Saint Thomas d'Aquin
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer de Galilée. Une foule très nombreuse se rassembla auprès de lui, si bien qu’il monta dans une barque où il s’assit. Il était sur la mer, et toute la foule était près de la mer, sur le rivage. Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles, et dans son enseignement il leur disait : « Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, du grain est tombé au bord du chemin ; les oiseaux sont venus et ils ont tout mangé. Du grain est tombé aussi sur du sol pierreux, où il n’avait pas beaucoup de terre ; il a levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde ; et lorsque le soleil s’est levé, ce grain a brûlé et, faute de racines, il a séché. Du grain est tombé aussi dans les ronces, les ronces ont poussé, l’ont étouffé, et il n’a pas donné de fruit. Mais d’autres grains sont tombés dans la bonne terre ; ils ont donné du fruit en poussant et en se développant, et ils ont produit trente, soixante, cent, pour un. » Et Jésus disait : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » Quand il resta seul, ceux qui étaient autour de lui avec les Douze l’interrogeaient sur les paraboles. Il leur disait : « C’est à vous qu’est donné le mystère du royaume de Dieu ; mais à ceux qui sont dehors, tout se présente sous forme de paraboles. Et ainsi, comme dit le prophète : Ils auront beau regarder de tous leurs yeux, ils ne verront pas ; ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles, ils ne comprendront pas ; sinon ils se convertiraient et recevraient le pardon. » Il leur dit encore : « Vous ne saisissez pas cette parabole ? Alors, comment comprendrez-vous toutes les paraboles ? Le semeur sème la Parole. Il y a ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée : quand ils l’entendent, Satan vient aussitôt et enlève la Parole semée en eux. Et de même, il y a ceux qui ont reçu la semence dans les endroits pierreux : ceux-là, quand ils entendent la Parole, ils la reçoivent aussitôt avec joie ; mais ils n’ont pas en eux de racine, ce sont les gens d’un moment ; que vienne la détresse ou la persécution à cause de la Parole, ils trébuchent aussitôt. Et il y en a d’autres qui ont reçu la semence dans les ronces : ceux-ci entendent la Parole, mais les soucis du monde, la séduction de la richesse et toutes les autres convoitises les envahissent et étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent, pour un. »
Quand on évoque saint Thomas d’Aquin, certains se disent : « Voilà un saint pour les intellectuels. » Et pourtant, les lectures de ce jour nous montrent tout autre chose : Thomas n’est pas d’abord un cerveau brillant, il est un homme qui a laissé la Parole de Dieu le travailler en profondeur.
Dans la première lecture, David a une très bonne intention : il veut construire une maison pour Dieu. C’est généreux, c’est pieux, c’est logique. Mais Dieu répond : « Ce n’est pas toi qui me bâtiras une maison. C’est moi qui te bâtirai une maison. » Autrement dit : David, merci pour ton projet… mais laisse-moi être Dieu.Nous faisons souvent la même chose. Nous avons des plans pour Dieu : comment il devrait agir,ce qu’il devrait bénir, ce qu’il devrait réparer. Et Dieu, avec beaucoup de patience, nous dit : « Et si tu me laissais faire un peu ? »Saint Thomas avait compris cela très tôt. Lui qui cherchait la vérité avec passion n’a jamais voulu enfermer Dieu dans ses raisonnements. Il disait : « Tout ce que j’ai écrit me semble de la paille, comparé à ce que Dieu est. »
Dans l’Évangile, Jésus raconte la parabole du semeur. La Parole est semée partout, généreusement. Le problème n’est pas la semence. Le problème, c’est le terrain. Il y a la Parole qu’on écoute distraitement, celle qu’on trouve intéressante… et celle qu’on laisse vraiment descendre.Saint Thomas est souvent présenté comme un penseur, mais avant tout, il était un auditeur de la Parole. Il étudiait à genoux. Il priait avant d’écrire. Il savait que l’intelligence ne suffit pas si le cœur reste fermé.
Pour nous, la question est simple : Quel terrain suis-je aujourd’hui ? Un terrain fatigué ? Encombré ? Ou un terrain qui accepte de se laisser retourner ? Bonne nouvelle : Dieu sème encore, même sur des terrains un peu cabossés.
Le psaume nous l’a redit avec force : « L’amour du Seigneur, sans fin je le chanterai. » Ce n’est pas notre performance qui porte du fruit, mais la fidélité de Dieu. Saint Thomas n’a pas cherché à être célèbre, ni à laisser une œuvre monumentale. Il a simplement cherché à être fidèle à la vérité reçue. Et cette fidélité a porté un fruit immense, bien au-delà de ce qu’il pouvait imaginer.Pour nous aussi, la fécondité chrétienne ne se mesure pas à l’efficacité, mais à la profondeur de l’enracinement. Quand la Parole trouve un cœur disponible,elle produit du fruit… à son rythme.
Fêter saint Thomas d’Aquin, ce n’est pas célébrer une intelligence hors norme.C’est célébrer un hommequi a laissé Dieu penser en lui, parler en lui,aimer en lui.Aujourd’hui, Dieu ne nous demande pas d’être brillants, mais d’être disponibles.
Pour l’Église, qu’elle n’ait jamais peur de chercher la vérité, avec humilité, intelligence et foi, à la suite de saint Thomas, prions le Seigneur.
Pour les enseignants, chercheurs et étudiants, qu’ils sachent unir le goût du savoir et le respect du mystère, prions le Seigneur.
Pour celles et ceux qui doutent, qui cherchent, qui tâtonnent, que ta Parole trouve en eux un chemin, même discret, prions le Seigneur.
Pour nos communautés, qu’elles soient des terres accueillantes, où la Parole peut grandir, être partagée et porter du fruit, prions le Seigneur.
Pour chacun de nous, que nous laissions Dieu travailler notre cœur, sans résistance ni peur, prions le Seigneur.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

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