Samedi de la 2ème semaine de Pâques
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
Le soir venu, les disciples de Jésus descendirent jusqu’à la mer. Ils s’embarquèrent pour gagner Capharnaüm, sur l’autre rive. C’était déjà les ténèbres, et Jésus n’avait pas encore rejoint les disciples. Un grand vent soufflait, et la mer était agitée. Les disciples avaient ramé sur une distance de vingt-cinq ou trente stades (c’est-à-dire environ cinq mille mètres), lorsqu’ils virent Jésus qui marchait sur la mer et se rapprochait de la barque. Alors, ils furent saisis de peur. Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez plus peur. » Les disciples voulaient le prendre dans la barque ; aussitôt, la barque toucha terre là où ils se rendaient.
Deux ambiances. Deux mondes. Dans les Actes des Apôtres… une réunion qui aurait pu très mal tourner. J’avoue que cela me rappelle certaines réunions paroissiales ! Des tensions apparaissent. On murmure. On compare. On se sent oublié. Bref… une communauté bien réelle. Quel curé n’a pas rêvé d’une paroisse et d’une curie diocésaine merveilleuse … et quel paroissien n’a pas espéré que son curé soit le meilleur qui soit ! Mais, nous le voyons, c’est déjà ce que vit la première communauté chrétienne, la première paroisse. Et pourtant, ce texte est très beau. Pourquoi ? Parce qu’il nous montre comment traverser ces difficultés ; traverser : passer au travers. Les apôtres ne dramatisent pas. Ils ne fuient pas non plus. Ils écoutent. Ils discernent. Ils font confiance. On se croirait au synode sur la synodalité. Et ils posent un geste très simple : ils partagent les responsabilités : Sept hommes sont choisis. Pour servir. C’est ce qu’on appelle les diacres. Nous sommes tous prêtres en vertu de notre baptême et un prêtre est d’abord un diacre ; c’est un chemin obligé. Impossible d’être prêtre – ordonné ou en vertu du baptême – sans être d’abord un serviteur. Quand on demandait à Jean XXIII quel titre du Pape il préférait, il avait répondu : celui de serviteur des serviteurs de Dieu. Et là, miracle discret : « La Parole de Dieu grandissait. » Comme si Dieu disait : “Quand vous prenez soin du concret, quand vous lavez les pieds de vos frères, moi, je prends soin du reste.”
Puis le psaume nous glisse une parole paisible : « Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu. » Heureux… pas parce que tout est réglé. Mais parce que quelqu’un habite leur histoire.
Et alors… changement de décor. Dans l’Évangile, plus de réunion. Mais une barque, signe de l’Église. La nuit. Le vent. Les disciples rament. Beaucoup. Dans notre langue, ramer à deux sens : faire avancer la barque mais aussi, ne pas avoir l’air de sortir d’une situation difficile : on rame ! Il y a des moments comme ça dans la vie : on fait ce qu’on peut, on s’investit dans son boulot, dans la paroisse et pourtant… ça résiste. Et c’est justement à ce moment-là que Jésus arrive : au cœur de la tempête. Et il dit simplement : « C’est moi. N’ayez pas peur. » Juste une présence. Et tout change. Non pas parce que la mer disparaît… mais parce qu’ils ne sont plus seuls. Et aussitôt, dit Jean, qui adore jouer avec les symboles : ils touchent terre. La mer symbole de mort est abandonnée pour la terre ferme, comme du temps de Noé … pour une nouvelle vie, pour une résurrection. Alors, même si nous « ramons », continuons de ramer.
Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Alléluia !
Pour ton Église, barque confiée aux vents de l’histoire, qu’elle n’ait pas peur des vagues ni des remous, mais qu’elle apprenne à te reconnaître au cœur même de ses traversées, et qu’elle devienne, pour le monde, signe de ta présence paisible. Seigneur, nous te prions.
Pour les peuples de la terre, là où les flots se déchaînent, où les cœurs sont secoués par la violence et la peur, fais surgir des rives de paix, et des mains tendues capables de reconstruire ce que la tempête a dispersé. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui rament dans la nuit, ceux qui peinent sans voir d’issue, ceux dont la fatigue alourdit chaque geste, approche-toi d’eux sur leurs eaux agitées, et fais naître en eux la certitude qu’ils ne sont pas seuls. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui servent dans le secret, comme une eau discrète qui irrigue la terre, ceux dont les gestes simples soutiennent la vie, que ton regard les rejoigne dans l’invisible, et que leur fidélité devienne semence d’Évangile. Seigneur, nous te prions.
Pour nous tous rassemblés aujourd’hui, apprends-nous à habiter nos fragilités sans crainte, à avancer même lorsque la nuit demeure, et à accueillir ta présence comme une lumière posée sur nos eaux. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …
Pour ton Église, barque confiée aux vents de l’histoire, qu’elle n’ait pas peur des vagues ni des remous, mais qu’elle apprenne à te reconnaître au cœur même de ses traversées, et qu’elle devienne, pour le monde, signe de ta présence paisible. Seigneur, nous te prions.
Pour les peuples de la terre, là où les flots se déchaînent, où les cœurs sont secoués par la violence et la peur, fais surgir des rives de paix, et des mains tendues capables de reconstruire ce que la tempête a dispersé. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui rament dans la nuit, ceux qui peinent sans voir d’issue, ceux dont la fatigue alourdit chaque geste, approche-toi d’eux sur leurs eaux agitées, et fais naître en eux la certitude qu’ils ne sont pas seuls. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui servent dans le secret, comme une eau discrète qui irrigue la terre, ceux dont les gestes simples soutiennent la vie, que ton regard les rejoigne dans l’invisible, et que leur fidélité devienne semence d’Évangile. Seigneur, nous te prions.
Pour nous tous rassemblés aujourd’hui, apprends-nous à habiter nos fragilités sans crainte, à avancer même lorsque la nuit demeure, et à accueillir ta présence comme une lumière posée sur nos eaux. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Commentaires
Enregistrer un commentaire