Vendredi de la 20ème semaine
du Temps de l’Eglise
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
Rappelez-vous, au début de l’évangile de Matthieu, dans le fameux discours sur la montagne, Jésus avait dit qu’il n’était pas venu abolir mais bien accomplir la Loi. Et tout au long de l’évangile, Jésus ne va pas arrêter de faire allusion à la Torah. Et voilà que de plus en plus, on comprend que la Loi, que la Torah, n’est plus désormais un Livre, un texte, mais que la Torah, la Loi, c’est quelqu’un, c’est Jésus lui-même ; il est la Parole de Dieu, celui que Jean appellera le Verbe. Avant donc, d’être un texte moral, ce que voudraient sans doute les responsables de la Loi, voici que ce passage nous dit qui est Jésus.
Jésus est quelqu’un qui aime Dieu et qui aime son prochain comme lui-même. On a l’habitude de dire que ces deux commandements en sont, en fait trois, par ce « comme soi-même ». Ce troisième étant comme la condition des deux autres. Je ne peux aimer Dieu et les autres en vérité que si j’accepte de m’aimer moi-même. Jésus, comme tout juif a prié souvent le psaume 138 : « Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis » et aussi le psaume 44 : « Tu es beau, comme aucun des enfants de l'homme, la grâce est répandue sur tes lèvres : oui, Dieu te bénit pour toujours. » Et Marie de dire dans son Magnificat : « Toutes les générations me diront bienheureuse ». S’il est un humain absolument à l’image et à la ressemblance de Dieu, c’est Jésus : il ne peut donc que reconnaître sa grandeur.
Alors, je peux aimer Dieu, parce que je suis son enfant bien-aimé. Je ne suis plus dans la peur devant Dieu, je suis dans l’amour envers celui qui m’a aimé le premier. Je ne crois pas que j’aurais pu aimer Jupiter, ni Amora, la déesse de la moutarde. Leur puissance me terrassait. Mais un père est évidemment plus grand que moi, mais j’ai la capacité et la joie de l’aimer. Il y a sans doute une supériorité, mais qui est fondamentalement dans une relation d’égal à égal. C’est cette grande révélation de Jésus qui nous dit que Dieu est Père, abba, papa.
Et du coup mon prochain est plus qu’un prochain, puisqu’il est aussi ma sœur, mon frère. J’ai un peu du mal avec la devise française qui parle de fraternité mais qui ne veut pas du Père. Cette fraternité ne peut pas avoir beaucoup de profondeur. Ici, l’autre, c’est le fils de mon père, la fille de mon père qui vit à côté de moi. Nous sommes issus du même sang, de la même race, de la seule et unique famille. Cela ne veut pas dire que ce soit plus simple : on ne choisit pas ses frères et sœurs, il nous faut apprendre à les aimer, mais en les regardant toujours à travers le prisme du Père. Eux aussi, sont image et ressemblance du Père ; eux aussi reçoivent tout son amour ; eux aussi sont aimés par lui, tels qu’ils sont : fondamentalement beaux et bons. Amen
R/ Pour ta plus grande gloire !
Source de la vie, tu es à l’origine de tout ce qui existe :
reçois notre admiration et nos actions de grâce,
Pasteur de ton peuple, tu le conduis avec amour :
fais de nous tes serviteurs dans l’Église servante,
Père de Jésus Christ, tu as reçu l’offrande de sa vie :
accepte la nôtre pour ta gloire,
Maître de l’histoire, tu agis au cœur des hommes :
donne-nous de construire avec toi ton Royaume,
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

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