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Mardi de la 3ème semaine de Pâques

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, la foule dit à Jésus : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ? Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. » Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »

Lumineux et rugueux ! Les deux à la fois, comme souvent notre vie. Étienne apparaît comme quelqu’un de profondément libre.  Il faut oser tenir son discours : « Vous qui avez la nuque raide ... »  Quel chrétien, quel curé oserait dire cela …  Il est libre, mais rejeté, contesté, condamné. Il parle avec feu, mais ses paroles rencontrent des cœurs fermés. Et cela devient violent. Il y a des cris, des pierres, un refus. Et au cœur de cette tempête, une parole monte comme une lumière fragile : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » Étrangement… c’est une parole de confiance. Elle nous rappelle Jésus : « Père, en tes mains, je remets mon esprit ». Comme si, au moment même où tout s’effondre, Étienne entrait déjà dans une autre vie.

Le psaume murmure cette même prière : « En tes mains, je remets mon esprit. » Une remise au Seigneur. Un abandon à son amour indéfectible. Un passage de la mort à la vie.

Et puis… changement de décor. Dans l’évangile, la foule cherche Jésus. Elle demande un signe. « Que fais-tu pour que nous croyions ? » « Bizarre, vous avez dit bizarre ? Comme c'est étrange ! » aurait dit Prévert. Franchement … Ils viennent de voir des foules nourries. Ça ne suffit pas ? Que le cœur humain oublie vite. Ou pire encore : vouloir toujours un “plus”. Et Jésus répond par quelque chose de radical : « Je suis le pain de la vie. » Pas : “je donne du pain”. “Je suis.” Ce n’est plus un don extérieur. C’est une présence. De la même manière, Jésus ne dira pas de nous que nous avons du sel ou de la lumière, mais que – par notre baptême – nous sommes appelés à être le sel et la lumière.  

Et là, tout bascule. Parce que nous cherchons souvent des solutions… et Dieu se donne lui-même.
Nous demandons des signes … et Dieu offre une relation.
Nous voulons être rassurés … et Dieu nous invite à croire.

Alors aujourd’hui, entre Étienne et Jésus, quelque chose se révèle :
quand tout est enlevé… il reste Dieu
quand tout vacille… il reste une présence
quand tout semble vide… il reste un pain

Et peut-être que la foi est là : croire que quelqu’un est là au cœur de tout ce qui arrive… Le Christ se donne comme nourriture au cœur même de la vie. Et cela change tout.

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Alléluia !

Dieu fidèle, toi qui reçois entre tes mains nos vies fragiles, toi qui fais passer ton peuple de la violence à la paix, toi qui donnes au monde le pain vivant descendu du ciel, écoute la prière qui monte vers toi.

Pour ton Église, appelée à suivre le chemin d’Étienne dans la fidélité et le don de soi, donne-lui un cœur libre, capable de pardonner au milieu des oppositions, et fais d’elle un signe vivant de ton amour plus fort que toute violence. Seigneur, nous te prions.

Pour les peuples de la terre, là où les cris montent et où les pierres blessent, là où les cœurs se ferment à ta parole, viens déposer ton Esprit de paix, et fais lever des hommes et des femmes qui choisissent la vie plutôt que la haine. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui traversent l’épreuve, ceux qui sont rejetés, incompris ou blessés, ceux qui remettent leur esprit entre tes mains dans la nuit de l’incertitude, sois leur refuge et leur force, et fais briller en eux la lumière de ta présence. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui ont faim, faim de pain, faim de justice, faim de sens, faim d’une parole qui relève, donne-leur de rencontrer le Christ, pain vivant qui comble toute attente, et fais de nous des témoins de ce don. Seigneur, nous te prions.

Pour nous tous rassemblés aujourd’hui, apprends-nous à te faire confiance quand tout vacille, à nous nourrir de ta présence plutôt que de ce qui passe, et à remettre nos vies entre tes mains dans la paix. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …


Aujourd’hui, poser un acte de confiance très simple. Par exemple : prendre un moment de silence et dire lentement : « Seigneur, entre tes mains, je remets cette situation… » (en nommant quelque chose de concret : une inquiétude, une relation, une décision)






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