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 Sainte Agnès

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

 Un jour de sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Les pharisiens lui disaient : « Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat ! Cela n’est pas permis. » Et Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ? Au temps du grand prêtre Abiatar, il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de l’offrande que nul n’a le droit de manger, sinon les prêtres, et il en donna aussi à ceux qui l’accompagnaient. » Il leur disait encore : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître, même du sabbat. »

Marcher à travers champs.  La Galilée est remplie de chemins et de sentiers.  Pourquoi ?  Peut-être parce que c’est le sabbat et que le nombre de pas est très limité.  C’est possible.  Mais on comprend ici toute la symbolique, toutes les symboliques qu’il y a dans le texte.

Et tout d’abord, Jésus ne suit pas les routes habituelles.  La route habituelle, c’est la Loi et le Sabbat, ce que font ceux qui le critiquent aujourd’hui et qui, visiblement eux, sont sur le chemin.  C’est un chemin habituel, qu’il faut juste suivre ; il n’y a rien à inventer.  La route est tracée.  Tu as des lois, tu les suis, tu es en ordre.  Tu dois communier au moins une fois par an et autant pour te confesser, tu le fais, tu es en ordre, personne ne peut te reprocher quelque chose.  
Jésus passe par des chemins nouveaux, inattendus.  Et voilà que les disciples qui le suivent, arrachent des épis.  Pourquoi ?  Est-ce pour manger ?  Pas sûr du tout : ils sortent d’un repas chez Lévi- Matthieu – et on peut imaginer qu’on y a mangé plus que quelques biscottes.  Des exégèses disent et je trouve ça très beau, qu’en fait, ils suivent Jésus et que pour « marquer » le chemin, ils le débroussaillent.  Pour que le chemin de Jésus devienne le nouveau chemin, le chemin de l’Alliance nouvelle et éternelle, comme nous le disons à chaque eucharistie.  Un chemin à travers champ, sans plus aucune règle si ce n’est que celle de l’amour.  « Aime et fais ce que veux », disait Augustin dans un de ses sermons.  Mais, en même temps, c’est plus simple de marcher sur une autoroute bien asphaltée que de faire de « l’à travers tout ».  Mais en suivant l’amour, en suivant Jésus, tout est possible.  Fameux défi et pour nous et pour l’Eglise.

Quel est ce chemin nouveau ?  C’est le deuxième symbole : C’est un champ de blé et pas de poireaux ou de choux fleurs.  Nous ne sommes plus sous le régime de la Loi, mais dans la joie de l’eucharistie.  On en parlera longuement jeudi – jour de l’eucharistie -, mais la messe est tout sauf une Loi, c’est un mariage, une alliance entre Dieu et l’homme.  Je vous rappelle que nous sommes le jour du Sabbat, notre dimanche.  C’est le jour du Seigneur qui rappelle le septième jour de la création.  Avec Jésus, je découvre que je suis une création nouvelle et que cette nouveauté se vit dans l’eucharistie.  Je viens de vous le dire : l’Alliance Nouvelle ; nous l’avons déjà découvert hier avec les outres et le vêtement. 
Mais le shabbat rappelle aussi la libération du joug des Egyptiens.  Je suis fait pour être libre, pour marcher hors des sentiers battus.  Vous remarquerez que les saints ont une liberté incroyable.  Je me souviens – même si elle n’est pas canonisée – d’une sœur Emmanuelle, rencontrant le Roi Baudouin et disant : « Baudouin, faut que je t’embrasse ».  Glurps.  Non, ça ne se fait pas.  Ecoutez ce que dit notre Pape : « Pour aller vers la sainteté, il faut être libres : la liberté d’aller en regardant la lumière, d’aller de l’avant ». Et « quand nous revenons, à la façon de vivre que nous avions avant la rencontre avec Jésus Christ ou quand nous revenons aux schémas du monde, nous perdons notre liberté ». Notre foi n’est pas une morale, aimait à dire Benoit XVI, mais la rencontre avec quelqu’un : justement ce que font les apôtres en suivant Jésus

Et enfin la première lecture nous introduit dans cette Année Sainte que nous venons de commencer : « Cette espérance, nous la tenons comme une ancre sûre et solide pour l’âme.  Dans le logo de l’année sainte, nous voyons une barque sur les eaux et à l’avant de cette barque, il y a une croix qui se termine en forme d’ancre, l’ancre du salut ou la maitresse-ancre : celle qu’on jetait pour stabiliser le bateau en cas de tempête.  Dans la bulle d’induction à cette année, François écrit : « La vie chrétienne est un chemin qui a besoin de moments forts pour nourrir et fortifier l’espérance, compagne irremplaçable qui laisse entrevoir le but : la rencontre avec le Seigneur Jésus. »  Eh bien, saint Père, c’est ce qu’on fait : un moment fort pour nourrir et fortifier notre espérance.  Et il nous le dit bien : cette espérance nous laisse entrevoir le but de notre vie : rencontrer Jésus.  Je vous l’ai dit : il est là, il veut dire une parole à chacune et à chacun, il attend juste que nous lui donnions de la place, que nous le laissions créer la femme nouvelle, l’homme nouveau, à son image et à sa ressemblance.  Amen            


 Avec les martyrs qui ont donné leur vie pour la Parole de Dieu, louons notre Sauveur, le témoin fidèle :

R/ Nous t’acclamons, Seigneur de gloire !

Par les martyrs qui ont accepté de mourir pour témoigner de la foi,
donne-nous l’esprit de liberté.

Par les martyrs qui ont versé leur sang pour confesser ton nom,
accorde-nous la force de la foi.

Par les martyrs qui t’ont suivi sur le chemin de la croix,
fortifie-nous dans les épreuves.

Par les martyrs qui ont lavé leur robe dans le sang de l’Agneau,
fais-nous vaincre les tentations de ce monde.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

    À la lecture de l’évangile, je peux me demander : à quelle liberté suis-je appelé ?

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