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Lundi de la 5ème semaine

du Temps de l'Église

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, après la traversée, abordant à Génésareth Jésus et ses disciples accostèrent. Ils sortirent de la barque, et aussitôt les gens reconnurent Jésus : ils parcoururent toute la région, et se mirent à apporter les malades sur des brancards là où l’on apprenait que Jésus se trouvait. Et dans tous les endroits où il se rendait, dans les villages, les villes ou les campagnes, on déposait les infirmes sur les places. Ils le suppliaient de leur laisser toucher ne serait-ce que la frange de son manteau. Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés.

Il y a des passages de l’Écriture où Dieu se manifeste avec éclat, et d’autres où il choisit une présence plus discrète, presque silencieuse. Aujourd’hui, la Parole nous parle d’un Dieu qui demeure : il demeure dans la nuée du Temple, il demeure au milieu d’un peuple en marche, il demeure dans la chair blessée de ceux qui s’approchent de Jésus. Un Dieu qui ne domine pas de loin, mais qui choisit de s’installer au cœur de nos réalités humaines.

Dans la première lecture, l’Arche de l’Alliance est introduite dans le Temple. C’est un moment solennel, impressionnant. La nuée remplit la maison de Dieu. On ne voit plus rien. On ne maîtrise plus rien. Et Salomon ose cette parole étonnante : « Le Seigneur a décidé d’habiter la nuée obscure. » Dieu ne choisit pas la lumière aveuglante, mais la présence voilée. Il ne s’impose pas, il se rend proche sans écraser. Cela nous dit quelque chose d’essentiel : Dieu n’est pas un concept lumineux à posséder, il est une présence à accueillir.
Dans nos vies aussi, Dieu se donne souvent dans ce qui n’est pas clair, pas parfaitement compris, pas totalement maîtrisé. Heureusement… parce que si Dieu attendait que tout soit clair dans nos vies, il attendrait longtemps.

Dans l’Évangile, changement de décor. Plus de Temple, plus de nuée, plus de solennité. Jésus arrive sur le rivage. Et aussitôt, les gens accourent. Ils amènent les malades, les blessés, les fatigués. Ils ne demandent pas de grands discours. Ils veulent toucher le pan de son manteau. Et Jésus ne se protège pas. Il ne met pas de distance. Il se laisse approcher, toucher, presque envahir. Le même Dieu qui habitait la nuée accepte maintenant le contact. Il ne guérit pas par magie spectaculaire, mais par proximité. C’est peut-être la seule fois dans l’histoire où une foule bousculant quelqu’un est une bonne nouvelle…

Le psaume nous donnait la clé dès le départ : « Entrons dans la demeure du Seigneur. » Mais aujourd’hui, la demeure de Dieu ne se limite plus à un Temple. Elle devient mobile. Vivante. Humaine. Chaque fois que quelqu’un est accueilli, soulagé, écouté, Dieu demeure à nouveau. C’est ce qu’on appelle dans notre jargon, le huitième sacrement ou encore le sacrement de l’autre. 

Et si, aujourd’hui, nous acceptions d’être un peu moins solides, un peu moins organisés, pour laisser Dieu passer ?

 Pour ton Église, qu’elle ne soit jamais une forteresse, mais une demeure ouverte à ceux qui cherchent, nous te prions.

Pour les malades, les fatigués, les blessés de la vie, que ta proximité les relève, nous te prions.

Pour nos sociétés souvent pressées, apprends-nous la lenteur qui permet la rencontre, nous te prions.

Pour chacun de nous, fais de nos vies un lieu où l’on peut te toucher, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …


Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Aujourd’hui, poser un geste simple de proximité : prendre le temps d’un regard, d’une écoute, d’une présence vraie, sans chercher à résoudre quoi que ce soit. Juste être là.





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