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Lundi de la 29ème semaine

du Temps de l'Église 

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, du milieu de la foule, quelqu’un demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. » Jésus lui répondit : « Homme, qui donc m’a établi pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? » Puis, s’adressant à tous : « Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. » Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont le domaine avait bien rapporté. Il se demandait : “Que vais-je faire ? Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.” Puis il se dit : “Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.” Mais Dieu lui dit : “Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?” Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

Un évangile que nous pouvons transposer sans problème à toutes les époques …

Première chose : demander à Dieu de faire les choses à notre place.  C’était aussi, rappelez-vous, ce que Marie demandait à Jésus à propos de Marthe : « Dis à ma sœur de m’aider » et ici « dis à mon frère de partager ».  Dans les deux cas, l’homme ou Marie ne demandent pas des choses à Jésus parce qu’eux-mêmes ne peuvent pas les faire.  Oui, on peut demander à Jésus de faire tomber la pluie ou de faire venir le soleil : ça, il nous est impossible de le faire nous-mêmes.  Mais ici, on lui demande de faire à notre place ce que nous pouvons faire nous-mêmes.  C’est une façon de nous laver les mains : c’est pas moi qui le demande, c’est Dieu lui-même.  Et là Jésus refuse d’entrer dans le jeu.

Deuxième chose. « La vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède ».  Ma grandeur n’a rien à voir avec ce que je possède : en argent dans ce cas-ci, mais ça peut être aussi en intelligence, en culture, en savoir-faire … et vous allongez.  Souvent on confond le faire et l’être : c’est parce que je fais bien telle ou telle chose que je suis quelqu’un de bien.  Non, même la personne handicapée profonde qui ne sait rien faire ni avec son corps, ni avec sa tête, et qui  vit dans la misère a la même valeur que le sportif super intelligent et riche.  On est vraiment à l’opposé de notre monde.  Et n’oublions pas de transposer au niveau spirituel : ce n’est pas parce que je fais des choses merveilleuses dans la paroisse ou la communauté que je suis supérieur aux autres.  Le super-chrétien-pratiquant-engagé n’a pas une once de valeur en plus que celui qui vient juste à la messe du dimanche.  Glurps !!!

Troisième chose : « Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence. »  On pourrait traduire : « mets tes pantoufles et assieds-toi dans un fauteuil. »  C’est notre Pape François qui dit : « le chrétien ne possède pas des pantoufles, mais des chaussures de marche ».  Et il n’arrête pas de le montrer avec tout ce qu’il fait encore, malgré sa santé et son âge.  Il n’y a pas de pension dans le Royaume des cieux.  Ce n’est pas parce que notre valeur ne vient pas de ce que nous faisons que nous sommes invités à ne rien faire.  Je vous ai déjà dit cette phrase de Vincent de Paul avant sa mort : « Qu’auriez-vous pu faire de plus, Monsieur Vincent ? »  Il répondit : « Davantage ».  Mais ce n’est pas son œuvre immense qui fait sa grandeur, mais sa vie de tous les jours avec le Seigneur.  Amen 


Jésus, tendresse de Dieu pour la terre,

R/ Donne-nous l’Esprit de vie.

Dieu fidèle, ton alliance continue ses merveilles ;
pour que nous sachions les voir, ouvre nos cœurs.

Ta présence en nous est source vivifiante ; 
qu’elle fertilise nos actions en ce jour.

Regarde ceux qui nous sont proches par la vie et le travail :
que leurs œuvres manifestent ta sagesse et ta bonté.

Ta volonté, Seigneur, est lumière sur le chemin ; 
que les jeunes découvrent la joie de te servir.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …
« Gardez-vous bien de toute avidité. » Faut-il attendre d’être riche pour donner ?


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