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Mercredi de la 5ème semaine

du Temps de l'Église

Journée mondiale des malades

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, appelant de nouveau la foule, Jésus lui disait : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. » Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison, ses disciples l’interrogeaient sur cette parabole. Alors il leur dit : « Êtes-vous donc sans intelligence, vous aussi ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans l’homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur, parce que cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, pour être éliminé ? » C’est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments. Il leur dit encore : « Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui le rend impur. Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »

Aujourd’hui, l’Église élargit notre regard. Nous célébrons non seulement une messe « ordinaire », mais une Journée mondiale des malades — une lumière posée sur la souffrance humaine, sur tous ceux qui vivent dans l’épreuve du corps ou du cœur, sur ceux que la vie a marqué et n’a pas épargnés. Cette journée est animée d’un appel essentiel : celle de regarder la souffrance non pas comme un symptôme de faiblesse à cacher, mais comme un lieu où la compassion de Dieu se manifeste et nous conduit à aimer comme lui.

La première lecture est surprenante de splendeur. La reine de Saba traverse des milliers de kilomètres pour rencontrer le roi Salomon. Elle ne vient pas pour un tour de magie, mais pour éprouver la sagesse et la justice dont il est porteur. Dans sa quête, elle découvre que la vérité du roi dépasse ses attentes.
Quel rapport avec la maladie, me direz‑vous ? La maladie est, pour beaucoup, un long voyage intérieur. Elle nous confronte à une vérité que nous repoussons souvent : nous ne sommes pas maîtres de tout. Elle nous apprend à accueillir, à regarder en face, à toucher ce qui fait mal, à poser un regard sincère sur la vie. La reine de Saba ne se contente pas d’entendre parler de Salomon : elle vient à sa rencontre. Et nous ? Souvent, nous fuyons l’épreuve. Nous cherchons les chemins faciles, les paroles confortables, les solutions rapides. Mais la vraie rencontre — avec nous‑mêmes, avec les autres, avec Dieu — se trouve dans le lieu même de nos limites. Et c’est là que la compassion commence.

Le psaume 36 est un cri de confiance. Il ne promet pas l’absence de douleur. Il promet la proximité du Seigneur quand tout vacille. « Le Seigneur garde les pas de ses fidèles, mais le péché cause leur ruine ». Le psaume juxtapose deux réalités : la fidélité qui porte fruit, et celle qui s’use dans le mensonge ou la fuite. Et il conclut sur une image d’espérance profonde : Dieu prend soin de ceux qui l’aiment.
Ce n’est pas une promesse d’éradication des difficultés. C’est une promesse de présence. C’est l’invitation à déposer nos fragilités dans les mains de Dieu, non pour les effacer immédiatement, mais pour les traverser avec Lui. Dans le Message pour la Journée mondiale des malades, le pape Léon reprend l’image du bon Samaritain : le Samaritain ne passe pas son chemin. Il s’approche, il donne du temps, il s’investit dans une relation. Il identifie la souffrance comme une humanité à aimer, et non comme un problème à résoudre. Cela nous renverse. Car trop souvent, nous voulons être guéris avant d’être aimés, souvent la guérison tarde, mais l’amour entre peut déjà commencer.

Dans l’évangile de Marc, Jésus nous rappelle que ce qui rend pur n’est pas ce qui entre par la bouche, mais ce qui sort du cœur. Autrement dit, ce qui compte, ce n’est pas l’apparence, mais la disposition intérieure. La maladie nous met face à notre propre cœur : nos résistances, nos peurs, nos désirs de sécurité, nos attachements. Elle nous enseigne à ne plus juger la souffrance comme un signe d’échec, mais à reconnaître dans chaque visage marqué par la douleur une personne aimée de Dieu. Léon ne réduit pas cette mission à une question individuelle. Loin de là : il nous invite à faire de nos relations une compassion active, sociale, partagée. Soigner ne veut pas dire simplement guérir, cela veut dire s’approcher, prendre du temps, donner de soi. Dans la parabole du Samaritain que mentionne Léon, le Samaritain ne se contente pas de constater la souffrance : il s’y arrête, il se courbe, il engage son temps et sa vie. Et le pape ajoute que cela ne se fait pas isolément : nous sommes appelés à une compassion partagée, communautaire, où les proches, les soignants, les familles, les chrétiens deviennent ensemble un “nous” plus fort pour accompagner l’autre.

Aujourd’hui l’Église nous dit : La maladie n’est pas un lieu à éviter. C’est un lieu où tu peux découvrir le cœur de Dieu. Et toi, comment t’approches‑tu de la souffrance autour de toi ?
Laissons cette Journée mondiale du malade nous apprendre une chose simple : nous ne sommes pas seuls dans nos fragilités, et personne ne doit être seul dans la souffrance.

 Pour ton Église, qu’elle devienne une communauté de proximité et de compassion, où chacun trouve un regard qui ne détourne pas les yeux, nous te prions.

Pour les malades, pour ceux dont les corps souffrent, pour ceux dont les cœurs sont lourds, et pour ceux qui vivent une fatigue que personne ne voit, nous te prions.

Pour les soignants, les aidants, les familles, qu’ils trouvent la force de donner du temps, du respect, des gestes qui apaisent et réconfortent, nous te prions.

Pour notre monde blessé, où tant se sentent isolés, oubliés, rejetés, que la compassion devienne acte social et espérance partagée, nous te prions.

Pour chacun de nous, apprends‑nous à aimer comme le Samaritain, à ne pas passer notre chemin, et à faire de nos vies une offrande d’écoute et de présence, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …


Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Aujourd’hui, fais un geste simple mais réel de proximité envers une personne qui souffre, même si ce n’est qu’une présence silencieuse ou un simple message : un appel, un mot d’encouragement, accompagner quelqu’un sans parler, prendre du temps pour un proche malade. Que ce geste soit une petite incarnation de l’amour du Bon Samaritain.





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