Mardi de la 3ème semaine
du Temps de l'Eglise
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
En ce temps-là, comme Jésus était dans une maison, arrivent sa mère et ses frères. Restant au-dehors, ils le font appeler. Une foule était assise autour de lui ; et on lui dit : « Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent. » Mais il leur répond : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? » Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »
Entre David qui danse devant l’arche, un psaume qui proclame « Qui montera sur la montagne du Seigneur ? » et Jésus qui redéfinit sa famille, la liturgie d’aujourd’hui nous pose une question très concrète : Quelle place Dieu a-t-il vraiment dans notre vie ? Pas en théorie. Pas dans les bonnes intentions. Mais dans le corps, dans les relations, dans les choix ordinaires.
La première lecture est étonnante. Le roi David danse. Pas une danse symbolique. Pas un geste discret. Il danse de toutes ses forces devant le Seigneur. Un roi qui danse en public, ce n’est pas très digne. Et justement : David s’en moque. Pourquoi ? Parce que Dieu revient au centre de son peuple. Parce que la présence de Dieu n’est pas un concept, mais une joie débordante. Spirituellement, c’est fort : David ne célèbre pas ce que Dieu fait pour lui,mais le fait que Dieu soit là. Et nous ? Avons-nous encore le droit de nous réjouir de Dieu ? Ou avons-nous rangé la foi dans le registre du sérieux, du correct, du raisonnable ? On accepte facilement d’exulter pour un anniversaire, une victoire sportive ou un bon repas… mais pour Dieu, on se dit parfois : restons sobres. Et pourtant, un cœur qui aime vraiment ne reste jamais totalement immobile.
Le psaume pose une question décisive : « Qui peut se tenir dans le lieu saint ? » Et la réponse est très concrète : des mains innocentes, un cœur pur, une vie accordée. Pas un CV religieux. Pas une perfection morale. Mais une cohérence intérieure. Dieu ne cherche pas des gens impressionnants, mais des cœurs disponibles. C’est là que l’Évangile vient nous bousculer.
Dans l’Évangile, la famille de Jésus arrive. On pourrait s’attendre à une belle scène affective. Et Jésus répond par une phrase déroutante : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? » Puis il ajoute : « Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » Ce n’est pas un rejet. C’est un élargissement. Jésus nous dit : l’appartenance à Dieu ne passe pas d’abord par les liens du sang, mais par une relation vivante, choisie, nourrie. Faire la volonté de Dieu, ce n’est pas exécuter des ordres.C’est entrer dans une relation. C’est laisser Dieu façonner peu à peu nos choix, nos priorités, notre manière d’aimer.Autrement dit : on ne devient pas membre de la famille de Dieu par héritage… mais par fréquentation.
Entre David qui danse, le psaume qui appelle à monter vers Dieu, et Jésus qui élargit sa famille, une même invitation traverse cette liturgie : Ne pas garder Dieu à distance. Le laisser être au centre. Le laisser mettre de la joie. Le laisser déplacer nos frontières.Et si aujourd’hui, notre prière était simplement : « Seigneur, aide-moi à t’accueillir avec tout ce que je suis… même ce qui est un peu maladroit. »
Pour l’Église, afin qu’elle manifeste la joie de l’Évangile et qu’elle accueille chacun comme un frère ou une sœur, prions le Seigneur.
Pour les responsables politiques et sociaux, afin qu’ils recherchent la justice et la cohérence dans leurs décisions, prions le Seigneur.
Pour les familles éprouvées par les divisions, les incompréhensions ou la solitude, afin qu’elles trouvent soutien et réconfort, prions le Seigneur.
Pour notre communauté, afin que nous sachions reconnaître la présence de Dieu au cœur de notre vie quotidienne, prions le Seigneur.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

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