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Vendredi de la 5ème semaine

du Temps de l'Église

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus quitta le territoire de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole. Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler, et supplient Jésus de poser la main sur lui. Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, avec sa salive, lui toucha la langue. Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! » Ses oreilles s’ouvrirent ; sa langue se délia, et il parlait correctement. Alors Jésus leur ordonna de n’en rien dire à personne ; mais plus il leur donnait cet ordre, plus ceux-ci le proclamaient. Extrêmement frappés, ils disaient : « Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets. »

La Parole d’aujourd’hui nous entraîne sur deux chemins : d’un côté, le récit de la division du Royaume de Salomon, où les tensions humaines font éclater ce qui semblait solide ; de l’autre, l’Évangile où Jésus guérit un homme sourd et muet, redonne la parole et ouvre les oreilles. Ces deux images — le Royaume fracturé et l’homme restauré — nous invitent à réfléchir sur les blessures humaines et la puissance restauratrice de Dieu.

Dans la première lecture, nous voyons le Royaume se scinder à cause des ambitions et des conflits. Salomon avait tout pour réussir : sagesse, richesse, popularité. Et pourtant, le cœur humain reste fragile. Même ce qui semble parfait peut se fissurer. Dans nos vies aussi, combien de relations, de projets, ou même de routines spirituelles se brisent ou se compliquent par notre orgueil ou notre manque de confiance ? Dieu ne contrôle pas nos erreurs. Il ne nous épargne pas les conséquences. Mais il reste à l’affût, prêt à transformer les fissures en occasion de conversion. Même quand tout semble s’effondrer, Dieu n’abandonne jamais la construction de nos vies.

L’Évangile est une image saisissante : un homme sourd et muet est amené à Jésus. Jésus prend son temps, l’emmène à l’écart, touche ses oreilles et sa langue, et lui redonne la parole et l’ouïe. Le geste est concret. Le changement est immédiat. Mais ce n’est pas qu’une guérison physique : c’est une ouverture du cœur et de la vie. Dieu ne se limite pas à réparer l’extérieur ; il restaure l’intérieur.
Comme le souligne le psaume 80 : « Écoute, Seigneur, et réponds-nous, car nous sommes ton peuple. » Dieu écoute nos cris, nos blessures, nos incapacités, et il agit pour nous rendre capables de vivre, d’aimer, de parler et d’entendre. Parfois, il suffit de laisser Dieu toucher ce que l’on croyait irréparable.

Aujourd’hui, le message est clair : la restauration de Dieu passe par notre confiance et notre disponibilité. Le Royaume peut se fissurer, les vies peuvent sembler bloquées, mais si nous amenons nos limites à Jésus, il agit. Se laisser aimer, ce n’est pas rester passif, c’est accueillir la guérison que Dieu offre, même là où tout semble bloqué.

Aujourd’hui, la Parole nous appelle à deux gestes : reconnaître la fragilité de nos constructions humaines et nos limites personnelles ; accepter que Jésus, par son toucher et sa présence, restaure et fait grandir.

 Pour ton Église, qu’elle soit un lieu où l’on accueille et restaure, et non où l’on juge ou divise, nous te prions.

Pour les personnes blessées, isolées ou muettes dans leur cœur, que ton souffle ouvre leurs oreilles et leur langue, et qu’elles puissent entendre ton amour et le dire autour d’elles, nous te prions.

Pour nos familles et nos communautés, qu’elles deviennent des espaces de guérison, d’écoute et de réconciliation, nous te prions.

Pour chacun de nous, apprends-nous à nous laisser toucher par toi, à laisser notre cœur et nos sens s’ouvrir à la vie nouvelle, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …


Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Aujourd’hui, faire un geste pour quelqu’un qui ne peut s’exprimer facilement : écouter patiemment, encourager par un mot simple, offrir un soutien discret mais réel.
Ainsi, nous devenons instruments de la guérison de Jésus.
   

  






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