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Mercredi de la 2ème semaine de carême 

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus, montant à Jérusalem, prit à part les Douze disciples et, en chemin, il leur dit : « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort et le livreront aux nations païennes pour qu’elles se moquent de lui, le flagellent et le crucifient ; le troisième jour, il ressuscitera. » Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. » Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. » Il leur dit : « Ma coupe, vous la boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. » Les dix autres, qui avaient entendu, s’indignèrent contre les deux frères. Jésus les appela et dit : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Depuis quelques jours, on voit la force et la puissance à l’œuvre.  Chaque partie veut montrer se force et veut prouver qu’il l’emportera par cette même force.  Et la première lecture et l’évangile de ce jour nous montre l’exact opposé.  La Parole de Dieu ne se donne pas avec force et puissance.  Elle est exposée comme une cible que l’on peut atteindre très facilement.  C’est ce que vit Jérémie dans ses fameuses jérémiades.  Mais en même temps, il dit au Seigneur : « Souviens-toi que je me suis tenu en ta présence ».  Et le larron sur la croix dira aussi : « Souviens-toi de moi quand tu seras dans ton Royaume ».  Et pas de problème.  C’est le psaume 104 qui dira : « Le Seigneur s’est toujours souvenu de son alliance ».  Alors, avec Jérémie, n’ayons pas peur de nos fragilités puisque nous sommes toujours dans la main de Dieu. 

Dans l’Évangile, les disciples et maman Zébédée rêvent de places d’honneur. Jésus ne les humilie pas ; il les déplace :
« Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir. » Il ne condamne pas leur désir d’être grands ; il en révèle la vraie direction. On pourrait dire en enlevant juste une syllabe que la vraie grandeur n’est pas domination mais donation. Une petite syllabe qui change tout. Le Carême est ce lieu où nous faisons l’apprentissage de la joie de servir. Après le lavement des pieds, Jésus dira dans un long discours : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que vous soyez comblés de joie »

Le psaume 30 chante la confiance au cœur de l’épreuve. Saint Augustin dans ses « Enarrationes in Psalmos » écrivait : « Lorsque nous chantons ‘En tes mains je remets mon esprit’, ce n’est pas seulement David ou Jérémie qui parlent, c’est Jésus sur la croix. Il ne subit pas sa mort, il la remet. Il demeure libre, parce qu’il se confie ». Et Augustin ajoutait : « Ce que le Christ a fait une fois dans sa Passion, il nous apprend à le faire chaque jour dans nos épreuves. Remettre son esprit au Père, ce n’est pas fuir le combat ; c’est placer sa vie là où aucun ennemi ne peut l’atteindre.»  Vouloir s’en sortir seul, c’est raté, mais être en Dieu, vivre de Dieu met l’Adversaire KO.  Et pas besoin ni de missiles, ni de drones pour cela.  Avec Paul, nous redisons : « Si le Christ est pour nous, qui sera contre nous ? »

 Pour l’Église, appelée à suivre le Serviteur montant vers Jérusalem : qu’elle ne recherche ni les premières places ni les honneurs, mais qu’elle puise sa fécondité dans l’humilité de la croix ; qu’au milieu des oppositions elle garde la douceur des prophètes et la force de ceux qui remettent leur cause entre les mains de Dieu.

Pour les responsables des nations et des peuples : qu’ils ne dressent pas des trônes de domination, mais qu’ils se ceignent du linge du service ; que l’ambition se transforme en souci du plus fragile, et que la puissance devienne protection pour les petits.

Pour ceux qui sont menacés, calomniés ou rejetés, comme Jérémie traqué par ses frères : que tu sois pour eux rocher et citadelle, abri dans la tempête, et que leur fidélité silencieuse porte un fruit de paix.

Pour les pauvres, les exilés, les blessés de la vie : que ton Fils, venu non pour être servi mais pour servir, leur révèle leur dignité de fils et de filles bien-aimés ; qu’à travers nos mains ouvertes ils rencontrent la tendresse du Père.

Pour notre communauté en marche vers Pâques : délivre-nous du désir d’être au-dessus des autres ; apprends-nous la grandeur cachée du don, et fais de nous un peuple qui avance
les yeux fixés sur le Christ, confiant jusque dans l’épreuve.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …


Choisir un acte humble et caché de service, sans le signaler ni en attendre reconnaissance : rendre un service discret, alléger la tâche de quelqu’un, prendre du temps pour écouter sans interrompre ...




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