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Jeudi de Pâques

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! » Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux. Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : “Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” » Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. "

Il y a quelque chose de très beau — et presque surprenant — dans les lectures de ce jour : Le ressuscité ne reste pas au ciel. Il y aurait bien droit après ce qu’il vient de vivre.  Non, Il vient bénir, il vient relever, et… il vient manger avec nous. Autrement dit, il est plus que jamais dans la vie.

Dans les Actes des Apôtres, Pierre annonce : « Dieu l’a ressuscité… et il l’a envoyé vous bénir. » Vous bénir. Pas vous juger. Pas vous faire un bilan spirituel. Pas vous rappeler vos erreurs passées (heureusement… sinon la liste serait longue). Non : vous bénir.
Dans la Bible, bénir, ce n’est pas dire un mot gentil. C’est donner la vie, ouvrir un avenir, remettre quelqu’un debout. Et Pierre ajoute : « en détournant chacun de ses méfaits. » C’est très délicat : Dieu ne commence pas par dire : “Change et je te bénirai.” Il dit : “Je te bénis… et cela va te changer.”

Et le psaume nous emmène encore plus loin : « Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur. »
Quelle phrase étonnante ! Si nous regardons le monde… si nous regardons parfois notre propre vie… nous aurions plutôt tendance à dire : “un peu moindre qu’un problème” 
Et pourtant, Dieu voit autrement. Il voit en l’homme une dignité immense. Une beauté cachée. Une grandeur fragile, mais réelle.
Pâques vient nous rappeler cela : Nous ne sommes pas faits pour ramper dans la culpabilité, ni pour survivre à moitié…
Nous sommes faits pour vivre debout. Couronnés — non pas de réussite — mais de relation avec Dieu.

Et puis arrive l’Évangile… Et là, scène absolument incroyable. Jésus ressuscité est au milieu de ses disciples. Ils sont bouleversés, inquiets, presque paniqués. Et lui leur dit : « La paix soit avec vous. » Puis, au milieu de ce moment très spirituel… il pose une question très concrète : « Avez-vous quelque chose à manger ? » Avouez que ce n’est pas exactement ce qu’on attendait d’un ressuscité.  Sur la croix, il a dit qu’il avait soif, et ici il se présente comme quelqu’un qui a faim. Et ils lui donnent un morceau de poisson grillé. Et il mange. Devant eux. Dieu a faim de l’homme, de toi et de moi.  Glurps !

Et c’est peut-être là que tout se rejoint : Dieu bénit, Dieu élève l’homme, Dieu partage notre table. Autrement dit : Dieu ne nous sauve pas en nous sortant de la vie… il nous sauve en entrant dedans.

les disciples doutent, ils ont peur… et ils n’avaient à offrir qu’un poisson grillé. Mais cela suffit. Parce qu’avec Dieu, un petit morceau partagé peut devenir lieu de Résurrection. Alors aujourd’hui, peut-être simplement cela : laisser Dieu nous bénir, croire que nous sommes faits pour la vie, et oser lui offrir… quelque chose de très simple. Même un peu brûlé 

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Alléluia !

Dieu de la vie relevée, toi qui bénis ton peuple en ton Fils ressuscité, toi qui couronnes l’homme de gloire et d’honneur, toi qui viens partager le pain des vivants, écoute la prière de ton peuple en fête.

Pour ton Église, envoyée pour bénir au cœur du monde, qu’elle relève sans condamner, qu’elle annonce sans peur la vie plus forte que la mort, et qu’elle devienne table ouverte pour tous. Seigneur, nous te prions.

Pour les peuples de la terre, là où la dignité humaine est blessée, oubliée ou méprisée, rappelle à chacun qu’il est “un peu moindre qu’un dieu”, et fais lever des artisans de justice et de paix. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui ne se sentent pas bénis, ceux qui doutent de leur valeur, ceux qui vivent courbés sous le poids de la vie, viens poser sur eux ton regard de lumière, et relève-les dans la confiance. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui ont faim, faim de pain, faim d’amour, faim de sens, viens nourrir leur attente, et fais de nous des mains qui partagent. Seigneur, nous te prions.

Pour nous tous rassemblés aujourd’hui, apprends-nous à te reconnaître dans les gestes simples, à accueillir ta bénédiction, et à devenir, à notre tour, présence vivante de ta Résurrection. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …


Aujourd’hui, poser un geste très simple et très concret : partager quelque chose à manger avec quelqu’un (un café, un repas, un morceau de pain…) en le vivant intérieurement comme une rencontre avec le Christ. Parce que parfois…la Résurrection commence autour d’une table et avec une question toute simple : « As-tu quelque chose à manger ? »

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