Mercredi de la 20ème semaine
du Temps de l’Eglise
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
Grève nationale au finish en front commun syndical. Cette fois-ci, Jésus exagère. Qu’on les accueille, qu’on leur donne un salaire, ok, mais le même que nous, c’est intolérable. Et ces étrangers qui arrivent chez nous, pourquoi auraient-ils droit à la sécurité sociale et au CPAS ? Bref, c’est la révolution.
Et, de fait, c’est la révolution. Le Royaume change tout. Voilà que le « bon » larron - c’est quand même un criminel - sera auprès du Père, le même jour que Jésus et les prostituées et les publicains nous précèdent dans la Royaume des Cieux. On est tellement habitués à ces textes que nous ne percevons plus qu’ils sont des bombes, d’abord pour les Juifs, ouvriers de la première heure, mais aussi pour les bons chrétiens pratiquants que nous sommes tous … Rappelez-vous Pierre qui, hier, demandait où il serait sur le podium ?
Le problème et des Juifs et des premières communautés chrétiennes et de notre Église est peut-être ce sentiment de jalousie. Nous avons tout reçu, alors que devrait nous importer si les autres reçoivent tout aussi ? La jalousie qui vient du fait, une fois de plus que nous sommes dans le registre du mérite et non pas dans le régime de la grâce : nous ne méritons pas le Royaume, nous le recevons en cadeau. Je me souviens d’une grand-mère : elle me disait qu’avant la session d’examens de ces petits-enfants, elle leur donnait une enveloppe bien garnie. Avant, pas après. Elle voulait leur montrer par là que son amour pour eux ne dépendait en aucun cas des résultats qu’ils obtiendraient. Cela m’a beaucoup marqué … Tout est don, tout est grâce.
Et enfin, faire ce reproche à Dieu, n’est-ce-pas une façon encore de nous prendre pour Dieu, de savoir mieux que Dieu ce qui est juste, ce qui est bon. Comment, avec l’amour limité qui est en nous, pourrions-nous mieux savoir que lui qui est tout amour, qui n’est qu’amour. Comme le dit un chant : « Ton nom est tendresse, Dieu notre Père ». Les derniers n’avaient pas refusé le travail, ils n’avaient simplement pas été engagés. Les chrétiens qui n’étaient pas d’origine juive, n’avaient pas refusé l’évangile, ils ne l’avaient pas connu, tout simplement. Et voilà que ce sont eux, majoritairement, derniers … nous … qui devenons premiers. Amen
Tu es l’origine et le terme de notre foi ;
béni sois-tu !
Toi qui nous appelles des ténèbres à ta lumière,
prends pitié de nous.
Tu as ouvert les yeux des aveugles et l’oreille des sourds ;
béni sois-tu !
Guéris-nous de l’incrédulité ;
prends pitié de nous.
Tu nous as rassemblés en un seul corps ;
béni sois-tu !
Garde-nous de séparer ce que tu as uni ;
prends pitié de nous.
Tu donnes la force dans la tentation, la patience dans l’épreuve ;
béni sois-tu !
Que notre vie soit louange de grâce ;
prends pitié de nous.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

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