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Ascension du Seigneur

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

L’Ascension est une fête étrange. Parce qu’elle ressemble à un départ… mais elle est en réalité une promesse.
Les disciples regardent Jésus s’élever vers le ciel. Et honnêtement, on les comprend : ils restent là, les yeux levés. Un peu comme nous devant un avion qui décolle…
sauf qu’ici, il n’y a ni terminal, ni retard annoncé, ni bagage perdu.

Et soudain les anges disent : « Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? » Autrement dit : 👉 “Ne restez pas figés. Maintenant, allez vivre !” Car l’Ascension n’est pas une fuite du Christ hors du monde. C’est exactement l’inverse. Le Christ emporte notre humanité jusque dans le cœur même de Dieu.

Saint Léon le Grand écrivait dans un sermon pour l’Ascension : « Aujourd’hui, notre nature humaine est élevée au-dessus de toute la milice céleste. »
Quelle phrase vertigineuse. En Jésus, notre chair, notre histoire, notre pauvreté humaine entrent dans la gloire du Père.

Et pourtant, les disciples ne reçoivent pas l’ordre de s’évader du monde. Au contraire. Dans l’évangile, Jésus leur dit : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples. » L’Ascension ouvre une mission. Le chrétien n’est pas quelqu’un qui passe son temps à “avoir la tête dans les nuages”. Même si parfois certains homélies y contribuent un peu. Non. Le croyant garde les pieds sur terre… mais avec le cœur déjà tourné vers le ciel. Augustin d'Hippone disait : « Là où est monté le Chef, le corps espère suivre. » Le Christ ne monte pas seul. Il entraîne l’humanité avec lui. Voilà notre espérance. Le ciel n’est pas un lieu inaccessible réservé à quelques experts spirituels. Le ciel commence déjà là où Dieu peut habiter un cœur humain.
Et saint Paul, dans la lettre aux Éphésiens, prie pour que nos yeux s’ouvrent : « Qu’il ouvre à sa lumière les yeux de votre cœur. » Quelle belle expression. Parce que souvent, nous avons des yeux très ouverts sur les problèmes, les inquiétudes, les catastrophes du monde et parfois beaucoup moins sur l’espérance.

L’Ascension vient agrandir notre regard. Le Christ ressuscité n’est pas absent. Il change simplement de manière d’être présent. Désormais il habite son Église, il se donne dans les sacrements, il parle dans la Parole, il se cache dans les pauvres, il prie dans nos cœurs par l’Esprit Saint.

Et il promet : « Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Pas seulement les bons jours. Tous les jours. Les jours lumineux. Les jours fatigués. Les jours où la foi danse. Et les jours où elle boite un peu.
Sainte Thérèse de Lisieux écrivait : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie. » Voilà peut-être le grand secret de l’Ascension. Le Christ ouvre devant nous un passage. Et depuis ce jour, le ciel n’est plus fermé. Alors aujourd’hui, l’Église nous redit : “Ne restez pas immobiles à regarder le ciel. Allez aimer. Allez servir. Allez consoler. Allez annoncer. Car chaque geste d’amour devient déjà un morceau de ciel déposé sur la terre.

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité, Alléluia !

Seigneur Jésus,
toi qui as confié à ton Église la joie de l’Évangile,
fais d’elle une demeure de lumière au milieu des nations.
Qu’elle ne se lasse jamais d’ouvrir des chemins d’espérance,
de relever les blessés de la vie
et d’annoncer, avec douceur et courage,
que tu es vivant pour toujours.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui élèves notre humanité jusque dans la gloire du Père,
regarde les peuples déchirés par la guerre, la haine et la peur.
Là où les armes parlent plus fort que les hommes,
fais lever des artisans de paix ;
là où les murs se dressent,
fais naître le désir de la rencontre et du pardon.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui n’abandonnes jamais ceux qui traversent la nuit,
viens rejoindre les cœurs fatigués, les personnes seules,
ceux qui pleurent un être aimé,
ceux qui ne trouvent plus la force d’espérer.
Dépose en eux cette paix discrète
qui ressemble déjà à l’aube de ton Royaume.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui envoies tes disciples jusqu’aux extrémités du monde,
soutiens les missionnaires, les pasteurs, les consacrés,
et tous ceux qui donnent leur vie pour servir leurs frères.
Quand la lassitude les gagne,
ravive en eux le feu de ton Esprit
et la joie humble de l’Évangile.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui appelles chacun par son nom,
éveille dans le cœur des jeunes le désir de te suivre.
Qu’ils n’aient pas peur d’ouvrir leur vie à ton appel,
car ta voix ne retire rien :
elle agrandit l’âme
et ouvre des horizons de lumière.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui demeures avec nous jusqu’à la fin des temps,
fais de nous des hommes et des femmes du ciel 
au cœur de la terre.
Apprends-nous à semer la paix,
à porter l’espérance,
et à laisser dans ce monde une trace de ta bonté.
Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...


Aujourd’hui : lever les yeux… puis ouvrir les mains. Prendre un moment pour contempler, remercier, prier,
puis poser un geste concret de service ou de charité.
Car l’Ascension nous rappelle ceci : le ciel n’éloigne pas du monde ; il apprend à aimer la terre autrement.

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