Jeudi de la 2ème semaine
du Temps de l’Église - Années impaires
Jésus est donc en plein succès : tout lui réussit au point qu’il risque d’être écrasé. Il va donc enseigneur depuis la barque. Merveilleuse symbolique. La barque, vous le savez bien, c’est l’Eglise. Depuis 2.000 ans, nous sommes la barque de l’Eglise. C’est depuis l’Eglise et par l’Eglise que la Bonne Nouvelle de l’Evangile se répand de par le monde. Nous sommes signes et instruments du salut dit l’Eglise ou encore - ce qui est juste la même chose – sacrement du salut. L’Eglise n’est donc pas là pour elle – et on le voit bien dans ce récit – mais elle est là pour le monde. C’est notre raison d’être. Et on comprend pourquoi François n’arrête pas de nous inviter à aller aux périphéries. Et les évangiles se terminent par des envois en missions. Nos ne venons à la Flatière que pour la quitter – par neige ou par beau temps, pour devenir sacrement – signe efficace de ce Dieu qui n’a que l’amour - Et nous serons signe, donc, si notre seule arme pour dire Dieu, c’est l’amour.
« Ils se précipitaient sur lui pour le toucher ». C’est une double attitude du disciple, du chrétien que nous sommes. Tout d’abord, se précipiter ; autrement dit, il n’y a rien de plus important que cela. Imaginez que l’on dise que Jésus, en chair et en os va venir dans votre ville. Imaginez … Je pense qu’une bonne partie de l’activité de la ville s’arrêterait. Qui voudrait manquer ça et en particulier, je suis pratiquement certain que toute la paroisse serait présente. En chair et en os … nous l’avons aussi et bien plus souvent qu’une fois. Je vous l’ai dit hier : nous avons tous notre Bible chez nous, ou Magnificat, Prions en Eglise … peu importe et je dois bien vous avouer qu’il me faut parfois un peu de courage pour les ouvrir. En cette semaine de prière pour l’Unité des chrétiens, demandons ce goût de la Parole de Dieu. Et pour l’eucharistie de tous les jours, j’avoue aussi que parfois, mon oreiller et ma couette me font de l’œil et que la levée du corps peut être bien douloureuse.
Ils s’empressent et ils le touchent. Nous sommes une religion du corps. Dieu a pris un corps, nous a donné un corps et nous avons besoin de toucher. Chaque fois que nous communions – dans la main ou sur la langue – nous touchons Dieu lui-même et nous prenons conscience de sa proximité et de son humilité. Il s met à la merci de notre corps ; son corps devient le nôtre. Le Père Ravanel aimait à dire après la communion : « Regardez, il n’y a plus rien sur l’autel, c’est nous qui sommes maintenant le Corps du Christ ». C’est incroyable : Dieu vient en nous pour que nous devenions lui. « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ». Je suis et nous sommes le Corps du Christ, et peu importe que nous soyons, selon l’image de Paul, le gros orteil ou le cerveau : Dieu est pleinement en nous. Le psaume le disait : « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, alors j’ai dit : « Voici, je viens. » Ce n’est pas moi qui te donne des choses mais je me donne à toi, en communiant pour que tu viennes en moi, que tu fasses en moi ta demeure. Amen
Ceux qui s’éveillent,
qu’ils s’éveillent à toi.
Ceux qui vont au travail,
qu’ils travaillent pour toi.
Ceux qui restent dans leur maison,
qu’ils y restent avec toi.
Ceux qui rentrent du travail,
qu’ils se reposent auprès de toi.
Ceux qui sont malades ou désespérés,
qu’ils se tournent vers toi.
Ceux qui vont passer la mort,
qu’ils meurent en toi.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

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