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Mercredi des Cendres

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »

Aujourd’hui, le Carême commence. Souvent, ce mot évoque restriction, privation, effort, et nous fait peur. Mais regardons-le autrement : le Carême est avant tout une invitation à nous rapprocher de Dieu, à retrouver notre vraie liberté, à redevenir pleinement hommes et femmes à son image. Comme le dit le prophète Joël : « Revenez à moi de tout votre cœur, avec jeûne, pleurs et lamentations. »Mais ici, le retour à Dieu n’est pas un fardeau : c’est un appel à la joie, celle de se savoir aimés et désirés, pleinement.

Revenir à Dieu, ce n’est pas se condamner pour ses manquements. C’est prendre conscience de notre dignité, de notre humanité, de notre capacité à aimer et à être aimés. Le psalmiste nous le rappelle : « Crée en moi un cœur pur, Seigneur, renouvelle en moi un esprit droit. » Ce n’est pas un appel à se blâmer, mais à redevenir nous-mêmes, à nous libérer de ce qui nous étouffe. Tout cela peut tomber, non par contrainte, mais par la joie de sentir Dieu agir en nous. Le Carême n’est pas une punition, c’est un retour à la maison du Père.

Dans l’Évangile, Jésus parle du jeûne et de la prière : « Lorsque vous jeûnez, parfumez-vous et lavez-vous le visage… » Il ne s’agit pas de se rendre triste ou morose. L’ascèse du Carême n’est pas un but en soi. Elle libère : elle nous montre que nous ne sommes pas esclaves de nos désirs, de nos habitudes, de nos peurs. La conversion est un chemin infini, parce que notre cœur peut toujours s’ouvrir davantage à Dieu et aux autres. Mais ce chemin n’est jamais pesant : il est un chemin de vie, de joie et de liberté. Même un petit geste de renoncement, offert dans la lumière de l’amour de Dieu, devient une danse intérieure de liberté.

Paul nous rappelle : « Voici maintenant le moment favorable, voici maintenant le jour du salut. » Le Carême, c’est le moment présent pour accueillir Dieu, pas un calendrier de contraintes. La prière, le partage, le jeûne : ce ne sont pas des cases à cocher, mais des occasions de sentir la proximité de Dieu. Dans le silence de nos cœurs, dans la rencontre d’un frère ou d’une sœur, dans un geste simple, gratuit, sincère…
Dieu n’attend pas de nous la perfection, il attend que nous nous laissions aimer, et que cette liberté intérieure se traduise en vie pour les autres.

Le Carême n’est pas un temps de privation pour la privation. C’est un temps de joie, de liberté, de vie, pour nous rappeler que Dieu nous veut pleinement humains et pleinement libres. Il ne s’agit pas de s’acharner sur nos manquements, mais de s’ouvrir à son amour, encore et encore, et de le laisser agir dans notre cœur.

 Pour ton Église, qu’elle soit un phare de joie et de liberté, que son Carême soit un chemin de lumière, et non de lourdeur, nous te prions.

Pour les malades, les fragiles et ceux qui se sentent perdus, qu’ils ressentent ta proximité et ta tendresse, et qu’ils trouvent la paix dans le souffle de ton amour, nous te prions.

Pour le monde, pour les cœurs fermés, les peuples divisés, les injustices silencieuses, que la vérité et la miséricorde de Dieu se fassent entendre, nous te prions.

Pour chacun de nous, apprends-nous à accueillir ton amour sans peur, à marcher librement vers Toi, et à transformer nos gestes simples en semences de vie et de joie, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …


Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Aujourd’hui, Aujourd’hui, choisir un petit geste de liberté intérieure : offrir un sourire sincère à quelqu’un que l’on croise, prendre un temps de silence pour prier, se détacher d’une habitude qui nous retient pour faire un acte gratuit de bonté.


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