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Lundi de la 2ème semaine

du Temps de l’Église - Années impaires

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus : « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin nouveau, outres neuves. »

Depuis le Foyer de Charité de la Flatière jusque dimanche : "Quand on n'a que l'amour"

J’aurais voulu choisir un évangile pour commencer cette retraite, je n’aurais pas pu choisir de meilleur.  Le Seigneur nous donne toujours ce qui nous faut dans la Liturgie de l’Eglise.

Premier point fondamental.  Peut-être sommes-nous venus en retraite en nous disant : « Je vais recharger mes batteries » ou encore : « je vais essayer de grandir en sainteté ».  On comprend ce qu’on veut dire, mais le Seigneur nous dit que c’est totalement faux.  Nous n’allons pas recharger nos batteries, mais nous allons recevoir de nouvelles batteries, nous n’allons pas être plus saints, mais nous allons naître à nouveau.  Notre Dieu a toutes les qualités, mais au niveau spirituel, il n’est absolument pas écologique.  Il n’y a pas de repair café au ciel.  Dieu n’est pas du tout bricoleur, il est impossible pour lui de réparer des choses.  Il n’est pas bricoleur pour un sou, mais il est créateur ; et pas seulement aux jours de la création dans la Genèse, mais chaque jour.  L’amour, vous le savez est toujours neuf, sinon il meurt.  Puisque Dieu est amour, n’est amour, n’a que l’amour, comment voulez-vous qu’il fasse autre chose que de faire une nouvelle création tous les jours.  Je n’invente rien.  Vous vous rappelez des paroles dans le livre d’Ezékiel, lorsque le peuple est en déportation à Babylone : « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair ».  Pas de réparation, mais de la nouveauté.  C’est pour cela que demain, et je vous en reparlerai, nous allons laisser le Seigneur enlever le vieux en nous, dans la prière d’abandon.

Quelle est la nouveauté que le Seigneur va installer en nous ?  Elle est double : un vin nouveau dans de nouvelles outres et un vêtement neuf.

Un vêtement neuf. Vivre un retraite en Foyer de Charité, c’est toujours redécouvrir son baptême.  La majorité d’entre nous ici a été baptisée aux premiers jours voire aux premières heures de son existence.  C’est vrai qu’on est baptisé une fois pour toutes, mais en même temps, le vêtement de notre baptême finit par jaunir, par rétrécir, voire par être envahi pas le mites.  N’essayons pas de le rénover ; en mettant de l’eau de javel ou des boules de napthaline, cela n’ira jamais ; et l’eau de javel et les boules de naphtaline n’ont pas une odeur particulièrement agréable.  On parle plutôt d’être en odeur de sainteté ; on nous dit le mercredi des Cendres de nous parfumer la tête, et le livre de l’ecclésiastique dit : « « Comme la cannelle et le baume aromatique, comme la myrrhe de choix j’ai exhalé mon parfum, comme du galbanum, de l’onyx et du stacte, comme une nuée d’encens dans la Demeure. » Nous sommes invités à sentir bon, mieux que le Chanel 5, Mesdames.  Avec Ezéchiel, demandons cette grâce au Seigneur de vivre ici un « nouveau » baptême.  Et vous le savez bien, le vêtement du baptême, c’est le vêtement du ressuscité.  Le Seigneur peut et va nous tirer de nos tombeaux.

Et ainsi, nous ne serons plus de vieilles cruches ;  c’est ce qu’il nous faudra pour accueillir le vin nouveau de l’eucharistie.  Tant que nous restons dans l’ancien, rien ne se fera.  La lettre aux Hébreux qui va nous accompagner durant toute la semaine n’arrête pas de le dire : les prêtres de l’ancienne Alliance devaient multiplier les sacrifices et cela ne fonctionnait.  Jésus par sa vie, sa passion et sa résurrection a fait cela une fois pour toutes.  Et ce une fois pour toutes, nous le vivons chaque fois que nous communions. Nous aurons la chance ici de communier tous les jours : tous les jours le Christ fera de nous une création nouvelle, si nous acceptons d’être de « nouvelles cruches », si nous goûtons cette joie de savoir qu’il ne s’agit pas d’être dignes pour communier, nous ne le serons jamais.  Nous le disons avant chaque communion : « je ne suis pas digne de te recevoir ».  Il ne s’agit pas d’être dignes, mais de vivre la seconde partie de la phrase : « Et je serai guéri ».  Accepter que ma sainteté, la beauté de mon existence ne dépend pas de moi, mais de celui qui n'a que l’amour.  Amen           



 Supplions Dieu qui a créé l’homme à son image et lui a confié l’univers :

R/ Que notre vie te rende gloire !

Tu nous as donné ton souffle vivant,

Tu nous as donné de nommer toute chose,

Tu nous as donné un monde à transformer,

Tu nous as donné des frères à aimer,

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

    Pendant cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, je peux méditer le credo de Nicée-Constantinople, dont nous célébrons les 1 700 ans en 2025.

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