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4ème dimanche

du Temps de l'Eglise A

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

Les Béatitudes sont parmi les paroles les plus connues de l’Évangile. Puisque je suis en Inde, faut-il rappeler que Gandhi disait que c’était le plus beau texte de l’histoire de l’humanité. Et paradoxalement, peut-être parmi les plus déroutantes. Car si nous les écoutons honnêtement, elles ne décrivent pas exactement le modèle de réussite que nous mettons en avant au quotidien.

Saint Paul le dit sans détour : « Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi. » Autrement dit : Dieu n’a pas un faible pour les plus performants, mais pour les plus disponibles.
Les Béatitudes ne sont pas un idéal inaccessible. Elles sont un renversement de regard. Heureux les pauvres ? Heureux les doux ? Heureux ceux qui pleurent ? À première vue, cela ressemble plus à une liste de difficultés qu’à un programme de bonheur.
Et pourtant… Jésus ne dit pas : « Vous serez heureux plus tard, quand tout ira mieux. » Il dit : « Heureux êtes-vous… maintenant. »
Autrement dit : le bonheur selon Dieu ne suit pas toujours les tendances du moment.

 Attention à un malentendu fréquent : Jésus ne fait pas l’éloge de la misère, ni de la douleur, ni de l’injustice. Il ne dit pas que la souffrance est bonne. Il dit que Dieu n’abandonne jamais ceux qui la traversent. Heureux ceux qui pleurent, non pas parce que pleurer est agréable, mais parce que Dieu s’en approche.
Heureux les pauvres de cœur, non pas parce qu’ils manquent de tout, mais parce qu’ils ont de la place pour recevoir.
Les Béatitudes ne sont pas une morale héroïque. Elles sont une promesse de proximité.

Sainte Thérèse de Lisieux disait : « Ce qui plaît à Dieu, c’est de voir que j’aime ma petitesse. » Dieu ne cherche pas des vies parfaites, mais des cœurs ouverts.

Dans notre monde, le bonheur se mesure souvent en comparaison : plus que les autres, mieux que les autres, avant les autres.
Les Béatitudes font tomber cette logique. Elles ne comparent pas.
Elles appellent. Elles ne disent pas : « Soyez meilleurs. » Elles disent : « Laissez Dieu être votre richesse. » Et là, quelque chose se détend. On n’a plus besoin de prouver. On peut simplement vivre. 
Bonne nouvelle : au Royaume de Dieu, il n’y a pas de classement final.

Les Béatitudes ne sont pas une affiche décorative. Elles sont une invitation concrète : vivre en laissant Dieu définir le bonheur.
Pas un bonheur spectaculaire, mais un bonheur solide, qui tient même quand tout vacille.

 Pour l’Église, appelée à marcher sur le chemin des Béatitudes, qu’elle soit humble dans sa manière de servir, douce dans ses paroles, pauvre de toute domination, et riche seulement de l’Évangile. Qu’à travers elle, les petits se sentent accueillis et les blessés relevés.Seigneur, nous te prions.

Pour les nations et leurs responsables, là où la force s’impose, où la violence gronde, donne le courage de choisir la paix, la sagesse de préférer la justice aux intérêts immédiats, et la lucidité de se souvenir
que le bonheur d’un peuple ne se construit jamais au détriment des plus fragiles. Seigneur, nous te prions.

Pour celles et ceux qui pleurent, ceux dont le cœur est alourdi par la solitude, la maladie, le deuil, ou la fatigue de vivre, qu’ils découvrent une présence qui ne fuit pas leurs larmes, une consolation discrète mais fidèle, et une espérance plus forte que la nuit. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui ont faim et soif de justice, pour celles et ceux qui refusent la résignation, qui luttent pour la dignité humaine, qui se lèvent pour défendre la vie, qu’ils ne se découragent pas, et qu’ils trouvent dans ton regard la force de persévérer. Seigneur, nous te prions.

 Pour nos communautés, qu’elles deviennent des lieux où l’on peut être vrai sans être jugé, où la douceur l’emporte sur la dureté, où la miséricorde a toujours le dernier mot. Que chacun y trouve une place, non selon ses mérites, mais selon son besoin d’être aimé. Seigneur, nous te prions.

Pour chacun de nous, appelés au bonheur selon ton cœur, apprends-nous à lâcher nos fausses sécurités, à ne plus comparer nos vies, et à croire que la joie commence là où nous nous laissons aimer tels que nous sommes. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …


Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Choisir aujourd’hui une Béatitude et la traduire en un geste simple : une douceur offerte, une parole de paix, une attention donnée à plus fragile que soi. Les Béatitudes commencent petites… mais elles rendent la vie grande.



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