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Lundi de la 1ère semaine de Carême

 

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”  Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?” Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

La première lecture pourrait faire peur : Non seulement le Seigneur nous dit « soyez saints », mais il ajoute « car moi, je suis saint » ; on pourrait dire sans trahir le texte : « soyez saints, comme moi, qui suis saint ».  Oups …  Fameux programme et peut-être même un programme terrifiant : avoir la même sainteté que Dieu lui-même … Mais, en même temps, la sainteté à laquelle nous sommes appelés est un chemin relationnel assez ordinaire : ne pas voler, ne pas mentir, ne pas exploiter, ne pas haïr, aimer son prochain comme soi-même.  On imagine souvent la sainteté comme quelque chose de mystique …  Pas du tout, elle se vit dans les relations concrètes, dans ce que les philosophes appellent mon « être-au-monde », ma manière de vivre dans le monde et avec les autres. On est loin d’une extase mystique ou d’une lévitation.

L’évangile éclaire cela.  Dans ta relation au monde, dans ton rapport aux autres, c’est moi que tu rencontres : « ce que vous avez fait ou pas fait, c’est à moi que vous l’avez fait … ou pas ».  Notre Dieu n’est pas au ciel ; son « ciel » est sur terre, juste à côté de nous.  Et, comme à Noël, comme on le verra aussi à la Passion, Dieu se montre dans l’humilité, la pauvreté, la petitesse : malade, nu, étranger, prisonnier … Notre Dieu et sera toujours un Dieu vulnérable.  Saint Jean Chrysostome écrivait : « Tu veux honorer le corps du Christ ? Ne le méprise pas quand il est nu. Ne l’honore pas ici, dans l’église, avec des étoffes de soie, pour ensuite le négliger dehors où il souffre du froid et de la nudité. »  Notre travail de carême, de conversion est de le découvrir, de le dé-couvrir là où naturellement nous ne nous attendons pas à le trouver.  Et c’est un travail bien plus exigeant que de se passer de chocolat, fût-il Galler.

Et enfin, je vous redis la Parole du Lévitique : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »  Si vous mettez ce texte et l’évangile ensemble, vous comprenez que mon prochain est le lieu de la rencontre avec le Christ.  C’est là que je peux le voir, l’entendre, le toucher même.  C’est comme une autre eucharistie : je le vois dans le Pain consacré et dans le pauvre ; je l’entends dans les lectures du jour et dans le cri de l’opprimé ; je le touche au moment de la communion et lorsque je touche un malade.  Impossible de différencier, voire de dissocier l’amour de Dieu et l’amour de mon frère !  Mais avouons que parfois, on aimerait !

Le Carême n’est pas une montée solitaire vers Dieu, mais un chemin où l’on découvre que Dieu nous attend dans le visage de l’autre.   

 Seigneur, toi qui es saint, rends ton Église humble et lumineuse. Qu’elle ne cherche pas les grandeurs visibles, mais qu’elle te reconnaisse dans les petits, les oubliés, les blessés de la vie. Nous te prions.

Seigneur de justice, mets dans le cœur des dirigeants le souci du pauvre, de l’étranger et du fragile. Que leurs décisions soient guidées non par l’intérêt ou la peur, mais par le respect de toute dignité humaine. Nous te prions.

Seigneur Jésus, toi qui t’es identifié aux plus petits, sois pain pour celui qui a faim, présence pour celui qui est abandonné, lumière pour celui qui traverse la nuit. Et fais de nous des mains ouvertes.
Nous te prions.

Seigneur, apprends-nous à ne pas aimer en paroles seulement, mais en actes et en vérité. Donne-nous un regard capable de te reconnaître dans celui que nous évitons, dans celui qui nous dérange, dans celui qui nous demande du temps. Nous te prions.

Dieu fidèle, convertis nos cœurs en ce temps de Carême. Arrache de nous toute dureté, et fais grandir en nous la joie d’aimer comme tu aimes. Nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …


Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Choisir une personne précise — proche, collègue, voisin, personne isolée — et poser un acte simple mais réel :
un appel gratuit, une visite, une aide pratique, un message de réconciliation ou un geste discret de partage
En le faisant, se redire intérieurement : « Seigneur, c’est à toi que je le fais. »


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