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4ème dimanche de Pâques A

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »

Homélie de la messe TV de ce jour à 11.00 
sur France 2 et RTBF
Mes amis,
je vais commencer cette homélie par une grande confession… théologique. Il y a quelques jours, je méditais très sérieusement les lectures de ce dimanche.
Ambiance recueillie, Bible ouverte, esprit profond… presque l’auréole qui se dessinait doucement.
Et puis — soyons honnêtes — j’avais aussi préparé un petit plat. Un bon plat mijoté. Parce que la vie spirituelle, c’est important… mais le déjeuner aussi.
Je me dis : “Parfait. Lecture, repas… et petite sieste bien méritée.” Un programme très équilibré : corps, âme… et oreiller. Je vois mes voisins sur le palier et je sors les saluer… et là — drame pascal, version domestique : la porte claque. Les clés sont à l’intérieur. Le téléphone aussi.
Et moi… à l’extérieur. Avec, soudain, beaucoup moins de profondeur spirituelle.
Pourquoi est-ce que je vous raconte ça ?

Parce que, ce jour-là, j’ai compris… physiquement… l’Évangile : Jésus dit : « Je suis la porte des brebis. »
Sans la porte… impossible d’entrer.
Et sans le Christ… impossible d’entrer vraiment dans la vie. On peut tourner autour, faire des projets, réfléchir… mais il manque l’essentiel : le passage.

Sans lui, la Parole reste… sur la table. Comme mon livre ouvert. Très beau. Très profond. Mais… inaccessible.
Et voilà Pierre, dans les Actes, rempli de l’Esprit, qui ouvre la porte du sens : « Ils furent touchés au cœur. » La foi commence quand quelque chose s’ouvre en nous. Pas seulement une idée… mais une porte intérieure.

Sans lui… la faim demeure. Le psaume disait : « Tu prépares la table pour moi. » Moi, ce jour-là… la table était prête. Le repas aussi. Mais moi, j’étais dehors … Et c’est peut-être une image de nos vies : nous avons parfois beaucoup de choses… mais pas toujours la paix, pas toujours la joie, pas toujours cette nourriture intérieure.

Sans lui… on est seul. Plus de téléphone. Plus de contact. Et là, tout devient très concret.
Alors que Pierre annonce : « Trois mille personnes furent baptisées. » Trois mille ! Moi, j’étais seul sur mon palier… et je peux vous dire que la communion fraternelle me manquait soudain beaucoup.

Et puis, sans lui… on panique un peu. Parce que, sans smartphone… impossible d’appeler un serrurier !
Et là, le psaume devient presque une expérience : « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal… »
Bon… c’était un petit ravin de palier… mais quand même. On réfléchit vite à sa condition humaine dans ces moments-là.

Et surtout… sans lui, il n’y a pas de repos. Saint Augustin l’a dit magnifiquement : « Notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi. »
Et moi, ce jour-là… pas de sieste. Pas de repos.
Juste une longue méditation… imposée par la porte.
Alors vous voyez… tout cela peut sembler anecdotique. Mais c’est très profond.

Sans le Christ, nous restons à la porte de nous-mêmes
Sans lui, nous tournons autour de la vie
Sans lui, nous cherchons… sans entrer
Et Jésus nous dit aujourd’hui : « Je suis la porte. »
Pas une porte compliquée. Pas une porte avec un code à six chiffres qu’on oublie toujours au mauvais moment.
Une porte ouverte. Une porte qui ne sélectionne pas à l’entrée. Une porte qui accueille.

Et il ajoute : « Je suis venu pour que les brebis aient la vie… en abondance. » Pas une petite vie. Pas une vie coincée. Une vie large. Une vie respirante. Une vie qui circule.

Et en ce dimanche de prière pour les vocations, il y a une dernière clé — sans jeu de mot. Pierre dit : « Il vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces. » On pourrait croire que cela concerne seulement les prêtres, les religieux… Mais non. Cela concerne chacun de nous. Parce que, par le baptême, nous avons été configurés au Christ. Nous portons déjà quelque chose de lui. Pas encore parfaitement… heureusement — sinon cette homélie serait très intimidante, mais réellement.
La vocation, ce n’est pas d’abord faire des choses extraordinaires. C’est entrer dans la vie du Christ et laisser cette vie passer en nous. Dans nos paroles. Dans nos gestes. Dans nos relations. Alors aujourd’hui, peut-être simplement cela : si vous avez l’impression d’être un peu… dehors, un peu à côté, un peu bloqués devant certaines situations… rassurez-vous : Dieu n’a pas changé la serrure. La porte est toujours là. Et mieux encore : elle n’est pas fermée. Et si jamais vous oubliez vos clés… bonne nouvelle : Lui… est déjà dedans. Et il ne cesse de dire : « Entre… la maison est à toi. »

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité, Amen, Alléluia !

Dieu notre berger, toi qui ouvres devant nous des chemins de vie, toi qui fais de ton Fils la porte toujours ouverte, toi qui nous appelles chacun par notre nom, écoute la prière de ton peuple rassemblé dans la joie pascale.

Pour ton Église, appelée à être une porte ouverte au cœur du monde, qu’elle n’enferme jamais, mais qu’elle accueille, relève et accompagne, et qu’à travers elle, chacun puisse entendre ta voix et entrer dans la vie en abondance. Seigneur, nous te prions.

Pour les peuples de la terre, pour ceux qui vivent enfermés dans la peur, dans la violence ou dans l’exclusion, ouvre des passages de paix, et fais surgir des femmes et des hommes qui deviennent des seuils de fraternité. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui se sentent “dehors”, ceux qui restent au seuil de leur propre vie, ceux qui n’arrivent plus à entrer dans la joie, viens doucement les rejoindre, et fais-leur découvrir que ta porte n’est jamais fermée. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui vivent la solitude, ceux qui manquent de relations, ceux qui n’ont plus personne à appeler, ouvre autour d’eux des présences simples et vraies, et fais de nous des artisans de communion. Seigneur, nous te prions.

Pour les vocations dans ton Église, pour ceux que tu appelles à te suivre de plus près, dans le sacerdoce, la vie consacrée ou le service des autres, donne-leur d’entendre ta voix avec confiance, et d’oser franchir la porte que tu ouvres devant eux. Seigneur, nous te prions.

Pour nous tous rassemblés aujourd’hui, apprends-nous à entrer vraiment dans la vie, à ne pas rester à la porte de nous-mêmes, et à laisser circuler en nous ta paix, ta joie et ton amour. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …


Franchir une “porte intérieure”. Choisis une petite situation où tu hésites, où tu restes “au seuil” : reprendre contact avec quelqu’un, demander pardon ou dire merci, prendre un moment de prière que tu repousses, oser une parole vraie
Et fais-le simplement, avec cette prière intérieure : « Seigneur, tu es la porte… fais-moi entrer dans la vie. »


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