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Sainte Scholastique

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, se réunissent auprès de Jésus, et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées. – Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, par attachement à la tradition des anciens ; et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques : lavage de coupes, de carafes et de plats. Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas avec des mains impures. » Jésus leur répondit : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes. » Il leur disait encore : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour établir votre tradition. En effet, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère. Et encore : Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort. Mais vous, vous dites : Supposons qu’un homme déclare à son père ou à sa mère : “Les ressources qui m’auraient permis de t’aider sont korbane, c’est-à-dire don réservé à Dieu”, alors vous ne l’autorisez plus à faire quoi que ce soit pour son père ou sa mère ; vous annulez ainsi la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »

Avouons que parfois, nos prières sont trop belles … dans leur style. Écoutons les prières des enfants, elles, elles naissent d’un cœur qui sait à qui il parle. Aujourd’hui, entre la prière de Salomon, le cri du psaume, l’affrontement de Jésus avec les pharisiens, et la figure toute discrète de sainte Scholastique, une question traverse la Parole : où est vraiment notre cœur quand nous parlons de Dieu ?

Dans la première lecture, Salomon fait une prière magnifique. Il reconnaît la grandeur de Dieu : « Les cieux des cieux ne peuvent te contenir… » Autrement dit : Dieu n’est pas enfermé dans un Temple, aussi splendide soit-il. Et pourtant — paradoxe bouleversant —Salomon ose demander : « Écoute la prière que ton serviteur t’adresse. » Dieu ne tient pas dans nos murs, mais il se laisse toucher par une voix, par une supplication, par un cœur tourné vers lui. Cela dit quelque chose de très simple pour nous : Dieu ne cherche pas des lieux parfaits, mais des cœurs ouverts. Heureusement, parce que nos cœurs sont rarement bien rangés…

Dans l’Évangile, le ton change. Jésus ne fait pas de détour. Il dénonce une foi devenue extérieure, technique, correcte, mais déconnectée du cœur. « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. » Le problème n’est pas la tradition. Le problème, c’est quand la tradition devient un écran, un alibi, une manière d’éviter la conversion intérieure. Nous connaissons cela : faire ce qu’il faut, dire ce qu’il faut, tout en protégeant certaines zones de notre vie. Jésus ne méprise pas la loi, il refuse qu’elle remplace l’amour. Dieu ne veut pas être respecté à distance. Il veut être aimé en vérité.

Et c’est là que la figure de sainte Scholastique devient lumineuse. Scholastique ne discute pas avec Benoît sur des règles. Elle ne plaide pas un règlement. Elle désire simplement demeurer en présence de Dieu. Elle prie. Et Dieu répond. Saint Grégoire le Grand conclut cet épisode par une phrase célèbre : « Elle a pu davantage parce qu’elle a aimé davantage. » Voilà une clé spirituelle immense.
Scholastique ne gagne pas par autorité, mais par amour. Elle ne contraint pas, elle consent. Parfois, Dieu écoute plus vite une prière amoureuse qu’un argument bien structuré.

Aujourd’hui, la Parole nous invite à un déplacement intérieur : passer du formel au vrai, du cadre au cœur, de l’habitude à la relation. Et peut-être à poser cette question simple : mon cœur est-il vraiment là où mes lèvres parlent ?

 Pour ton Église, qu’elle ne se contente jamais de te dire, mais qu’elle ose te vivre, nous te prions.

Pour celles et ceux dont la foi est devenue routinière, ranime le désir, réveille l’élan du cœur, nous te prions.

Pour nos communautés, qu’elles soient des maisons où l’on habite ta présence plus qu’on n’y applique des règles, nous te prions.

Pour chacun de nous, purifie ce qui est dit sans être vécu, et rapproche notre cœur du tien, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …


Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Aujourd’hui, prendre un moment de prière très simple, sans texte ni formule : dire à Dieu, avec ses propres mots, ce qui habite vraiment le cœur. Pas longtemps. Mais vrai.




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