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 Lundi de la 30ème semaine du Temps de l'Église 

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus était en train d’enseigner dans une synagogue, le jour du sabbat. Voici qu’il y avait là une femme, possédée par un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser. Quand Jésus la vit, il l’interpella et lui dit : « Femme, te voici délivrée de ton infirmité. » Et il lui imposa les mains. À l’instant même elle redevint droite et rendait gloire à Dieu. Alors le chef de la synagogue, indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du sabbat, prit la parole et dit à la foule : « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. » Le Seigneur lui répliqua : « Hypocrites ! Chacun de vous, le jour du sabbat, ne détache-t-il pas de la mangeoire son bœuf ou son âne pour le mener boire ? Alors cette femme, une fille d’Abraham, que Satan avait liée voici dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de ce lien le jour du sabbat ? » À ces paroles de Jésus, tous ses adversaires furent remplis de honte, et toute la foule était dans la joie à cause de toutes les actions éclatantes qu’il faisait.

Un jour, un petit garçon a dit à sa mère :

« Maman, pourquoi les adultes regardent toujours par terre ? »
Et elle a répondu : « Parce qu’ils ont oublié qu’ils étaient faits pour regarder le ciel. » C’est tout l’évangile d’aujourd’hui : Jésus redresse une femme courbée depuis dix-huit ans, et, en elle, c’est toute l’humanité qui se remet debout.

Paul nous rappelle que nous ne sommes pas des gens “obligés de plaire à Dieu”, mais des enfants bien-aimés. Il dit : “Vous n’avez pas reçu un esprit d’esclavage, mais un Esprit qui fait de vous des fils.” Autrement dit, la foi n’est pas un contrat, c’est une filiation. Nous ne prions pas pour “mériter”, mais pour nous souvenir que nous sommes aimés. L’Esprit de Dieu n’est pas un surveillant ; c’est une présence qui murmure en nous : “Tu es mon enfant.” Quand je vis cela, quelque chose en moi se détend. Je n’ai plus besoin de me courber sous le poids des « il faut » et des « je dois ». Je peux respirer à nouveau.

Le psaume chante : “Béni soit le Seigneur jour après jour : il porte nos fardeaux, Dieu notre Sauveur.” Pas : “Il les efface magiquement” — non, il les porte avec nous. C’est la grande différence entre la magie et la foi : la magie enlève les problèmes, la foi fait naître une présence au cœur du problème. Dieu ne fait pas disparaître nos poids, mais il les porte à deux, avec tendresse et patience. Et peut-être qu’aujourd’hui, toi aussi tu portes quelque chose de lourd — une inquiétude, une fatigue, un regret. Le psaume te murmure : « Tu n’es pas seul sous ce poids ». C’est déjà une promesse de liberté.

Dans l’évangile, cette femme courbée ne pouvait plus regarder le ciel. Jésus la voit, la touche, et dit : “Femme, te voilà délivrée de ton infirmité.” Il ne lui demande rien, il ne fait pas un grand discours. Il pose un geste. Et ce geste fait ce que l’amour de Dieu fait toujours : il redresse. Peut-être que chacun de nous, à sa manière, est un peu courbé : par le poids des soucis, par la peur de décevoir, par la honte du passé, ou simplement par la fatigue du quotidien. Aujourd’hui, Jésus veut nous redresser, non pas pour nous rendre « plus performants », mais pour nous rendre à notre dignité d’enfants. C’est ça, le sabbat du Christ : un jour pour se remettre debout, un jour pour se souvenir qu’on est faits pour regarder le ciel.

Alors, si aujourd’hui quelqu’un te voit un peu fatigué et te dit : “Hé, tu fais le dos rond !” Tu pourras répondre : “Non, non, je me prépare à être redressé par l’Esprit !” Et qui sait, peut-être que le meilleur massage du dos, c’est encore un bon souffle de Dieu !

  Seigneur, souffle de liberté,
Toi qui fais se lever les visages fatigués,

Donne à ton Église de marcher légère,
non ployée par la peur, mais portée par ton Esprit.

Donne aux pauvres et aux découragés
la force de se redresser et de croire encore.

Pour ceux qui ploient sous la maladie, la solitude ou le doute,
sois la main qui relève, la voix qui rassure.

Et pour nous, apprends-nous à voir,
comme Jésus, les courbés de la vie,
et à poser des gestes qui redressent,
des paroles qui raniment la lumière.

Seigneur, rends-nous debout dans ton amour.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Aujourd’hui, fais un geste de redressement — pas seulement pour toi, mais pour quelqu’un. Redresse quelqu’un par un mot de confiance, une écoute, un sourire. Fais sentir à une personne que sa vie est debout aux yeux de Dieu. Un regard qui relève vaut parfois plus qu’un grand discours.

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