2ème dimanche de carême A
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »
Planter trois tentes… Avouez que c’est une idée bien étrange ! Mais est-ce que Matthieu, le juif, qui fait sans cesse des liens avec le judaïsme, ne veut pas nous dire que cet épisode de la Transfiguration est un peu comme une nouvelle fête des Tentes : la fête de Soukkot. Pendant cette fête, nos sœurs et frères juifs, vivant dans des Tentes, ravivaient en eux la présence de Dieu parmi son peuple. On appelle parfois cette fête, la fête de l’habitation de Dieu. Pendant 7 jours, on priait pour la venue du Messie et pour la réalisation des promesses divines. Alors Jésus dit en quelque sorte : « Il n’y a plus besoin de prier pour sa venue… car me voici ! »
Et le Père le dit en une seule phrase : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »« Mon Fils » : dans l’Ancien Testament, c’était le titre du Roi. Mais désormais, Jésus devient la tête du Corps qu’est l’Église. On peut presque tout remplacer dans un corps… mais pas la tête ! Il est le nouveau Roi.« Bien-aimé en qui je trouve ma joie » : voilà l’expression d’Isaïe, du Serviteur souffrant, prêtre, autel et victime à la fois.Et « Écoutez-le » : Moïse avait dit que Dieu susciterait un prophète semblable à lui, celui qu’il fallait écouter.
Jésus, c’est donc le prêtre, le prophète et le roi. Il guide, il sert, il annonce.Et pourtant, après cette lumière, les apôtres doivent redescendre de la montagne et se taire, jusqu’à la Résurrection et la Pentecôte. C’est là qu’ils recevront l’Esprit, et qu’eux aussi deviendront, à la suite de Jésus, prêtre, prophète et roi.77 catéchumènes recevront le baptême dans notre diocèse à Pâques et 689 pour la Belgique. Alors, redécouvrons un peu notre baptême.Chaque baptisé, à l’onction du Saint-Chrême, reçoit cette vocation : « Tu es désormais prêtre, prophète et roi ».
Alors que signifie tout cela pour nous ?Roi avec Jésus : je guide, j’oriente, je fais vivre l’unité du Corps. Un chrétien est un artisan d’unité.Prêtre avec Jésus : je deviens serviteur des autres. Comme il l’a dit : « Je suis venu non pour être servi, mais pour servir ».Prophète avec Jésus : par ma vie, mes paroles et mes gestes, j’annonce le Seigneur.
Trois rôles. Trois vocations. Trois appels.Et c’est exactement ce que nous retrouvons dans la première lecture : l’appel d’Abram. Le texte hébreu est très fort : « Toi, va ! » Ou mieux : « Va pour toi ! » Autrement dit : si tu suis le Seigneur, c’est pour ton bonheur. Abram quitte sa terre, ses richesses, son confort… mais il recevra la bénédiction ultime : devenir le père d’une multitude.
Mes amis, c’est un programme de Carême pour chacun de nous : redécouvrir pleinement notre baptême. Guidons, servons, annonçons… et nous découvrirons la joie que Dieu réserve à ceux qui osent marcher avec lui.Comme disait Jean de la Croix : « Il faut passer par l’obscurité pour goûter la lumière. » Alors marchons avec courage, un pas à la fois, dans la lumière transfigurée de Jésus, et notre vie portera du fruit.
Pour l’Église, Corps du Christ transfiguré : qu’elle reflète sa gloire et sa beauté, qu’elle guide les pas de ceux qui cherchent, qu’elle serve avec douceur et annonce avec courage la Bonne Nouvelle. Nous te prions.
Pour tous les peuples et les nations : que la justice et la paix s’étendent comme un fleuve tranquille, que ceux qui portent le poids du pouvoir œuvrent avec sagesse et humanité, et que la lumière du Christ éclaire toutes leurs décisions. Nous te prions.
Pour chacun de nous : que notre baptême nous rappelle notre vocation profonde, être prêtre, prophète et roi avec Jésus, guidant, servant, annonçant, dans la lumière et la confiance. Nous te prions.
Pour notre monde : pour les enfants et les jeunes, pour ceux qui doutent ou qui s’égarent, que la clarté de la Transfiguration illumine leur chemin, et que le Christ leur montre la route vers la vie véritable. Nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

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