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Saint François de Sales

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, Jésus gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui, et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle avec le pouvoir d’expulser les démons. Donc, il établit les Douze : Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques – il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –, André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Zélote, et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.

Prêtre et évêque de Genève, François de Sales a dû vivre à Annecy, puisque, selon une expression, Genève était la Rome des Calvinistes.  Nous sommes fin 16ème, début 17ème siècle.  On est dans une église secouée par cette séparation entre chrétiens.  Mais avant cela, et cela rejoint tellement notre retraite, nourris par les idées de son temps, François va beaucoup s’interroger sur des questions comme le salut et la prédestination ; vraiment une théologie étouffante.  Voilà ce qui était écrit : « Nous appelons Prédestination, le conseil éternel de Dieu, par lequel il a déterminé ce qu’il voulait faire de chaque homme. Car il ne les crée pas tous en pareille condition, mais ordonne les uns à la vie éternelle, les autres à l’éternelle damnation. » On comprend que le pauvre François a été terrorisé par cela : tout est écrit, et nous n’y pouvons rien.  Il a été sauvé par cette prière de saint Bernard.  « Souvenez-Vous, ô Très Miséricordieuse Vierge Marie, qu'on n'a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à votre Protection, imploré votre Assistance ou réclamé votre Secours, ait été abandonné. Animé d'une pareille confiance, ô Vierge des vierges, ô ma Mère, je cours vers Vous, je viens à Vous et, gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à Vos pieds. Ô Marie, Mère du Verbe Incarné ne rejetez pas mes prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. »  A travers Marie, il découvre ainsi un amour de Dieu, qui n’a que l’amour et qui veut nous sauver tous.  Je vous l’ai dit, à travers les paroles de Paul à Timothée : « La volonté de Dieu, c’est que tous les hommes soient sauvés ».  Nous ne devons donc pas être terrorisés ou désespérés mais bien dans l’action de grâces et l’espérance en un Dieu plus grand que notre cœur.

Deuxième aspect de François de Sales.  Il va donc être en contact avec les protestants et je cite Benoît XVI : « Apôtre, prédicateur et écrivain, homme de prière et d'action...engagé dans le débat avec les protestants, il expérimenta au-delà de la nécessaire controverse théologique l'efficacité des rapports personnels et de la charité ».  Au-delà de cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, mettons-nous à son école et découvrons que ce qui est fondamental, ce sont les rapports personnels et la charité, l’amour, tout simplement.  Il a fallu du temps à nos différentes Eglises pour le faire.  Aujourd’hui, cela se fait et même au-delà depuis la première rencontre d’Assise voulue par Jean-Paul II, avec toutes les religions du monde.  Il ne s’agit pas d’essayer de convaincre l’autre, mais de se parler et de s’aimer.  Le reste, c’est du ressort de Dieu.   Et si on se parlait un peu plus en paroisse, dans nos mouvements, nos milieux de travail, nos quartiers … plutôt que d’essayer toujours d’avoir raison.  

Et enfin, et c’est une réelle révolution à l’époque, François de Sales, dans son introduction à la vie dévote, écrira : « Être tout entier à Dieu et vivre pleinement dans le monde les devoirs de son état ».  En fait, tout est déjà dans l’Ecriture, mais on l’avait oublié : le chrétien est dans le monde sans être du monde, dira Jean et un très vieux texte de la tradition chrétienne, la lettre à Diognète dit : « Ils sont dans la chair, mais ils ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies, et leur manière de vivre est plus parfaite que les lois. » D’où cette phrase tellement connue de François de Sales : « Fleuris là où Dieu t’a été planté ». Si je suis planté à Paris, c’est pour être signe de l’amour de Dieu à Paris, si je suis dans telle entreprise, idem.  Dieu me donne cette mission où je suis, dans la réalité concrète de mon existence.

Et pour terminer, François de Sales est le patron des sourds-muets, parce qu’il s’est occupé de Martin, qui l’était, tout au long de sa vie et aussi et c’est tellement important aujourd’hui, des journalistes.  Tellement important qu’on va lui adjoindre Carlo Acutis, pour internet.  Alors vivons cette eucharistie en pensant à celles et ceux qui, bien loin des fake news, sont au service de la vérité ; celle qui rend libre.  Amen     


 Seigneur Jésus, nous étions dans les ténèbres :
tu ouvres nos yeux à la lumière.

R/ Pour cette merveille : Alléluia !

Seigneur Jésus, nous avions blasphémé ton nom
tu as pardonné notre faute.

Seigneur Jésus, nous étions séparés de toi :
tu nous rétablis dans ton alliance.

Seigneur Jésus, nous vivions désunis :
tu nous rassembles dans ton Corps.

Seigneur Jésus, nous étions morts :
par ta mort, tu nous rends la vie.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

   En cette fête de François de Sales, saint patron des journalistes, je prie pour que ceux-ci soient au service de la vérité.

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