Saints Paul Miki et ses compagnons
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
En ce temps-là, comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler. On disait : « C’est Jean, celui qui baptisait : il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. » Certains disaient : « C’est le prophète Élie. » D’autres disaient encore : « C’est un prophète comme ceux de jadis. » Hérode entendait ces propos et disait : « Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! » Car c’était lui, Hérode, qui avait donné l’ordre d’arrêter Jean et de l’enchaîner dans la prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe, que lui-même avait prise pour épouse. En effet, Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir. Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée. La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. » Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. » Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu’est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean, celui qui baptise. » Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.
Les martyrs dérangent. Pas parce qu’ils sont héroïques, mais parce qu’ils posent une question simple et radicale : Qu’est-ce qui, dans ma vie, mérite que je tienne debout ?Saint Paul Miki et ses compagnons, crucifiés sur une colline près de Nagasaki au XVIème siècle, ne sont pas morts pour une idée. Ils sont morts parce qu’ils avaient découvert une relation qui valait plus que leur sécurité, plus que leur réputation, plus que leur avenir.
Les lectures d’aujourd’hui parlent de maîtrise intérieure, de peur, et de confiance enracinée en Dieu.Trois chemins possibles… et une décision intérieure à poser.
Le livre de Ben Sira est très concret. Il parle de la peur, du regard des autres, du souci de l’image, de l’honneur, de ce qu’on va dire. Ce texte peut nous gêner, mais il met le doigt sur quelque chose de très actuel : la peur de perdre la face. La peur n’est pas toujours spectaculaire. Elle se glisse dans nos choix : peur de déplaire, peur d’être jugé, peur de perdre une place, une reconnaissance, un confort.Hérode, dans l’Évangile, est exactement là. Il sait ce qui est juste. Il sait que Jean est un homme droit. Il l’écoute même avec intérêt. Mais il a plus peur de son entourage que de sa conscience. Et cette peur finit par tuer. Saint Paul Miki, lui, n’a pas cherché à protéger son image. Il a choisi la liberté intérieure. Et cela change tout.Le problème n’est pas d’avoir peur. Le problème, c’est quand la peur décide à notre place.
Le psaume 17 est un cri de confiance impressionnant : « Le Seigneur est mon rocher. » Ce n’est pas la prière de quelqu’un qui n’a jamais connu l’épreuve. C’est la prière de quelqu’un qui a compris où s’appuyer. Les martyrs ne sont pas des gens forts. Ce sont des gens « appuyés ». Saint Paul Miki, crucifié sur une colline, prêche encore depuis sa croix. Non pas avec des discours violents, mais avec une paix désarmante. Pourquoi ? Parce que sa vie ne reposait pas sur lui-même, mais sur Dieu.Quand on sait où est son appui, on peut traverser ce qui ferait tomber les autres. La foi ne supprime pas les tempêtes, elle évite de croire que nous sommes seuls à ramer.
Jean-Baptiste n’est pas mort parce qu’il provoquait. Il est mort parce qu’il disait la vérité, sans violence, sans calcul. L’amour de Dieu n’est jamais neutre. Il éclaire. Il révèle. Il dérange ce qui repose sur le mensonge. Et Hérode n’a pas supporté cette lumière.Saint Paul Miki et ses compagnons ont accepté cette logique : aimer Dieu, c’est parfois accepter de ne pas être compris. Mais ils savaient une chose : la vérité peut être écrasée, elle ne peut pas être supprimée. Et c’est cette certitude qui donne une paix incroyable, même au cœur de la persécution.
Les martyrs ne nous demandent pas de chercher l’épreuve. Ils nous demandent de choisir clairement. Choisir la liberté plutôt que la peur.Choisir la vérité plutôt que l’image. Choisir Dieu plutôt que les compromis. Et découvrir que cette fidélité, loin de nous enfermer, nous rend profondément vivants.
Pour ton Église, qu’elle ne se laisse jamais gouverner par la peur, mais qu’elle demeure libre, humble et courageuse dans l’annonce de l’Évangile, nous te prions.
Pour ceux qui témoignent de leur foi au prix de leur vie, soutiens-les dans l’épreuve et fais de leur fidélité une semence d’espérance, nous te prions.
Pour les responsables politiques et sociaux, libère-les de la peur du regard et du pouvoir, et donne-leur le courage de servir la justice, nous te prions.
Pour ceux qui vivent des combats intérieurs, partagés entre leur conscience et leurs intérêts, donne-leur ta lumière et ta paix, nous te prions.
Pour nous rassemblés aujourd’hui, apprends-nous à choisir la vérité sans dureté et la fidélité sans orgueil, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

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