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Vendredi de la 3ème semaine de Pâques

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. » Voilà ce que Jésus a dit alors qu’il enseignait à la synagogue de Capharnaüm.

Tout bascule en une seconde. Saul – le futur Paul - est un homme sûr de lui, déterminé, convaincu. On pourrait dire qu’il l’est tellement, qu’il finit par l’être un peu trop. Il pense servir Dieu, en bon pharisien qu’il est, et pourtant… il marche à côté.
Et sur la route de Damas, tout s’arrête. Une lumière extérieure peut-être mais en tout cas, très intérieure : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » J’imagine le Seigneur qui lui dirait d’une autre manière : « Tu sais, tu crois me défendre… mais tu ne m’as pas encore rencontré. Tu es dans la Loi, mais pas dans la rencontre amoureuse ». Alors Saul tombe ; et c’est sa chance. Parce que parfois, il faut tomber de ses certitudes pour entrer dans la vérité.
Il perd la vue pour commencer à voir. Il perd ses repères pour recevoir une direction.
Et il devient Paul. Non pas parfait, mais transformé. Non pas fort, mais habité.

Et l’évangile continue de nous secouer. « Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang la vraie boisson. » N’aurions-nous pas eu la même réaction si nous avions été dans la foule ?  Étonnement à tout le moins : « Comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ? » C’est dérangeant. C’est concret, presque trop.
Mais Jésus ne recule pas. Parce que l’amour de Dieu n’est pas une idée abstraite. Il se donne, jusqu’à devenir nourriture, pour être mangé. Je vous ai déjà raconté l’histoire de mon petit bonhomme de paroissien, une nuit de Noël, lorsque je demandais pourquoi Jésus est-il né dans une mangeoire.  Alors que je pensais que les enfants allaient me parler de la pauvreté, lui a dit tout simplement : « pour être mangé ! ».  Il avait tout compris, bien mieux que moi ! 

Si nous acceptons cela et si, à la suite de Paul, nous acceptons d’être retournée, alors, comme lui, nous pouvons nous relever autrement. Et comme le dit le psaume : « Louez le Seigneur, tous les peuples ! » Parce que oui, même nos chutes peuvent devenir des commencements.

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité, Alléluia !

Dieu de lumière, toi qui rejoins l’homme sur ses routes d’aveuglement, toi qui transformes les chutes en appels, toi qui donnes ton Fils en nourriture pour la vie du monde, écoute la prière de ton peuple.

Pour ton Église, appelée à annoncer un mystère qui dépasse toute logique, donne-lui la grâce de rester fidèle à ton Évangile, et de devenir pour le monde un signe vivant de ta présence qui nourrit. Seigneur, nous te prions.

Pour les peuples de la terre, là où la violence naît de certitudes fermées, là où les cœurs se durcissent, viens ouvrir des chemins de conversion, et fais surgir des artisans de paix. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui sont dans la nuit, ceux qui ne voient plus clair, ceux qui ont perdu leurs repères, rejoins-les dans leur obscurité, et fais naître en eux une lumière nouvelle. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui ont faim, faim de sens, de présence, de vie véritable, donne-leur de rencontrer le Christ, pain vivant descendu du ciel, et fais de nous des témoins de ce don. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui sont en chemin de conversion, ceux dont le cœur est en train de changer, ceux qui découvrent peu à peu ta présence, accompagne-les avec patience, et fais grandir en eux la joie de croire. Seigneur, nous te prions.

Pour nous tous rassemblés aujourd’hui, apprends-nous à accueillir les renversements de nos vies, à nous laisser transformer par ta lumière, et à vivre de ce pain qui donne la vie éternelle. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …


Aujourd’hui, accueillir un “petit renversement”, accepter une remarque sans se défendre immédiatement changer une habitude, même petite et dire intérieurement : « Seigneur, si quelque chose doit changer en moi… donne-moi le courage de l’accueillir. »


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