Vendredi de la 3ème semaine
du Temps de l'Eglise
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. » Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. » Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.
Les lectures d’aujourd’hui ne sont pas confortables. Elles parlent de chute, de faute, de silence coupable… et en même temps, de croissance mystérieuse et d’espérance. Un contraste fort : la fragilité de l’homme et la patience de Dieu. Et c’est précisément là que se joue notre vie de foi.
La première lecture commence presque innocemment : « Au temps où les rois partent en campagne… David resta à Jérusalem. » Une phrase banale. Et pourtant, tout est déjà là. David n’est pas à sa place. Il se relâche. Il regarde au lieu de veiller. Et ce regard devient un engrenage. La chute de David ne commence pas par l’adultère, mais par un petit décalage intérieur. C’est souvent ainsi dans nos vies : ce n’est pas le mal qui surgit brutalement, mais un relâchement, un “ce n’est pas grave”, un “juste cette fois”.Le problème, ce n’est pas de tomber… c’est de croire qu’on peut marcher longtemps au bord du vide sans glisser.
Le psaume 50 est la réponse du cœur blessé : « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour. » Ce psaume n’est pas une justification. Ce n’est pas une excuse. C’est une mise à nu. David ne négocie pas. Il reconnaît. Il s’abandonne. La foi ne consiste pas à ne jamais tomber,mais à ne jamais fuir la vérité. Saint Augustin disait : « Dieu hait le péché, mais il ne se lasse jamais de relever le pécheur. »Ce psaume nous rappelle une chose essentielle : Dieu préfère toujours un cœur brisé à un cœur qui se cache. Vous vous souvenez, Adam et Eve se cachant après la fameuse pomme qui n’en était pas une …
Dans l’Évangile, Jésus parle du Royaume comme d’une semence. Elle pousse… pendant que l’homme dort.Le Royaume de Dieu ne dépend pas de notre maîtrise, ni même de notre cohérence parfaite. Dieu continue de travailler, même dans nos lenteurs, nos incohérences, nos recommencements.C’est une parole de consolation immense : notre faiblesse n’a jamais le dernier mot.La semence de Dieu pousse en profondeur, souvent en silence, souvent malgré nous.Heureusement que le Royaume ne pousse pas à la vitesse de nos bonnes résolutions… il ne survivrait pas longtemps.
Aujourd’hui, la Parole nous invite à trois choses simples : Veiller sur notre cœur, Dire la vérité quand nous tombons, Faire confiance au travail patient de Dieu.Dieu ne cherche pas des vies impeccables, mais des vies ouvertes, où sa grâce peut encore passer.
Pour l’Église, qu’elle annonce avec vérité la miséricorde sans minimiser la gravité du mal, prions le Seigneur.
Pour ceux qui portent des responsabilités, qu’ils restent vigilants et humbles, conscients de leur fragilité, prions le Seigneur.
Pour ceux qui se sentent enfermés dans une faute, qu’ils découvrent que Dieu ouvre toujours un chemin de relèvement, prions le Seigneur.
Pour nos communautés, qu’elles soient des lieux de vérité et de pardon, prions le Seigneur.
Pour chacun de nous, que nous sachions confier à Dieu ce qui a besoin d’être guéri, prions le Seigneur.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

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