L'Annonciation à Marie
En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.
Dans l’Évangile de l’Annonciation, il se passe quelque chose d’absolument renversant… Dieu envoie un ange, Dieu parle, Dieu promet… et — chose incroyable — Dieu n’impose rien. Pas de contrat à signer en bas de page, pas d’ultimatum de 48 heures ou de 5 jours », pas de mail de relance céleste : « Marie, ceci est un rappel automatique… » Non. Dieu attend.Marie est troublée. Et franchement, on la comprend. Un ange dans le salon, une promesse impossible, et un avenir complètement bouleversé… Elle ne dit pas tout de suite oui. Elle questionne. Elle cherche. Elle avance à petits pas. Et Dieu accepte cela. Il accepte notre rythme, nos lenteurs, nos questions parfois un peu embrouillées. Encore une fois, Dieu se fait petit, presque discret, comme s’il frappait doucement à la porte au lieu de l’enfoncer. Car tout commence ainsi : par une relation libre.Bernard de Clairvaux l’a magnifiquement écrit : « Le monde entier attend ta réponse… » C’est vertigineux : Dieu suspend, en quelque sorte, le cours de l’histoire à un « oui » humain.Et en même temps, c’est profondément rassurant : Dieu ne nous écrase pas… il nous fait confiance.
La lettre aux Hébreux nous fait entendre cette parole du Christ : « Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. » Et Marie répond : « Voici la servante du Seigneur. » Servante… mais pas esclave. Dans la Bible, le serviteur est un collaborateur, quelqu’un qui entre dans l’œuvre de Dieu. Marie dit en quelque sorte : « D’accord… je veux bien participer. » Mais — et c’est important pour nous rassurer tous — cela ne veut pas dire qu’elle comprend tout, qu’elle maîtrise tout, qu’elle voit tout le plan. Elle dit oui… dans le brouillard.Un peu comme nous quand on clique sur “j’accepte les conditions”…sauf que, contrairement à nous, elle a au moins pris le temps de poser une question avant !Irénée, ce grand évêque de Lyon écrit : « Par son obéissance, Marie est devenue cause de salut… » Mais attention : l’“obéissance”, ici,ce n’est pas obéir les yeux fermés, c’est écouter avec confiance. C’est ouvrir l’oreille… et le cœur.
Et enfin, il y a ce détail magnifique, presque déroutant : Dieu entre dans notre histoire… telle qu’elle est. La prophétie d’Isaïe s’accomplit : « Voici que la jeune femme est enceinte… » Et cette jeune femme, ce n’est pas une reine, pas une célébrité, pas une influenceuse de Dubaï avec des millions d’abonnés. C’est une jeune fille, dans un village dont personne ne parlait, dans une maison ordinaire. Nazareth. Autant dire : pas exactement la capitale du monde. Et pourtant… c’est là que Dieu choisit d’entrer. Parce que Dieu n’aime pas seulement les grands moments spectaculaires —il aime le quotidien, les vies simples, les histoires discrètes.Augustin le dit avec profondeur : « Il a choisi une mère qu’il avait créée, il a créé une mère qu’il avait choisie. »Dieu entre dans une vie ordinaire pour y faire naître l’extraordinaire.Alors, peut-être que la bonne nouvelle de cette fête, c’est celle-ci : nous n’avons pas besoin d’avoir tout compris, ni d’être prêts à 100 %. Il suffit peut-être simplement d’oser, à notre manière, dans le désordre de nos vies, dans le flou de nos questions, dire un petit mot, presque fragile, presque tremblant : « Me voici. » Et visiblement… Dieu sait faire des merveilles avec ce genre de choses.
Pour ton Église, appelée à garder ta Parole et à la méditer dans son cœur, qu’elle soit comme une terre féconde visitée par ton Esprit, où le Verbe prend chair pour aujourd’hui, et qu’elle rayonne, au milieu du monde, comme une humble demeure de ta présence. Seigneur, nous te prions.
Pour les peuples de la terre, là où les voix se mêlent et se heurtent comme les vents contraires, fais entendre la brise légère de ta Parole, celle qui apaise et qui relève, et suscite des veilleurs qui disent « oui » à la vie, et ouvrent des chemins de paix. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui marchent dans la nuit, ceux dont le cœur est troublé comme celui de Marie, ceux qui ne comprennent pas les chemins qui s’ouvrent devant eux, envoie ton Ange les rejoindre dans leur obscurité, et fais lever en eux la lumière de ta confiance. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux que tu appelles en secret, ceux qui entendent une parole sans oser y répondre, ceux qui pressentent ta présence sans la nommer, ouvre leur oreille comme tu ouvres celle des serviteurs, et mets sur leurs lèvres un « me voici » libre et confiant. Seigneur, nous te prions.
Pour nous tous rassemblés aujourd’hui, toi qui fais toutes choses nouvelles, apprends-nous à accueillir ta Parole jour après jour, à la laisser descendre dans la terre de nos vies, et à porter du fruit en patience et en paix. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …
Dans l’Évangile de l’Annonciation, il se passe quelque chose d’absolument renversant… Dieu envoie un ange, Dieu parle, Dieu promet… et — chose incroyable — Dieu n’impose rien. Pas de contrat à signer en bas de page, pas d’ultimatum de 48 heures ou de 5 jours », pas de mail de relance céleste : « Marie, ceci est un rappel automatique… » Non. Dieu attend.
Marie est troublée. Et franchement, on la comprend. Un ange dans le salon, une promesse impossible, et un avenir complètement bouleversé… Elle ne dit pas tout de suite oui. Elle questionne. Elle cherche. Elle avance à petits pas. Et Dieu accepte cela. Il accepte notre rythme, nos lenteurs, nos questions parfois un peu embrouillées. Encore une fois, Dieu se fait petit, presque discret, comme s’il frappait doucement à la porte au lieu de l’enfoncer. Car tout commence ainsi : par une relation libre.
Bernard de Clairvaux l’a magnifiquement écrit : « Le monde entier attend ta réponse… » C’est vertigineux : Dieu suspend, en quelque sorte, le cours de l’histoire à un « oui » humain.
Et en même temps, c’est profondément rassurant : Dieu ne nous écrase pas… il nous fait confiance.
La lettre aux Hébreux nous fait entendre cette parole du Christ : « Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. » Et Marie répond : « Voici la servante du Seigneur. » Servante… mais pas esclave. Dans la Bible, le serviteur est un collaborateur, quelqu’un qui entre dans l’œuvre de Dieu. Marie dit en quelque sorte : « D’accord… je veux bien participer. » Mais — et c’est important pour nous rassurer tous — cela ne veut pas dire qu’elle comprend tout, qu’elle maîtrise tout, qu’elle voit tout le plan. Elle dit oui… dans le brouillard.
Un peu comme nous quand on clique sur “j’accepte les conditions”…
sauf que, contrairement à nous, elle a au moins pris le temps de poser une question avant !
Irénée, ce grand évêque de Lyon écrit : « Par son obéissance, Marie est devenue cause de salut… » Mais attention : l’“obéissance”, ici,
ce n’est pas obéir les yeux fermés, c’est écouter avec confiance. C’est ouvrir l’oreille… et le cœur.
Et enfin, il y a ce détail magnifique, presque déroutant : Dieu entre dans notre histoire… telle qu’elle est. La prophétie d’Isaïe s’accomplit : « Voici que la jeune femme est enceinte… » Et cette jeune femme, ce n’est pas une reine, pas une célébrité, pas une influenceuse de Dubaï avec des millions d’abonnés. C’est une jeune fille, dans un village dont personne ne parlait, dans une maison ordinaire. Nazareth. Autant dire : pas exactement la capitale du monde. Et pourtant… c’est là que Dieu choisit d’entrer. Parce que Dieu n’aime pas seulement les grands moments spectaculaires —
il aime le quotidien, les vies simples, les histoires discrètes.
Augustin le dit avec profondeur : « Il a choisi une mère qu’il avait créée, il a créé une mère qu’il avait choisie. »
Dieu entre dans une vie ordinaire pour y faire naître l’extraordinaire.
Alors, peut-être que la bonne nouvelle de cette fête, c’est celle-ci : nous n’avons pas besoin d’avoir tout compris, ni d’être prêts à 100 %. Il suffit peut-être simplement d’oser, à notre manière, dans le désordre de nos vies, dans le flou de nos questions, dire un petit mot, presque fragile, presque tremblant : « Me voici. » Et visiblement… Dieu sait faire des merveilles avec ce genre de choses.
Pour ton Église, appelée à garder ta Parole et à la méditer dans son cœur, qu’elle soit comme une terre féconde visitée par ton Esprit, où le Verbe prend chair pour aujourd’hui, et qu’elle rayonne, au milieu du monde, comme une humble demeure de ta présence. Seigneur, nous te prions.
Pour les peuples de la terre, là où les voix se mêlent et se heurtent comme les vents contraires, fais entendre la brise légère de ta Parole, celle qui apaise et qui relève, et suscite des veilleurs qui disent « oui » à la vie, et ouvrent des chemins de paix. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui marchent dans la nuit, ceux dont le cœur est troublé comme celui de Marie, ceux qui ne comprennent pas les chemins qui s’ouvrent devant eux, envoie ton Ange les rejoindre dans leur obscurité, et fais lever en eux la lumière de ta confiance. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux que tu appelles en secret, ceux qui entendent une parole sans oser y répondre, ceux qui pressentent ta présence sans la nommer, ouvre leur oreille comme tu ouvres celle des serviteurs, et mets sur leurs lèvres un « me voici » libre et confiant. Seigneur, nous te prions.
Pour nous tous rassemblés aujourd’hui, toi qui fais toutes choses nouvelles, apprends-nous à accueillir ta Parole jour après jour, à la laisser descendre dans la terre de nos vies, et à porter du fruit en patience et en paix. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

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