Vendredi de la 1ère semaine de carême
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »
Il est bien difficile parfois de ne pas traîner son passé comme un boulet : ce que je n’ai pas fait, ce que j’aurais dû faire, mes blessures … et vous pouvez continuer. Nous avons de la peine à dire cette phrase tellement grandissante : « Aujourd’hui, je commence ». Dans le livre d’Ézékiel, Dieu dit qu’il y a toujours une possibilité de retournement : « si le méchant se détourne ». Autrement dit, aux yeux de Dieu, un méchant n’est pas enfermé dans sa méchanceté, il peut en sortir. Dieu ne nous enferme jamais dans notre histoire, dans notre passé. À Pierre qui l’a renié, il lui ouvre un chemin nouveau au temps de la Résurrection … et quel chemin nouveau : guider son Église.
Nous connaissons tous le psaume 129 et pour les jeunes depuis longtemps parmi nous, son commencement en latin : « De profundis ». C’est vrai qu’il était toujours chanté lors des funérailles. De nouveau, cela pourrait nous enfermer dans notre passé. « Je suis au bout du bout et je n’en sortirai jamais ». Mais le psaume a toujours cet optimisme divin : « Près du Seigneur est l’amour, près de lui abonde le rachat ». Dieu est amour, il n’est qu’amour et donc son pardon est abondant, surabondant. « Je peux tout en celui qui est ma force », écrira Paul
Et enfin, l’évangile. Jésus parle de justice et ici encore, il y a de quoi déprimer : comment être encore plus justes que les justes de l’époque ??? Ils sont justes, il faut le reconnaître, mais au niveau de l’observance ; on dirait aujourd’hui du Droit Canon. C’est bien, mais « peut mieux faire ». Jésus, lui, nous invite non pas à faire plus mais à aller en profondeur : que notre amour pour les autres dépasse ce que je peux faire ou ce qui m’est interdit de faire. Le Seigneur nous invite à élargir notre cœur. Qu’il ne soit pas le lieu de la morale, mais le lieu de l’amour. Amen
Dieu de patience et de lumière, nous te confions ton Église : qu’elle soit une maison où l’on apprend à se parler avec vérité et tendresse.
Nous te confions les peuples blessés par la guerre et les divisions : mets dans le cœur des responsables le courage du dialogue et dans le cœur des peuples le désir de paix.
Nous te confions celles et ceux qui portent une colère ancienne, une blessure jamais dite, un pardon difficile : viens déposer en eux ta douceur.
Nous te confions notre communauté : que ce Carême soit pour nous un printemps de relations renouvelées, où chacun trouve sa place et sa dignité.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

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