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Samedi de la 3ème semaine de carême


 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.” Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !” Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

Dans la parabole, on découvre quelqu’un de bien : il jeûne, il prie, il donne la dîme.  Qui d’entre nous accomplit les trois ?  Pas moi, je le confesse …  Il est bien dans son monde et dans notre monde : il faut être performant jusqu’à tomber en burn out.  Nous voulons aussi être premier sur la ligne d’arrivée religieusement et nous découvrons le jour de Pâques ou bien avant que nous sommes lanterne rouge !  Et  pourtant Jésus dit que ce n’est pas lui qui repart justifié, ajusté à Dieu et donc déjà ressuscité, vivant. Pourquoi ? Parce que Dieu ne cherche pas d’abord des performances religieuses, mais un cœur vrai.  Et le pharisien oublie de présenter au Seigneur ce qui est lanterne rouge dans sa vie ; et la première lanterne est double : son orgueil et son jugement de l’autre.
Le publicain, lui, n’apporte qu’une chose : sa vérité. « Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis. » C’est la seule chose que Dieu nous demande : reconnaître que nous sommes plus proche de la lanterne rouge que de la médaille d’or.

Osée, lui, nous dit le désir de Dieu, sa volonté : « C’est la miséricorde que je veux, non le sacrifice. » Un cœur qui se tourne vers lui, même maladroitement, vaut plus que mille gestes religieux faits sans amour. J’ai peur de certains jeunes prêtres qui insistent tellement – et trop – sur les rites : « Faut-il s’agenouiller avec le genou gauche ou le droit et c’est le pouce gauche qui doit être sur le droit ou l’inverse ? »  Le Seigneur ne nous posera jamais ces questions quand nous arriverons auprès de lui. Il nous demandera juste si nous avons été en relation, en Alliance avec lui, qui l’est toujours avec nous.  Et il nous demandera aussi si nous l’avons aimé dans nos frères et sœurs les plus pauvres.  La seule chose qui compte c’est l’amour même imparfait et s’il nous invite à la miséricorde, c’est parce qu’il n’est que miséricorde. 

Enfin, on nous dit que le publicain repart « justifié », c’est-à-dire ajusté à Dieu.  Il n’a pas été un fantôme, il n’a pas mis de masque, il s’est montré tel qu’il était.  Et du coup, puisqu’il a été vrai avec Dieu, il repart réconcilié, remis debout, libéré. Peut-être en avez-vous fait cette expérience après avoir vécu le sacrement de la miséricorde. L’humilité n’est pas se rabaisser, rien à voir ! C’est simplement accepter que notre bonheur est en Dieu et que son amour nous précède toujours.  Ça, c’est libérant.  Je n’ai pas besoin de jouer au petit saint pour recevoir l’amour de Dieu.  Et si c’est le contraire, il ne peut pas nous manifester son amour.  Si nous laissons dans notre bouteille notre infâme piquette, comment voulez-vous qu’il nous remplisse de son Morgon millésimé, médaille d’or ???

 Pour ton Église répandue à travers le monde : qu’elle annonce sans relâche ta miséricorde et qu’elle devienne pour tous un lieu où les cœurs blessés peuvent retrouver la paix.

Pour les peuples de la terre : là où la violence, l’orgueil et la rivalité divisent les hommes, fais naître des artisans de paix qui préfèrent la miséricorde à la domination.

Pour ceux qui se sentent indignes, éloignés ou découragés : qu’ils entendent au plus profond d’eux-mêmes la parole de ton pardon qui relève et qui redonne vie.

Pour les pauvres, les oubliés et ceux qui portent un poids trop lourd : que ta tendresse les visite et que des frères et sœurs se lèvent pour leur ouvrir des chemins d’espérance.

Pour nous qui sommes rassemblés aujourd’hui : donne-nous un cœur humble et confiant, afin que, comme le publicain de l’Évangile, nous repartions justifiés par ta grâce.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …


Aujourd’hui, prends trois moments très courts dans la journée. Et répète simplement : « Seigneur, prends pitié de moi. » Pas comme une prière triste, mais comme un geste de confiance.
Car cette prière très simple a traversé les siècles : elle ouvre le cœur à la paix de Dieu.

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