Accéder au contenu principal

 

Jeudi de la 5ème semaine

du Temps de l'Église

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus partit et se rendit dans le territoire de Tyr. Il était entré dans une maison, et il ne voulait pas qu’on le sache, mais il ne put rester inaperçu : une femme entendit aussitôt parler de lui ; elle avait une petite fille possédée par un esprit impur ; elle vint se jeter à ses pieds. Cette femme était païenne, syro-phénicienne de naissance, et elle lui demandait d’expulser le démon hors de sa fille. Il lui disait : « Laisse d’abord les enfants se rassasier, car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » Mais elle lui répliqua : « Seigneur, les petits chiens, sous la table, mangent bien les miettes des petits enfants ! » Alors il lui dit : « À cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille. » Elle rentra à la maison, et elle trouva l’enfant étendue sur le lit : le démon était sorti d’elle.

Parfois, notre vie ressemble à un dialogue inattendu : nous avançons avec nos routines, nos habitudes, nos certitudes… et puis Dieu nous surprend, nous déplace, nous fait rencontrer quelqu’un ou quelque chose que nous n’attendions pas. Aujourd’hui, les lectures nous plongent dans ce thème : la force de l’accueil et la profondeur de la foi au-delà des apparences. Nous voyons dans la première lecture que Salomon, malgré sa sagesse, laisse son cœur se détourner. Mais l’Évangile nous montre quelqu’un — une femme étrangère, venue de loin — qui ose approcher Jésus avec audace et confiance. Et là, une leçon spirituelle s’impose : la foi n’est pas un passeport, elle est un cœur qui se tourne vers Dieu sans conditions.

Salomon, roi sage et puissant, commence à se détourner de Dieu par ses choix personnels. La sagesse humaine, aussi grande soit-elle, a ses limites : elle ne suffit pas à tenir le cœur dans la fidélité. Nous aussi, souvent, nous cherchons des solutions « rationnelles » à nos problèmes. Nous voulons contrôler, planifier, prédire. Mais la vie est pleine d’imprévus. Dieu nous rappelle que la vraie sagesse passe par le cœur fidèle, pas par l’intelligence ou la maîtrise totale des situations. Bonne nouvelle : si même Salomon peut se tromper, il reste toujours de la place pour la grâce !

Dans l’Évangile, Jésus rencontre la femme syro-phénicienne. Elle n’est pas israélite, elle vient de loin, et pourtant elle ose : « Même les chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Cette audace humble nous enseigne que la foi se mesure à la confiance, pas à la position sociale, à l’origine ou au mérite. Dieu ne se laisse pas limiter par les frontières ou les catégories humaines.
Il se laisse toucher par ceux qui approchent avec simplicité et courage, même au risque de paraître insistant ou humble. Peut-être que nos prières les plus “ordinaires” sont justement celles que Dieu écoute le mieux.

Le psaume 105 nous rappelle que Dieu agit dans l’histoire et dans les vies ordinaires. Il n’écrase pas, il transforme de l’intérieur. Il ne regarde pas l’étiquette, il regarde le cœur. Dans notre quotidien, nous sommes souvent tentés de juger qui est « digne » ou « apte » à recevoir, ou encore de penser que Dieu est réservé à certaines situations parfaites. Mais aujourd’hui, la Parole nous invite à regarder autrement : Dieu accueille celui qui vient avec confiance, et son accueil est libérateur. Nous pouvons nous demander : qui ai-je tendance à « exclure » par mes jugements ? comment puis-je accueillir plus largement la grâce de Dieu, dans ma vie, dans mes relations, dans mon service ?

Aujourd’hui, la Parole nous dit : la sagesse humaine a ses limites, mais Dieu va bien au-delà ; l’amour de Dieu dépasse toute frontière, sociale ou culturelle, et transforme celui qui s’approche avec sincérité. Se laisser aimer, c’est oser venir à Dieu avec tout ce que nous sommes, sans masque, sans plan parfait, juste avec un cœur ouvert.

 Pour ton Église, qu’elle accueille tous ceux qui cherchent la lumière, sans barrières, sans exclusions, nous te prions.

Pour ceux qui doutent, qui se sentent éloignés de Toi, que leur audace humble trouve un accueil et une transformation,nous te prions.

Pour nos familles et nos communautés, apprends-nous à regarder le cœur avant l’apparence, à offrir un espace d’écoute et de bienveillance, nous te prions.

Pour chacun de nous, donne-nous le courage d’approcher Dieu et les autres avec sincérité, et de nous laisser transformer par ton amour, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …


Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Aujourd’hui, poser un acte simple de proximité ou d’accueil : envoyer un mot d’encouragement à quelqu’un que l’on connaît peu, tendre la main à une personne en difficulté, écouter sans interrompre ni juger. Même un geste discret devient une ouverture à la grâce de Dieu.
  






Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

  Mercredi de la 1ère semaine du Temps de l'Eglise   Mettons-nous en    présence de Dieu :   Dieu, viens à mon aide ;   Seigneur, à notre secours ! En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il ...
  Lundi de la 2ème semaine du Temps de l'Eglise    Mettons-nous en    présence de Dieu :   Dieu, viens à mon aide ;   Seigneur, à notre secours ! En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus : « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin n...
  Saints Pierre et Paul   Mettons-nous en    présence de Dieu :   Dieu, viens à mon aide ;   Seigneur, à notre secours ! En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur l...