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Samedi de la 5ème semaine

du Temps de l'Église

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

 En ces jours-là, comme il y avait de nouveau une grande foule, et que les gens n’avaient rien à manger, Jésus appelle à lui ses disciples et leur dit : « J’ai de la compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Si je les renvoie chez eux à jeun, ils vont défaillir en chemin, et certains d’entre eux sont venus de loin. » Ses disciples lui répondirent : « Où donc pourra-t-on trouver du pain pour les rassasier ici, dans le désert ? » Il leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils lui dirent : « Sept. » Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Puis, prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit, et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent ; et ils les distribuèrent à la foule. Ils avaient aussi quelques petits poissons, que Jésus bénit et fit aussi distribuer. Les gens mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles. Or, ils étaient environ quatre mille. Puis Jésus les renvoya. Aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples, il alla dans la région de Dalmanoutha.

Nous sommes dans le désert et ceux qui suivent Jésus risquent de défaillir, dit-il.  C’est assez simple de transposer pour nous : Que de déserts dans notre monde !  Que d’endroits où manquent toutes sortes de nourriture : nourriture concrète, nourriture de paix, nourriture d’accueil, nourriture d’amour, tout simplement.  Puisque le chrétien est un autre Christ, nous sommes invités à avoir cette même parole : « Ils risquent de défaillir si je ne les nourris pas ».  Je vous l’ai dit, deux multiplications des pains chez Marc ; la troisième doit être la nôtre.  Sommes-nous vraiment encore émus, retournés  au fond de nous-même par toutes ces faims et tous ces déserts, ou finissons-nous par être habitués, peut-être pour nous protéger ?  Quels moyens prenons-nous pour rassasier ?

En ce jour où nous honorons Marie d’une façon un peu plus spéciale, nous découvrons des hommes et des femmes qui suivent Jésus, qui mangent sa parole et en oublient de manger du pain.  Leur priorité est Jésus, Pain de Vie et non pas leur propre pain.  Cela nous invite aujourd’hui, non pas à abandonner nos boulangeries mais à nous demander si nous avons autant d’énergie pour ouvrir le Pain de la Parole chez nous, bien au chaud, dans notre fauteuil, que nous en avons pour nous mettre à traverser le froid, le vent et la pluie quand nous nous rendons compte que nous n’avons plus de pain pour souper ? Normalement, comme disent les jeunes « Y a pas photo ! » … mais en réalité ?

Et enfin, comme toujours, nous sommes dépassés par l’ampleur de la tâche : « Comment pourrions-nous ? »  Oui, nous ne pouvons qu’en devenant pauvres nous-mêmes, sinon, nous sommes comme le riche qui mettait beaucoup dans le tronc, face à la pauvre veuve qui ne mettait que quelques pièces, mais ce qu’elle avait pour vivre.  C’est Grégoire de Nysse qui disait : « celui qui partage son pain avec les pauvres se constitue en partie de celui qui, pour nous, a voulu être pauvre. Le Seigneur était pauvre, n’aie pas peur de la pauvreté ». Je deviens un autre Christ lorsque je deviens pauvre et cela pour rencontrer un autre Christ, celui qui avait faim et à qui j’ai donné à manger.  Amen

 Avec toutes les générations qui ont chanté la gloire de la Vierge Marie, disons à Dieu notre reconnaissance :

R/ Nous te louons, Seigneur, et nous te bénissons !

Pour l’humilité de la Vierge, et sa docilité à ta Parole,

Pour son allégresse et pour l’œuvre en elle de l’Esprit,

Pour l’enfant qu’elle a porté, qu’elle a couché dans la mangeoire,

Pour son offrande au Temple et son obéissance à la Loi,

Pour sa présence à Cana, pour sa tranquille prière,

Pour sa foi dans l’épreuve, pour sa force au calvaire,

Pour sa joie au matin de Pâques, et parce qu’elle est notre mère.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Dieu donne en abondance ! Que puis-je partager ou donner aujourd’hui à quelqu’un de mon entourage ?

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