Notre-Dame de la Merci
C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. »
Comme hier, l’évangile de ce jour nous invite à vivre le quotidien, la seule chose qui existe, le seul moment où nous pouvons rencontrer le Seigneur. Et donc, s’il faut se soucier de quelque chose, c’est juste du Seigneur. On pourrait dire : « se soucier du Seigneur qui se soucie de nous ». C’est sans doute la première chose que nous ayons à faire : nous émerveiller d’un Dieu qui prend soin de ses enfants, qui prend soin de chacune et chacun d’entre nous.
Deux. À force de se tracasser pour des choses secondaires, on risque d’en oublier les choses principales. Secondaire, ne veut pas dire « sans importance », il faut se nourrir, se vêtir … mais cela doit venir en deuxième lieu. Combien de personnes pensionnées m’ont dit qu’ils avaient souvent mis leur rôle de conjoint ou de parents au deuxième plan, après leur vie professionnelle. Heureusement, ils se rattrapent souvent lorsqu’ils deviennent grands-parents. Et on peut dire la même chose pour le Seigneur. Le mettons-nous après le reste ou avant ? Le Seigneur nous invite donc à retrouver l’essentiel.
Et enfin. Ce que nous ne pouvons pas faire, le Seigneur peut et doit le faire. J’avais demandé un jour au cardinal Danneels comment il faisait pour s’en sortir avec son travail. Il m’avait dit : « Le soir, je dis au Seigneur : ‘mon archevêché, c’est d’abord ton archevêché. J’ai fait ce que je pouvais, maintenant je vais dormir. À toi de faire le reste’.» Il ne demandait pas au Seigneur de faire tout ; il faisait énormément lui-même, mais il avait compris l’humilité : il n’était pas indispensable. Alors, cela lui permettait de laisser le Seigneur agir. Amen.
R/ Béni soit Dieu !
Seigneur Jésus, annoncé par les prophètes,
tu es né d’une Vierge.
En mémoire de Marie à Bethléem,
À la prière de ta mère,
tu as changé l’eau en vin.
En mémoire de Marie à Cana,
À l’heure de ta mort,
tu nous as confié ta mère.
En mémoire de Marie au pied de la croix,
Quand l’Esprit descendit sur les Apôtres,
ta mère priait au milieu d’eux.
En mémoire de Marie au Cénacle,
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

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