Mardi de la 4ème semaine de carême
À l’occasion d’une fête juive, Jésus monta à Jérusalem. Or, à Jérusalem, près de la porte des Brebis, il existe une piscine qu’on appelle en hébreu Bethzatha. Elle a cinq colonnades, sous lesquelles étaient couchés une foule de malades, aveugles, boiteux et impotents. Il y avait là un homme qui était malade depuis trente-huit ans. Jésus, le voyant couché là, et apprenant qu’il était dans cet état depuis longtemps, lui dit : « Veux-tu être guéri ? » Le malade lui répondit : « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau bouillonne ; et pendant que j’y vais, un autre descend avant moi. » Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. » Et aussitôt l’homme fut guéri. Il prit son brancard : il marchait ! Or, ce jour-là était un jour de sabbat. Les Juifs dirent donc à cet homme que Jésus avait remis sur pied : « C’est le sabbat ! Il ne t’est pas permis de porter ton brancard. » Il leur répliqua : « Celui qui m’a guéri, c’est lui qui m’a dit : “Prends ton brancard, et marche !” » Ils l’interrogèrent : « Quel est l’homme qui t’a dit : “Prends ton brancard, et marche” ? » Mais celui qui avait été rétabli ne savait pas qui c’était ; en effet, Jésus s’était éloigné, car il y avait foule à cet endroit. Plus tard, Jésus le retrouve dans le Temple et lui dit : « Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire. » L’homme partit annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri. Et ceux-ci persécutaient Jésus parce qu’il avait fait cela le jour du sabbat.
Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous raconte des histoires d’eau. Non pas l’eau tranquille des fontaines décoratives, mais l’eau vive, celle qui naît dans le secret de la terre et qui finit par transformer les paysages.Dans la vision du prophète Ezekiel, un mince filet d’eau s’échappe du Temple de Jerusalem. Au début, presque rien : un frémissement au pied des pierres, un murmure discret. Mais ce filet devient un ruisseau, puis une rivière, puis un fleuve immense. Et partout où passe cette eau, la vie recommence : le désert se couvre de verdure, les arbres se chargent de fruits, et même la mer morte retrouve le mouvement des poissons.Cette vision est comme une parabole de la manière d’agir de Dieu. Dieu ne fait pas irruption avec fracas. Il n’éblouit pas par la force. Il commence souvent par une chose minuscule : un enfant dans une crèche, une parole murmurée sur un chemin, un pain partagé à table, une croix dressée hors des murs de la ville. Rien qui semble extraordinaire aux yeux du monde.Et pourtant, la grâce de Dieu ressemble à une source dans la montagne : elle commence discrètement, mais elle finit toujours par porter la vie. Le Carême nous apprend justement cela : ne pas attendre seulement de grands signes éclatants, mais reconnaître les petites sources qui jaillissent déjà dans nos vies et dans l’histoire du monde.Dans l’Évangile, Jésus arrive près d’une piscine entourée de cinq portiques, la piscine de Bethzatha. Sous ces portiques reposent des malades, des aveugles, des paralysés. Un homme s’y trouve depuis trente-huit ans. Augustin voyait dans ces cinq portiques une image des cinq livres de la Loi, le Pentateuque. Et il écrivait : « Les cinq portiques représentent la Loi : elle montre les malades, mais elle ne les guérit pas. » Trente-huit ans d’attente… presque la durée de la marche des Hébreux dans le désert.Un long désert d’immobilité, une vie suspendue à l’espoir que l’eau se mette un jour à frémir.Mais ce jour-là, quelque chose d’inattendu se produit. Pendant des années, cet homme a regardé l’eau en attendant qu’elle bouge. Or ce jour-là, ce n’est pas l’eau qui s’agite. C’est Dieu lui-même qui ‘s’agite’, qui vient vers lui. La source qu’il attendait depuis si longtemps ne surgit pas de la piscine. Elle se tient debout devant lui.Et tout change. Car le salut ne vient pas de notre capacité à arriver les premiers, ni d’un volontarisme fatiguant. Nous sommes sauvés parce que nous rencontrons celui qui relève les hommes.Cet homme attendait un miracle spectaculaire dans l’eau agitée. Mais la guérison arrive autrement. Par une parole. Et par un pas à faire.Comme toujours dans l’Évangile, la vie nouvelle naît de cette alliance : la parole de Dieu qui appelle, et le pas de l’homme qui répond. « Lève-toi, prends ton brancard et marche. » Et voilà que la vie recommence à circuler.Car à quoi servirait la guérison si c’était pour rester immobile au même endroit ? La vie nouvelle commence quand cet homme se met en marche. Et peut-être est-ce cela que le Seigneur nous demande aujourd’hui : non pas des exploits spirituels, mais simplement le premier pas possible. Et ce premier pas suffit souvent pour que la vie recommence à couler.Le fleuve d’Ézéchiel sortait du Temple pour donner la vie au désert.Mais l’Évangile nous révèle quelque chose de plus profond encore. Le vrai Temple n’est plus seulement un bâtiment de pierres. Le vrai Temple, c’est le Christ lui-même. Et du cœur ouvert de Jésus coule désormais pour toujours la source de la vie. Une eau qui nous est donnée dans le baptême, une eau qui ne cesse de traverser l’histoire du monde comme un fleuve silencieux. Et partout où cette eau parvient, la vie peut recommencer.
Pour ton Église répandue à travers le monde : qu’elle devienne au milieu des peuples comme ce fleuve qui jaillit du Temple dans la vision du prophète, portant guérison, consolation et espérance à ceux qui ont soif de sens et de paix. Seigneur, nous te prions.
Pour les nations de la terre : là où la violence, l’injustice et la peur dessèchent la vie des peuples, fais jaillir des sources de paix et de fraternité afin que les hommes apprennent à habiter la terre comme des frères. Seigneur, nous te prions.
Pour les malades, les personnes éprouvées et ceux qui attendent une guérison : que la parole du Christ, plus forte que nos immobilités et nos découragements, les relève et leur redonne confiance dans la vie. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui se sentent paralysés par la peur, la solitude ou l’échec : que ton Esprit fasse couler en eux l’eau vive de ton amour et qu’ils retrouvent le courage de se relever. Seigneur, nous te prions.
Pour notre communauté rassemblée aujourd’hui : que ta parole devienne pour nous comme une source au milieu du désert et qu’elle fasse grandir en nous la joie, la confiance et la vie. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …
Pour les nations de la terre : là où la violence, l’injustice et la peur dessèchent la vie des peuples, fais jaillir des sources de paix et de fraternité afin que les hommes apprennent à habiter la terre comme des frères. Seigneur, nous te prions.
Pour les malades, les personnes éprouvées et ceux qui attendent une guérison : que la parole du Christ, plus forte que nos immobilités et nos découragements, les relève et leur redonne confiance dans la vie. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui se sentent paralysés par la peur, la solitude ou l’échec : que ton Esprit fasse couler en eux l’eau vive de ton amour et qu’ils retrouvent le courage de se relever. Seigneur, nous te prions.
Pour notre communauté rassemblée aujourd’hui : que ta parole devienne pour nous comme une source au milieu du désert et qu’elle fasse grandir en nous la joie, la confiance et la vie. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

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