Jeudi-Saint
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »
Il y a, ce soir, une étrange douceur dans l’air. Comme un silence habité. Comme si le temps lui-même retenait son souffle. Tout commence dans un repas. Encore un repas. Depuis l’Exode, Dieu aime les tables dressées dans l’urgence : un pain sans levain, des sandales aux pieds, le cœur prêt à partir. Car Dieu ne vient pas seulement nous nourrir… il nous met en marche.
« Ceci est mon corps. » Et soudain, le pain n’est plus seulement du pain. Il devient présence. Il devient passage. Il devient Dieu qui se rend… comestible. Avouons-le, c’est tout de même étonnant : nous avions peut-être imaginé un Dieu spectaculaire, et voilà qu’il se glisse dans un morceau de pain. Pas très impressionnant… mais terriblement proche.
Et puis il y a ce geste inattendu. Presque déplacé. Jésus se lève. Il dépose son vêtement. Il prend un linge. Et là… Dieu se met à genoux. Si quelqu’un avait écrit cela dans un roman, on aurait dit : “C’est exagéré… pas crédible.” Et pourtant… c’est là que Dieu se révèle. Non pas dans la domination, mais dans le service. Non pas au-dessus, mais en dessous.
L’eau coule sur les pieds fatigués. Sur la poussière des chemins. Sur les blessures invisibles. Et Pierre, comme souvent, proteste : « Non, Seigneur… pas toi ! » On le comprend. Nous aussi, nous préférons un Dieu un peu plus… respectable. Un Dieu qui reste à sa place. Pas un Dieu qui vient toucher nos pieds.Mais Jésus insiste. Parce que l’amour vrai ne reste pas à distance. Il se penche. Il s’approche. Il se donne.
« Faites ceci en mémoire de moi. » Ce n’est pas seulement répéter un rite. C’est entrer dans un mouvement. Devenir, à notre tour, du pain rompu, du vin versé, une présence donnée, des laveurs de pieds.
Pas besoin d’être parfait pour cela… Bonne nouvelle, sinon personne ne communierait ce soir. Il suffit d’accepter d’être… offert.Un peu. Simplement. Vraiment. Et peut-être que ce soir, la plus grande révolution de Dieu tient en ceci : Il ne nous demande pas d’être extraordinaires. Il nous invite à aimer… jusqu’aux pieds.
Pour ton Église, rassemblée dans la lumière fragile de ce soir autour de la table de ton Fils, qu’elle devienne, entre tes mains, pain rompu pour la faim des hommes, qu’elle n’ait pas peur de s’abaisser jusqu’aux blessures du monde, et qu’en se faisant servante, elle révèle la douceur infinie de ton amour. Seigneur, nous te prions.
Pour les peuples de la terre, là où les tables restent vides et les cœurs meurtris par l’injustice, là où la dignité est oubliée comme un pain tombé à terre, fais se lever des mains ouvertes, des vies données sans calcul, et des chemins où refleurit la fraternité. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux dont les pas sont lourds, ceux que la fatigue plie comme un roseau sous le vent, ceux que la vie a blessés en silence, ceux qui avancent sans horizon, viens t’agenouiller près d’eux dans la poussière de leurs chemins, et fais couler sur leurs blessures l’eau vive et paisible de ta tendresse. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui peinent à se laisser aimer, ceux qui ferment leurs mains par peur de recevoir, ceux qui résistent à ta proximité trop douce, ouvre en eux un espace de confiance, et apprends-leur, comme un secret murmuré, à accueillir comme une grâce ce qu’aucun mérite ne peut obtenir. Seigneur, nous te prions.
Pour nous tous rassemblés, apprends-nous la mémoire vivante de ton amour, non pas seulement sur nos lèvres, mais dans le don de nos vies, fais de nous ce que nous recevons, et grave en nos gestes la trace humble et lumineuse de ta présence. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …
Pour ton Église, rassemblée dans la lumière fragile de ce soir autour de la table de ton Fils, qu’elle devienne, entre tes mains, pain rompu pour la faim des hommes, qu’elle n’ait pas peur de s’abaisser jusqu’aux blessures du monde, et qu’en se faisant servante, elle révèle la douceur infinie de ton amour. Seigneur, nous te prions.
Pour les peuples de la terre, là où les tables restent vides et les cœurs meurtris par l’injustice, là où la dignité est oubliée comme un pain tombé à terre, fais se lever des mains ouvertes, des vies données sans calcul, et des chemins où refleurit la fraternité. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux dont les pas sont lourds, ceux que la fatigue plie comme un roseau sous le vent, ceux que la vie a blessés en silence, ceux qui avancent sans horizon, viens t’agenouiller près d’eux dans la poussière de leurs chemins, et fais couler sur leurs blessures l’eau vive et paisible de ta tendresse. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui peinent à se laisser aimer, ceux qui ferment leurs mains par peur de recevoir, ceux qui résistent à ta proximité trop douce, ouvre en eux un espace de confiance, et apprends-leur, comme un secret murmuré, à accueillir comme une grâce ce qu’aucun mérite ne peut obtenir. Seigneur, nous te prions.
Pour nous tous rassemblés, apprends-nous la mémoire vivante de ton amour, non pas seulement sur nos lèvres, mais dans le don de nos vies, fais de nous ce que nous recevons, et grave en nos gestes la trace humble et lumineuse de ta présence. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

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