Samedi de la 5ème semaine de carême
Le cimetière de notre commune, de notre communauté s’ouvre et voici que
tous les morts sortent vivant de la tombe.
Naturellement, cela ferait du bruit.
On peut même imaginer que la RTBF et RTL-TVI enverraient des équipes
spéciales. On interrogerait sans doute
les voisins immédiats et les familles des anciens morts. Mais est-ce que toute notre communauté se
convertirait pour autant ? Vous l’avez entendu : les grands-prêtres
et les pharisiens ne disent pas que Jésus n’a pas pu faire cela, qu’il les a
trompé … Non, ils croient ce qu’on leur
raconte et pourtant, loin de se convertir, voilà qu’ils cherchent à ôter la vie
à quelqu’un qui vient de rendre la vie.
C’est là sans doute tout le paradoxe de l’Évangile : voulons-nous
donner, rendre la vie, comme Jésus ou ôter la vie comme les autorités religieuses.
La Semaine Sainte qui commence va nous montrer ce combat entre la vie et la
mort, entre la lumière et les ténèbres. Et cela, dit le Grand-prêtre pour l’intérêt
du peuple … Ces autorités n’aiment pas
être dérangées dans leurs certitudes ; ces certitudes qui font que chacun
les suit un peu à l’aveugle, comme des moutons de Panurge. Rien de tel qu’un pays, une famille, une
paroisse, une communauté, une Église dans lesquels on pense ou bien on doit
penser tous la même chose : c’est tellement plus simple. Ces autorités confondaient l’ordre établi et
la vérité. La vérité dérangera toujours,
parce qu’elle nous fait avancer, parce qu’elle nous fait prendre conscience des
nouveaux défis et des efforts à faire.
Tellement plus simple de dire qu’il n’y a pas de dérèglement climatique … Alors, on pourrait dire que Judas a des
circonstances atténuantes. Il n’est que
la fin d’une longue chaîne d’ennemis de Jésus : les autorités religieuses,
une partie du peuple qui préférera Barabbas …
et parfois nous sans doute. Chaque
fois que nous refusons de l’écouter, de nous convertir, c’est une façon de dire
qu’il n’existe pas vraiment pour nous, qu’il est mort …
Et, enfin, vous l’avez vu, Jésus dérange, mais il n’est pas masochiste :
il ne se montre plus ouvertement. On croit parfois que Jésus a foncé vers la
mort, qu’il a voulu, qu’il a désiré mourir.
C’est tout-à-fait faux théologiquement ! Il n’a pas foncé vers elle, mais il ne s’est
pas détourné quand elle s’est présentée face à lui. Ce qui nous fait dire qu’on ne lui a pas pris
sa vie, mais qu’il l’a donnée librement.
Mais forcément, il ne l’a pas cherchée. Il n’y avait que trois ans qu’il
prêchait. Peut-être qu’après 20 ou 30
ans, il aurait pu convaincre davantage de personnes ; il ne rêvait que ce cela :
que le monde vive le Royaume, le paradis sur terre. Mais puisque continuer de le dire le conduit
à la mort, il prend cela à deux mains, sachant que son Père fera pour lui ce
que lui-même fait pour Lazare : « Si le grain de blé tombé en terre
ne meurt pas, il reste seul, mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ». Et c’est ainsi, pour cela, que nous sommes
ici dans cette chapelle, ce matin. Amen
dévoile à nos yeux ta présence.
R/ Toi, notre ami, exauce-nous !
Tu as délié la langue du muet,
apprends-nous à célébrer ta louange.
Tu as ouvert les oreilles du sourd,
garde-nous attentifs à ta parole.
Tu as guéri le paralytique,
donne-nous de courir dans la voie de ton amour,
Tu as fait sortir Lazare de son tombeau,
ramène à la vie ceux que le péché retient dans la
mort.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce
monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre
Père …
Et que Marie, la Vierge des
Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de
compassion : Je vous salue
Marie …

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