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Mardi de la 2ème semaine de Pâques 

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? » Jésus lui répondit : « Tu es un maître qui enseigne Israël et tu ne connais pas ces choses-là ? Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. »

« La multitude des croyants avait un seul cœur et une seule âme. » On pourrait presque se dire : “C’est beau… mais est-ce bien réaliste ?” Une communauté sans tensions ? Sans jalousies ? Sans petits agacements du quotidien ? Evidemment, c’est un peu idéalisé, vous le comprenez. Et pourtant… ce texte ne nous décrit pas un rêve inaccessible. Il nous révèle ce que produit la Résurrection quand elle trouve un peu de place dans une vie. Ce n’est pas la perfection. C’est une circulation. Voilà un mot qu’on utilise beaucoup avec le détroit d’Ormuz.  Ici, dans la première communauté, ce sont les biens circulent, la parole qui circule autant que la confiance et la joie.
« Personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre. » Autrement dit : on passe doucement de “ce qui est à moi” à “ce que je peux partager.” Et cela change tout. Puis il y a ce détail très concret : Joseph, appelé Barnabé, vend un champ… et dépose l’argent aux pieds des apôtres. Ce n’est pas une idée. C’est un geste. Parce que la foi chrétienne… finit toujours par toucher le réel.

Et cela rejoint le psaume : « La sainteté emplit ta maison, Seigneur. » Quelle est cette maison ? Le Temple ? L’Église ? Oui… mais pas seulement. La maison, c’est aussi : nos vies, nos relations, nos lieux ordinaires. Et la sainteté, ici, n’est pas quelque chose d’impressionnant. C’est une présence. Une qualité d’amour. Une manière d’habiter. Comme si Dieu disait : “Je ne veux pas seulement être adoré… je veux habiter.” Et Jean, vous le savez aime beaucoup le mot « demeurer ».  Il nous faut demeurer en Dieu qui veux demeurer en nous.

Et puis arrive l’Évangile. Jésus parle à Nicodème. Encore lui… toujours en chemin. Et il lui dit cette phrase immense, « énorme » comme dirait Fabrice Lucchini : « Afin qu’en lui, tout homme qui croit ait la vie éternelle. » La vie éternelle.
On pense souvent : “plus tard… après…” Mais chez Jean, la vie éternelle commence déjà. C’est une vie ouverte. Une vie traversée par Dieu. Et Jésus utilise une image étrange : le serpent élevé dans le désert. Un signe que l’on regarde… pour vivre. Autrement dit : ce n’est pas en regardant nos manques, nos peurs, nos fermetures… que la vie grandit. C’est en levant les yeux.

Et tout se rejoint : une communauté qui partage, une maison habitée par la sainteté, des hommes qui lèvent les yeux vers le Christ. Voilà le mouvement de Pâques.

Et peut-être que la question aujourd’hui est très simple : Qu’est-ce qui circule en moi ? Qu’est-ce que je garde fermé ? Vers quoi est tourné mon regard ?
Parce que la Résurrection ne fait pas de bruit. Mais elle transforme doucement : un cœur fermé… en cœur ouvert, une maison ordinaire… en lieu habité, une vie dispersée… en vie unifiée.

Alors aujourd’hui : pas besoin de faire grand. Mais peut-être simplement : ouvrir un peu, partager un peu, lever un peu les yeux …  Et cela suffit… pour que la vie éternelle commence déjà.

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Alléluia !

Dieu de la vie en partage, toi qui fais de ton peuple un seul cœur et une seule âme, toi qui habites nos maisons de ta sainteté, toi qui élèves ton Fils pour donner la vie au monde, écoute la prière de ton Église.

Pour ton Église, appelée à vivre la communion, qu’elle soit un lieu de partage et de fraternité, où chacun trouve sa place et découvre la joie de donner. Seigneur, nous te prions.

Pour les peuples de la terre, là où les richesses divisent, là où l’égoïsme enferme, fais naître des gestes de solidarité et des chemins de justice et de paix. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui manquent du nécessaire, ceux qui vivent dans la précarité ou l’isolement, ouvre nos mains et nos cœurs, et fais de nous des frères attentifs et généreux. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui cherchent un sens à leur vie, ceux qui regardent sans voir, ceux qui espèrent sans croire, apprends-leur à lever les yeux vers ton Fils et à accueillir la vie que tu donnes. Seigneur, nous te prions.

Pour nous tous rassemblés aujourd’hui, apprends-nous à vivre en ressuscités, à laisser circuler ton amour en nous, et à devenir des maisons habitées par ta présence. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …


Aujourd’hui, poser un acte concret de partage (un objet, du temps, une attention, une écoute…) Un geste simple. Mais réel.
Parce que la Résurrection devient visible… là où quelque chose circule.





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