4ème dimanche de Pâques B
Le quatrième dimanche de Pâques est celui consacré à la prière pour les vocations. Lorsque j’étais jeune, au millénaire passé, on nous disait bien que ce dimanche, on priait pour avoir des personnes consacrées ou ordonnées ; et parmi celles-là, il faut bien le reconnaître, surtout des prêtres. Depuis quelques années, on a redécouvert que chaque baptisé a une vocation et François parle même de tous les hommes de bonne volonté. Écoutez ce qu’il écrit dans son message pour cette journée : « Je pense aux mères et aux pères qui ne pensent pas d’abord à eux-mêmes. Je pense à ceux qui accomplissent leur travail avec dévouement et esprit de collaboration ; à ceux qui s’engagent, dans divers domaines et de différentes manières, pour construire un monde plus juste, une économie plus solidaire, une politique plus équitable, une société plus humaine : à tous les hommes et femmes de bonne volonté qui se dépensent pour le bien commun. Je pense aux personnes consacrées, qui offrent leur existence au Seigneur dans le silence de la prière comme dans l’action apostolique. Et je pense à ceux qui ont accueilli l’appel au sacerdoce ordonné et qui se consacrent à l’annonce de l’Évangile et qui rompent leur vie, avec le Pain eucharistique, pour leurs frères, en semant l’espérance et en montrant à tous la beauté du Royaume de Dieu. Quelle largeur dans ce texte. À tous, il nous est demandé de regarder Jésus, le Bon Pasteur et à être fasciné par lui. Il nous faut lui donner de l’espace dans notre vie, car il veut notre bonheur. Vivre sa vocation, c’est d’abord entrer dans le bonheur que le Seigneur veut pour chacune et chacun d’entre nous. Or, nous gardons encore souvent en tête que si nous suivons le Bon Pasteur, c’est une vie bien difficile qui nous attend.
C’est tout le contraire. Regardez ce que l’évangile nous dit du Bon Pasteur. Trois choses fondamentales : il connaît, il donne sa vie, il conduit.
Il connaît tout d’abord. Évidemment, au sens premier, il sait qui nous sommes, comme le prisonnier dans la vache et le prisonnier sait que sa vache, c’est Marguerite. Il nous connaît mieux que nous-mêmes. Mais, nous le savons aussi, connaître dans la Genèse, c’est avoir une relation amoureuse et une relation amoureuse très concrète : « Adam connut Ève et elle engendra Caïn » Il sait qui nous sommes, mais il nous aime tels que nous sommes. Il n’y a pas des brebis trois étoiles et d’autres qui en ont moins ou pas. Nous sommes toutes et tous aimés du même amour : un amour absolu.
Deux. Il donne sa vie. C’est le sommet de l’amour. Peut-on aimer plus que d’aller jusqu’à donner sa vie. « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aimé jusqu’au bout » écrira encore saint Jean. En faisant cela, il ne donne pas une partie de lui-même, si importante soit-elle, mais il se donne lui-même. Et cette vie est en nous depuis notre baptême et nous la vivifions chaque fois que nous ouvrons notre Bible ou que nous communions et chaque fois aussi que d’une manière ou d’une autre, nous donnons aussi notre vie pour nos frères. C’est pour cela que François peut citer dans le dimanche des vocations des personnes qui ne partagent pas notre foi, mais qui, comme le Christ, donnent leur vie à ceux qui ont faim, soif, qui sont malades ou en prison. Ainsi parlait déjà Pierre dans la première lecture en parlant de la guérison que les Apôtres ont opérée.
Trois. Il conduit. C’est la belle image du Corps. Il vous est peut-être arrivé ou à l’un de vos proches d’avoir la tête coincée entre deux barreaux. Au lieu d’essayer de faire marche arrière, il faut, au contraire, aller vers l’avant. Là où la tête est passée, le reste du corps suivra. Ainsi ai-je été sauvé après avoir passé ma tête entre deux barreaux de la rampe de l’escalier dans la maison familiale. Comme dit le psaume 22 : « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal ». Notre Église est encore trop souvent à l’image du monde, une Église qui a peur. Et comment vaincre cette peur. Toujours dans son message, François nous invite à l’espérance. « C’est le but de toute vocation : devenir des hommes et des femmes d’espérance. En tant qu’individus et en tant que communauté, dans la variété des charismes et des ministères, nous sommes tous appelés à “donner corps et cœur” à l’espérance de l’Évangile dans un monde marqué par des défis historiques »
Alors, soyons des femmes et des hommes ressuscités, debout, et comme disait sœur Emmanuelle : « Yallah, en avant » Amen, Alléluia !
Berger qui veux rassembler toutes les brebis, donne ton Esprit aux chefs d’État. Qu’ils construisent une paix durable. Nous t’en supplions
Berger qui prends soin de toutes tes brebis, vois ceux que la maladie affaiblit et ceux qui sont écrasés par la peine. Nous t’en supplions
Berger qui donnes ta vie pour nous, fais que notre assemblée soit signe de ton Royaume d’amour. Nous t’en supplions
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

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