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Mercredi de la 3ème semaine de Pâques

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. Mais je vous l’ai déjà dit : vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas. Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors. Car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. Or, telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

Dans les Actes des Apôtres, l’Église naissante est secouée. Les disciples sont chassés. Dispersés. Éparpillés. Échec, alors qu’on vient à peine de commencer !  Oui ?  Eh bien non … Le texte nous dit : « Ceux qui s’étaient dispersés annonçaient la Bonne Nouvelle de la Parole là où ils passaient. »  Un de mes professeurs aimait à dire : « Dieu est le premier écolo ; il est spécialiste dans la récupération des déchets ». Comme si le vent de l’épreuve devenait souffle de mission. Dieu est étonnant : il ne bloque pas toujours la tempête… mais il s’en sert pour semer plus loin. Ce qui semblait une fin devient un commencement.

Et voilà que Philippe arrive en Samarie. Un lieu inattendu. Un peuple pas vraiment “dans les cases”. Vous savez comment les Juifs considéraient les Samaritains. Et là… la joie éclate. « Et il y eut dans cette ville une grande joie ». Comme si l’Évangile trouvait toujours un chemin, même là où on ne l’attend pas. L’Évangile se répand dans les périphéries chères à François, parti au ciel, il y a eu un an hier. C’est Joseph Bouchaud, ce prêtre engagé auprès des plus pauvres qui écrivait déjà en 1969 : « Les pauvres m’ont évangélisé »

Et puis l’Évangile. Jésus dit une parole immense, presque vertigineuse : « Je suis le pain de la vie. » Pas une idée. Pas une solution. Une présence. Nous l’avons déjà entendu hier. Il ne dit pas : “je donne quelque chose” mais “je me donne”. Et il ajoute aujourd’hui : « Celui qui vient à moi n’aura jamais faim. » Alors on pourrait se dire : “Vraiment ? Jamais faim ?” Pas tout-à-fait vrai … nous avons encore faim. Faim de sens. Faim de paix. Faim de reconnaissance. Faim d’amour.
Mais peut-être que Jésus parle d’une autre faim. Pas celle qui disparaît totalement… mais celle qui trouve enfin une source. Comme un cœur amoureux qui ne cherche plus partout, mais qui a trouvé où se poser : auprès de son prince ou de sa princesse

Et enfin, il y a cette phrase magnifique : « Je ne perdrai rien de ce qu’il m’a donné. » Rien. De nouveau l’absolu … Dans un monde où tant de choses se perdent, Dieu, lui, garde tout.  Rien n’est perdu pour lui.

Alors aujourd’hui, entre la dispersion des disciples et le pain de vie offert, une lumière apparaît :
ce qui est dispersé peut devenir mission
ce qui est vide peut devenir rencontre
ce qui est fragile peut devenir chemin

Qu’est-ce qui, dans ma vie, me semble dispersé… et que Dieu pourrait transformer en chemin ? Parce qu’avec lui… rien n’est perdu, tout peut devenir vie

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Alléluia !

Dieu de la vie, toi qui fais jaillir la joie là où nous ne l’attendions plus, toi qui rassembles ce qui est dispersé, toi qui donnes au monde le pain vivant descendu du ciel, écoute la prière de ton peuple.

Pour ton Église, dispersée à travers le monde mais unie dans une même foi, fais d’elle un peuple en marche, porteur de joie et de lumière, capable d’annoncer ton amour au cœur même des épreuves. Seigneur, nous te prions.

Pour les peuples de la terre, là où la violence disperse et détruit, là où tant de vies sont brisées, viens rassembler ce qui est éparpillé, et fais naître des chemins de paix et de fraternité. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui se sentent perdus, ceux qui ont l’impression que leur vie se disperse, ceux qui doutent de leur valeur, rappelle-leur qu’aucune vie n’est oubliée,et que rien n’est perdu à tes yeux. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui ont faim, faim de pain, de sens, d’amour, ceux qui cherchent sans trouver, donne-leur de rencontrer le Christ, pain vivant qui comble le cœur, et fais de nous des témoins de ce don. Seigneur, nous te prions.

Pour nous tous rassemblés aujourd’hui, apprends-nous à venir à toi avec ce que nous sommes, à accueillir ta présence comme une nourriture quotidienne, et à croire que tu fais toutes choses nouvelles. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …


Aujourd’hui, transformer une “dispersion” en geste de vie.
Choisir une situation concrète où vous vous sentez dispersé (stress, fatigue, relation compliquée…) et poser un petit acte : appeler quelqu’un, prendre 5 minutes de silence avec Dieu, faire un geste de service simple, en le faisant consciemment avec cette prière : « Seigneur, fais de ce désordre… un lieu de vie. »






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