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Jeudi de la 3ème semaine

du Temps de l'Eglise

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Est-ce que la lampe est apportée pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ? Car rien n’est caché, sinon pour être manifesté ; rien n’a été gardé secret, sinon pour venir à la clarté. Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » Il leur disait encore : « Faites attention à ce que vous entendez ! La mesure que vous utilisez sera utilisée aussi pour vous, et il vous sera donné encore plus. Car celui qui a, on lui donnera ; celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il a. »

Les lectures de ce jour ont quelque chose de très simple… et de très exigeant. Elles parlent de lumière, de promesse, de fidélité, et surtout de ce que Dieu fait quand on accepte de ne pas se mettre au centre.

Dans la première lecture, David s’assoit devant le Seigneur. C’est un geste rare dans la Bible. Il ne parle pas beaucoup. Il ne demande presque rien. Il reconnaît simplement : « Qui suis-je, Seigneur, pour que tu m’aies conduit jusque-là ? » David découvre que tout ce qu’il est, tout ce qu’il a, tout ce qu’il vivra encore, vient d’un amour qui le précède.
Dans notre quotidien, nous avons parfois du mal à rester là. Nous voulons expliquer, agir, maîtriser, optimiser.
Et Dieu, lui, nous invite parfois à faire comme David : s’asseoir, se taire, reconnaître. Ce n’est pas toujours facile…surtout pour des gens très organisés spirituellement.

Dans l’Évangile, Jésus est très clair : « Est-ce que la lampe est faite pour être mise sous le boisseau ? » La lumière n’est pas faite pour être dissimulée, ni protégée,ni conservée comme un objet fragile. Elle est faite pour éclairer. La foi n’est donc pas un trésor à enfermer,
mais une lumière à laisser passer. Et attention : Jésus ne dit pas que la lumière est parfaite, mais qu’elle est visible. Ce qui éclaire, ce n’est pas notre perfection,c’est notre vérité.
Bonne nouvelle : Dieu ne nous demande pas d’être des projecteurs LED dernière génération. Une petite veilleuse peut déjà éclairer beaucoup.

Jésus ajoute une phrase très sérieuse : « La mesure dont vous vous servez servira aussi pour vous. » Autrement dit : ce que nous accueillons, ce que nous laissons entrer, ce que nous partageons, nous façonne. Si nous accueillons la Parole avec ouverture, elle s’élargit en nous. Si nous la gardons pour nous, elle se rétrécit.
La foi ne s’use pas quand on la partage. Elle s’étiole quand on la cache.
David l’avait compris : il ne garde rien pour lui, il remet tout à Dieu. Et Dieu, fidèle à sa promesse, fait de sa vie une bénédiction durable.

Aujourd’hui, le Seigneur nous pose une question simple : Où est placée la lumière que je t’ai confiée ? Sur un lampadaire ? Ou sous un boisseau très bien rangé ? Dieu ne nous demande pas de briller,
mais de laisser sa lumière passer. En quelque sorte, nous devons être des vitres, ou mieux encore, des vitraux.

 Pour l’Église, qu’elle ose être lumière sans se replier sur elle-même, prions le Seigneur.

Pour ceux qui exercent des responsabilités, qu’ils reconnaissent humblement que tout vient de toi, prions le Seigneur.

Pour ceux qui doutent de leur utilité, qu’ils découvrent que même une petite lumière peut changer une nuit, prions le Seigneur.

Pour nos communautés, qu’elles soient des lieux où la foi se partage
sans peur et sans jugement, prions le Seigneur.

Pour chacun de nous, que nous osions mettre notre lampe au bon endroit, prions le Seigneur.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …


Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Poser aujourd’hui un geste simple et visible de foi : une parole de confiance, un acte de bonté, sans le commenter. La lampe n’a pas besoin de discours. Il suffit de l’allumer.

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