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Saints Timothée et Tite 

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” »

Timothée et Tite ne sont pas des héros spectaculaires. Pas de grands miracles à leur actif. Pas de discours flamboyants rapportés dans les Actes. Et pourtant, l’Église les fête. Pourquoi ? Parce qu’ils incarnent une sainteté essentielle et souvent invisible : celle de la fidélité dans le quotidien, de la transmission, du service humble mais solide. Autrement dit : une sainteté très proche de la nôtre. Alors, ne nous décourageons pas de devenir des saintes et des saints !!!

Saint Paul écrit à Timothée avec une grande tendresse. Il lui rappelle sa foi, mais surtout son origine : « Je garde le souvenir de la foi sincère qui est en toi, comme elle était d’abord dans ta grand-mère Loïs et dans ta mère Eunice. »La foi est reçue avant d’être choisie. Transmise avant d’être assumée.
Nous avons tous reçu quelque chose : un témoignage, une parole, un exemple, parfois même une foi fragile mais obstinée.
Et Paul ajoute : « Ravive le don gratuit de Dieu. » Raviver, cela veut dire que la foi peut s’endormir, mais qu’elle ne disparaît jamais complètement. Bonne nouvelle : Dieu ne nous demande pas d’inventer la foi, mais de prendre soin de ce qui nous a été confié.
La foi n’est pas un feu d’artifice… comme ceux que je contemplerai ce soir puisque c’est la « Republic Day » (la fête nationale) en Inde.  Non pas un feu d’artifice mais plutôt un feu de cheminée : si on ne l’alimente pas, il fume ou s’éteint doucement.

Dans l’Évangile, Jésus envoie 72 disciples. Pas les apôtres en titre. Pas les “experts”. Il les envoie deux par deux, sans sécurité excessive, sans discours compliqué. Leur mission est simple : « Dites : le Royaume de Dieu est tout proche de vous. » Pas de stratégie. Pas de domination. Pas de prosélytisme agressif. Encore moins de morale ! Juste une présence, une paix offerte, une attention aux malades.
Le pape François le rappellait souvent : « L’Évangile se transmet par contagion, non par obligation. »
Timothée et Tite ont vécu cela : annoncer l’Évangile sans bruit, tenir bon dans des communautés parfois difficiles, porter l’Église sans être au centre.
Être chrétien aujourd’hui, ce n’est pas tout comprendre, c’est accepter d’être envoyé là où l’on est : au travail, en famille, dans une conversation ordinaire. Jésus n’a jamais dit : « Allez, soyez impressionnants. » Il a dit : « Allez, soyez disponibles. »
Le psaume nous invite : « Racontez à tous les peuples la gloire du Seigneur. » Raconter, pas imposer. Partager, pas écraser.
Timothée et Tite n’étaient pas des hommes sans peur. Paul le sait, et c’est pour cela qu’il écrit : « Ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné. » La foi n’enlève pas la fragilité, mais elle donne une force intérieure pour ne pas se replier.
La sainteté qu’ils nous proposent aujourd’hui, c’est celle de la persévérance joyeuse : continuer à aimer, continuer à servir, continuer à espérer, même quand ce n’est pas spectaculaire.
Thérèse de Lisieux disait : « La sainteté consiste à faire les petites choses avec un grand amour. »
Et c’est exactement cela que Timothée et Tite ont fait.

Fêter ces deux saints, c’est entendre une parole très actuelle : Dieu a besoin de témoins fidèles, pas de vedettes spirituelles. Et si aujourd’hui, notre prière la plus juste était simplement : « Seigneur, aide-moi à être fidèle là où tu m’as placé. »

 Pour l’Église, afin qu’elle annonce l’Évangile avec simplicité, courage et douceur, à la manière de Timothée et Tite, prions le Seigneur.

Pour les évêques, prêtres, diacres et responsables pastoraux, afin qu’ils soient des serviteurs fidèles et joyeux du peuple de Dieu, prions le Seigneur.

Pour ceux qui se sentent timides, découragés ou fragilisés dans leur foi, afin qu’ils retrouvent confiance et espérance, prions le Seigneur.

Pour notre communauté, afin que chacun se sente envoyé là où il vit et travaille, prions le Seigneur.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …


Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Aujourd’hui, poser un acte simple de transmission de la foi : une parole de confiance, un témoignage discret, une prière proposée, ou un service rendu sans attendre de retour.  Pas quelque chose d’héroïque. Juste fidèle. Parce que, comme Timothée et Tite, c’est souvent dans l’ordinaire que Dieu fait passer l’extraordinaire.


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