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30ème dimanche du Temps de l'Église 

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.” Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !” Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

Vous savez, on dit souvent : « Il faut avoir le cœur sur la main ».
Mais Dieu, lui, préfère qu’on ait l’oreille au cœur — une oreille qui sait écouter, surtout quand tout le monde parle fort. Et c’est un peu le fil rouge de ce dimanche : Dieu écoute, Dieu entend, et Dieu regarde autrement que nous.

Le livre du Siracide nous le dit avec simplicité : « Le Seigneur n’est pas indifférent au cri du pauvre. » C’est magnifique, non ? Pas « il aide parfois », mais il écoute. Le psaume poursuit : « Le Seigneur entend le cri de ceux qui l’appellent. » Ça veut dire que même si je n’ai pas les bons mots, même si ma prière ressemble plus à un soupir qu’à un discours, Dieu la reçoit. Il n’écoute pas seulement les voix bien articulées, les prières bien tournées — il écoute le souffle, le murmure, la fatigue. Et dans ce monde où tout le monde veut « parler fort », Dieu, lui, s’intéresse à ceux qu’on n’entend pas. Peut-être que la foi, c’est d’abord ça : croire qu’on est entendu, même quand on n’a plus rien à dire.

L’Évangile de Luc est une scène très simple : deux hommes dans le Temple. L’un prie fort et se félicite ; l’autre se tait et se frappe la poitrine. Et Jésus ne dit pas : “le premier est mauvais et le second est parfait”. Non. Il montre juste deux manières de vivre sa relation à Dieu : l’une regarde vers le haut, pour se mettre en valeur ; l’autre regarde vers l’intérieur, pour se laisser accueillir. Le publicain ne joue pas un rôle. Il ne cherche pas à plaire. Il se tient vrai. Et cette vérité-là plaît à Dieu.
Ce n’est pas une question de morale, c’est une question de relation.
Dieu préfère un cœur maladroit mais sincère, à un cœur brillant mais fermé. Peut-être qu’au fond, prier c’est simplement oser se tenir là, sans masque, sans performance, avec tout ce qu’on est.

Dans la deuxième lecture, saint Paul parle de sa vie avec émotion : « J’ai combattu le bon combat, j’ai gardé la foi. » Mais il ne dit pas : « J’ai gagné ! » — il dit : « Le Seigneur m’a soutenu. » C’est une nuance magnifique. Ce n’est pas lui le héros, c’est Dieu la fidélité. Même dans ses moments de solitude, Paul sent une présence.
Et nous aussi, peut-être qu’il y a là une clé : La foi n’est pas un effort pour “réussir spirituellement” ; c’est une confiance qu’on apprend peu à peu, une respiration dans laquelle on se remet entre les mains d’un Autre.

Alors oui, aujourd’hui, Jésus nous invite à être humbles.
Mais rassurez-vous : l’humilité, ce n’est pas se dire « je suis nul », c’est se rappeler que Dieu n’a jamais demandé un CV, juste un cœur ouvert. Vous savez, l’humilité, c’est un peu comme le parfum :
dès qu’on en met trop, ça devient insupportable ! Le publicain, lui, ne s’en asperge pas… il la vit simplement.

  Seigneur du silence et de la lumière,
Toi qui entends le cri que personne ne remarque,

Écoute la prière des humbles et des simples,
Les soupirs des veuves, des enfants, des oubliés.

Garde nos cœurs durs de s’enfermer dans la suffisance,
Ouvre nos oreilles aux murmures de la détresse.

Soutiens ceux qui peinent à croire encore,
Et relève ceux qui ont perdu goût à la vie.

Que ton souffle discret traverse nos journées,
Et que ton amour nous apprenne à écouter comme toi.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Aujourd’hui, prends un moment de silence dans ta journée. Pas pour « faire une prière parfaite », mais juste pour dire : “Seigneur, me voici, tel que je suis. Écoute mon souffle.” Et reste là, un instant, sans rien ajouter. Ce petit silence-là, c’est déjà une prière qui monte au ciel.

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