par ton amour.
Jésus que l’on a bafoué sans raison,
prends pitié de ceux dont l’amour est trahi.
Jésus que l’amour du Royaume a perdu,
prends pitié de ceux que l’on met en prison.
Jésus qui n’as pas trouvé de consolateur,
prends pitié de ceux qui sont affligés.
Jésus que l’on abreuva de vinaigre,
prends pitié de ceux qui souffrent pour la justice.
Jésus, humilié par les hommes, sauvé par Dieu,
sois la joie et la fête des pauvres.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce
monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre
Père …
Et que Marie, la Vierge des
Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je
vous salue Marie …

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